La Rotonde
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Publié le lundi, 12 février 2018

Nouvelles accu­sa­tions contre un méde­cin de famille

Actua­lité

Par : Nico­las Hubert

Déjà enta­ché par les accu­sa­tions portées à l’en­contre de Dr Vincent Nadon pour voyeu­risme et agres­sion sexuelle, le Service de Santé de l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa est confronté à d’autres accu­sa­tions portant sur la proxi­mité entre le méde­cin de Famille Dr Donald Kilby et certain.e.s de ses patient.e.s. Un rapport du College of Physi­cians and Surgeons of Onta­rio (CPSO) a ainsi été rendu le 19 octobre 2017 suite à une plainte dépo­sée par un étudiant inter­na­tio­nal suivi par le Dr Kilby. Si le rapport rejette la néces­sité de renvoyer le Dr Kilby devant un comité disci­pli­naire, il souligne néan­moins la néces­sité que le Dr Kilby rompe toute proxi­mité avec ses patient.e.s.

Soutien finan­cier contre faveurs sexuelles ?

Cette plainte a pour­tant été dépo­sée en janvier 2015 par un étudiant inter­na­tio­nal soutenu finan­ciè­re­ment par Dr Kilby pour venir étudier au Canada. L’étu­diant en ques­tion a alors accusé Dr Kilby de condi­tion­ner son aide finan­cière, ainsi que l’offre de soins de santé, à l’échange de faveurs sexuelles. Une accu­sa­tion reje­tée par Dr Kilby, bien que ce dernier recon­naisse sa proxi­mité avec le patient.

Fonda­teur et président de l’Al­liance de santé commu­nau­taire Canada-Afrique (ASCCA), le Dr Kilby parraine de nombreu.x.ses étudiant.e.s inter­na­tiona.ux.les pour qu’elles et ils puissent venir étudier au Canada. Le CPSO a souli­gné les atteintes à la déon­to­lo­gie et à l’éthique que repré­sen­tait le suivi médi­cal des étudiant.e.s qu’il parraine et a insisté sur le fait qu’il doive « main­te­nir des barrières appro­priées, en toutes circons­tances, avec ses patients ».

Pas de renvoi au Comité de disci­pline

Comme le souligne la Gestion­naire de Rela­tions avec les médias de l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa (U d’O), le CPSO n’a cepen­dant pas « conclu qu’un renvoi au Comité de disci­pline n’était pas néces­saire pour la plainte faite envers Dr Donald Kilby ». Et ce en dépit des accu­sa­tions portées à son encontre de soute­nir finan­ciè­re­ment un étudiant inter­na­tio­nal en échange de faveurs sexuelles.

Tout en rappe­lant que « la santé et sécu­rité de nos étudiants, nos profes­seurs et nos employés de soutien sont primor­diales », Duval déclare que l’U d’O « convient que le CPSO a le pouvoir et l’au­to­rité de déter­mi­ner les quali­tés requises d’un méde­cin pour pratiquer la méde­cine ».

Libre d’exer­cer aux SSUO

Dans cette pers­pec­tive, alors que le CPSO a unique­ment formulé des recom­man­da­tions sur les limites que doit établir le Dr Kilby avec ses patient.e.s, ce dernier demeure libre d’exer­cer au sein des Services de Santé de l’U d’O (SSUO). Par ailleurs, le Direc­teur exécu­tif des SSUO, Chris­to­pher Fisher, précise qu’ « il n’y a eu aucune autre plainte au sujet de la pratique médi­cale du Docteur Donald Kilby ».

En s’ap­puyant sur le rapport du CPSO, Fisher met en avant le fait qu’il était repro­ché à Dr Kilby qu’il « traite des patients proches de lui ». Et d’ex­pliquer que « cette défi­ni­tion est souvent utili­sée afin de décou­ra­ger les méde­cins de four­nir des soins médi­caux aux membres de leur famille et aux proches ».

Ainsi, le Dr Kilby pourra conti­nuer à offi­cier au sein des SSUO s’il se conforme aux recom­man­da­tions du CPSO d’ar­rê­ter de suivre les patient.e.s qu’il parraine et de suivre un cours sur les « limites dans les soins aux patients », comme le rappelle Fisher.

D’autres victimes poten­tielles ?

Néan­moins, la Fédé­ra­tion Étudiante de l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa (FÉUO) aurait égale­ment été contac­tée par une autre victime poten­tielle de Dr Kilby, étudiant au sein même de l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa, selon les infor­ma­tions rappor­tées par la vice-prési­dente aux Affaires de l’équité, Leila Moumouni-Tchouassi.

Respon­sable de la Maison inter­na­tio­nale de la FÉUO, Moumouni-Tchouassi n’a cepen­dant pas voulu, ou pris la peine, de répondre aux ques­tions qui lui ont été adres­sées à ce sujet. Duval tient pour sa part à rappe­ler que « toutes plaintes ou inquié­tudes concer­nant les soins et/ou le compor­te­ment d’un méde­cin pratiquant en Onta­rio devraient être soumises au CPSO ».