La Rotonde
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Publié le mardi, 25 septembre 2012

Bilin­guisme : Des solu­tions « simples » à des défis de taille

– Par Marjie Brown –

Problèmes systé­miques, mécon­nais­sance des droits et services insuf­fi­sants figu­raient parmi les grands thèmes du Forum sur le bilin­guisme, s’étant tenu le jeudi 20 septembre à l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa (U d’O).

 

Malgré ces défis de taille, le Forum a permis de cibler des solu­tions promet­teuses. L’évé­ne­ment a réuni univer­si­taires, inter­ve­nants et étudiants pour discu­ter d’enjeux prio­ri­taires en matière de services en français dans le système judi­ciaire de l’On­ta­rio.

Des experts de l’U d’O

Débu­tant par un sympo­sium inti­tulé « Justice et services en français en Onta­rio », le Forum rassem­blait trois profes­seurs de l’U d’O – Pierre Foucher, Linda Cardi­nal et Daniel Boivin – pour faire le point sur le contexte histo­rique et les défis actuels dans le domaine.

Au cours de leurs inter­ven­tions, ces experts ont souli­gné que les Franco-Onta­riens connaissent peu leurs droits linguis­tiques et que le système judi­ciaire prend rare­ment des mesures proac­tives. Ils ont toute­fois mis le doigt sur des solu­tions viables : ajus­te­ments légis­la­tifs mineurs, sensi­bi­li­sa­tion de tous les partis et colla­bo­ra­tions commu­nau­taires.

Mme Cardi­nal, profes­seure titu­laire à l’École d’études poli­tiques et titu­laire de la Chaire de recherche sur la fran­co­pho­nie et les poli­tiques publiques, observe « une nouvelle façon de faire en Onta­rio », mais a précisé que ces solu­tions « simples » se compliquent souvent d’un grand nombre d’ac­teurs, un manque de volonté poli­tique et un faible enga­ge­ment à long terme.

Un confé­ren­cier de renom

L’ho­no­rable Roy McMur­try, père de la loi sur les tribu­naux judi­ciaires de l’On­ta­rio, a prononcé l’al­lo­cu­tion prin­ci­pale du Forum. En évoquant les débats histo­riques entou­rant le bilin­guisme en Onta­rio, au Québec et à l’échelle natio­nale, M. McMur­try a décrit sa lutte pour garan­tir les droits des fran­co­phones au sein du système judi­ciaire onta­rien.

Les propos de M. McMur­try ont parti­cu­liè­re­ment capté l’at­ten­tion d’étu­diants de l’U d’O, dont Daniel Stoja­no­vic qui était impres­sionné par le parcours d’un anglo­phone ayant contri­bué autant à la promo­tion des inté­rêts fran­co­phones. Darius Bossé, étudiant en droit, et Domi­nique Simard, étudiant à la maîtrise en écono­mie, ont pour leur part reconnu le poten­tiel pour de futures discus­sions. Ils ont aussi noté des simi­la­ri­tés entre les situa­tions en Onta­rio et au Nouveau-Bruns­wick.

Le Forum était orga­nisé par le Cabi­net du recteur, l’Ins­ti­tut des langues offi­cielles et du bilin­guisme (ILOB), la Chaire de recherche sur la fran­co­pho­nie et les poli­tiques publiques, et l’Ins­ti­tut d’études cana­diennes. Richard Clément, direc­teur de l’ILOB, a affirmé que « la ques­tion franco-onta­rienne concerne immé­dia­te­ment la mission de l’U d’O » et a indiqué qu’un suivi du dossier était déjà prévu pour le prin­temps.