La Rotonde
Share on FacebookGoogle+Tweet about this on Twitter
IMG_8936

Publié le lundi, 16 mars 2015

Beau, bon, gratuit

– Par Romane Baley­naud –

Depuis deux ans, la Gratui­te­rie, initia­tive du bureau du déve­lop­pe­ment durable de l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa, propose de lutter contre le gaspillage en donnant une deuxième chance aux objets aban­don­nés. Située au 647 King Edward, elle ouvre ses portes du mardi au jeudi, de 10 h à 15 h, tout au long de l’an­née scolaire. Chacun est donc invité à venir dépo­ser les affaires qu’il n’uti­lise plus, ou à se servir gratui­te­ment dans les rayons.

Tout le monde peut trou­ver son bonheur dans cette véri­table caverne d’Ali Baba et donner une nouvelle vie à tous les cossins dont elle recèle. Parmi les vête­ments et articles de cuisine en tous genres – les incon­tour­nables de la Gratui­te­rie – se cachent parfois des trésors inso­lites, allant de la paire de skis aux manuels scolaires, en passant par le tapis de bain en forme de grenouille, les plantes en pot ou le lierre en plas­tique. Les objets qui ne trouvent pas de nouveau proprié­taire au bout d’un certain temps, soit près de la moitié du stock, sont offerts à des refuges pour sans-abri.

Deux étudiants sont employés pour assu­rer le fonc­tion­ne­ment de la struc­ture, et plus d’une tren­taine de fidèles béné­voles viennent prêter main-forte toutes les semaines. En effet, tous ces bras ne sont pas de trop pour gérer les 10 à 12 tonnes d’objets qui passent les portes de la Gratui­te­rie chaque année. Ces quan­ti­tés impres­sion­nantes repré­sentent près de 1,2 million de dollars, comme l’es­time Brigitte Morin, coor­don­na­trice du recy­clage au bureau du déve­lop­pe­ment durable.

L’en­tre­prise a débuté il y a une dizaine d’an­nées, en réac­tion aux quan­ti­tés consi­dé­rables d’af­faires lais­sées sur place par les étudiants à la fin de l’an­née scolaire. Un membre du bureau a alors suggéré de collec­ter et d’en­tre­po­ser tous ces objets afin de les mettre à la dispo­si­tion des nouveaux étudiants. À la rentrée, cette démarche a eu telle­ment de succès qu’elle a été renou­ve­lée de façon mensuelle au Centre univer­si­taire. Pendant plus d’une année, cette opéra­tion n’en finis­sait pas de gagner en popu­la­rité, si bien qu’elle s’est avérée trop impor­tante pour n’avoir lieu qu’une fois par mois. De plus, le besoin d’un local perma­nent se faisait vive­ment ressen­tir. La Gratui­te­rie telle que nous la connais­sons a alors posé ses cartons dans une maison inoc­cu­pée de King Edward.

Si l’his­toire de la Gratui­te­rie paraît pleine de succès, Morin déplore néan­moins les quan­ti­tés consi­dé­rables d’objets délais­sés, signe d’une consom­ma­tion dérai­son­née. Il n’est pas rare en effet de trou­ver parmi eux des vête­ments jamais portés. Comme toutes les autres opéra­tions du bureau du déve­lop­pe­ment durable, la Gratui­te­rie s’ins­crit dans un objec­tif de réduc­tion de la consom­ma­tion. Elle ajoute que « la Gratui­te­rie est seule­ment là parce que trop de personnes achètent des choses dont ils n’ont pas besoin ».