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Le vote sur la hausse des frais de scolarité aura lieu par courriel

Dernière heure

Anaïs Elboujdaïni et Antoine Trépanier

Une cinquantaine d’étudiants ont causé l’annulation de la rencontre du Bureau des gouverneurs de l’U d’O portant sur la hausse des frais de scolarité. Au moment du vote, lundi soir, les étudiants présents ont uni leurs voix pour signifier qu’une hausse de 4 % à 8 % des frais de scolarité était inadmissible.

Après cinq minutes de perturbation, le président du Bureau a choisi de reporter le vote pour qu’il soit effectué par courriel. Le recteur de l’Université, Allan Rock, a dit « respecter » les revendications des étudiants, soutenant néanmoins qu’une telle hausse était « nécessaire ».

Des étudiants furieux

Voyant que l’issue du débat allait à l’encontre de leurs revendications, les étudiants présents se sont fâchés, scandant des slogans qui ont mené à l’interruption de la séance. La future représentante des étudiants de 1er cycle au BdG, Nicole Desnoyers, a mené le bal en hurlant que le Bureau ne considérait pas le point de vue des étudiants contre la hausse. « Annulons cette rencontre, s’est-elle époumonée. Si vous avez quelque chose à dire, levez-vous et partagez-le. »

Certains membres du BdG soulevaient la « nécessité » d’augmenter les frais de scolarité pour assurer la viabilité de l’U d’O sur le plan financier. « Ce n’est pas de gaieté de cœur qu’on amène une proposition comme celle de ce soir », a confié à La Rotonde le vice-recteur aux ressources par intérim, Denis Cossette. Celui-ci ajoute qu’avec le budget des gouvernements provincial et fédéral, les universités ontariennes sont appelées à élaborer « des stratégies créatives afin de maintenir un niveau d’éducation de haut niveau ».

Un débat de fond

Au cours des deux dernières années, les membres du Bureau des gouverneurs avaient adopté à forte majorité des augmentations substantielles des frais de scolarité. Or, cette année, les discussions étaient davantage axées sur le fond de la question, à savoir la manière dont il serait possible d’inclure les étudiants dans les pourparlers.

« Je trouve regrettable qu’en deux ans et demi, nous en soyons seulement arrivés à ce stade, a affirmé Geoffrey Greatrex, professeur à la Faculté des arts et membre du BdG. Nous devrions évaluer la possibilité d’avoir un comité tout au long de l’année qui se pencherait sur les dépenses [de l’Ud’O]. »

Pour sa part la représentante des étudiants de 1er cycle, Anne-Marie Roy, a martelé l’apport nécessaire des étudiants au comité des finances et de trésorerie. « [Les membres du BdG] ne sont pas préparés, ils ne connaissent pas la situation des étudiants et leur frustration », a-t-elle soulevé après la réunion.

Aucune date n’a été confirmée quant à la tenue du vote par courriel.

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Une Réponse à Le vote sur la hausse des frais de scolarité aura lieu par courriel

  1. Gabriel Meunier Répondre

    3 avril 2012 a 10 h 19 min

    Bravo aux militants pour cette action d’éclat. Néanmoins, cette hausse substantielle alors que la grève générale au Québec débute sa huitième semaine me pousse aux constats suivants:

    Au sein d’un même pays, il est effrayant de voir à quel point le Québec et l’Ontario sont aux deux antipodes du spectre de la culture institutionnelle de l’Éducation. Pour l’Université d’Ottawa, l’éducation est un service que le client achète au «juste» prix. C’est pourquoi ce prix augmente de 4% à 8% chaque année, ou plutôt, de 71% depuis 2006, pour atteindre 9100$ pour une année en droit en 2012-2013. Au Québec, l’éducation est un investissement rentable du gouvernement dans son capital humain, qui est sa principale ressource. C’est pourquoi l’année en droit coûtera entre 2100$ et 2600$ l’an prochain.

    Mon deuxième constat porte sur la culture étudiante, et encore une fois, le Québec et l’Ontario sont aux deux antipodes du spectre. Au Québec, les étudiants refusent massivement une hausse de 1625$ sur trois ans; après sept semaines, ils sont toujours 200,000 en grève. À l’Université d’Ottawa, je vous gage un brun que la FÉUO n’organisera même pas une grève d’une journée contre cette hausse injustifiée des frais de scolarité. Elle va faire des petites représentations qu’elle sait inutiles d’avance, juste pour sauver la face, et ce sera tout. De toute façon, il y a cette résilience, ou plutôt, cette apathie chez les étudiants, qui me fait dire qu’ils n’auraient pas ce qu’il faut pour mener un conflit contre la hausse des frais de scolarité.

    Bref, je vais payer les frais de scolarité de l’UOttawa pour compléter ma licence en droit, parce que je n’ai pas été admis à l’UQAM et que c’est avec plusieurs dizaines de milliers de dollars que j’achète le droit de pratiquer ma profession. Mais autant ma situation est méprisable, autant celle de l’Université qui m’a accepté l’est.

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