La Rotonde
Share on FacebookGoogle+Tweet about this on Twitter

Publié le mardi, 13 octobre 2015

Boycott des élec­tions: Un geste poli­tique­ment informé

Par Élise Vaillan­court

Alors que de nombreux groupes sur le campus se mobi­lisent pour encou­ra­ger le vote des jeunes dans le cadre de l’élec­tion fédé­rale, d’autres étudiant.e.s font la promo­tion du non-vote en tant qu’ac­tion poli­tique infor­mée qui conteste la légi­ti­mité de l’État.

« À l’ori­gine, la campagne de boycott est une initia­tive du Parti commu­niste révo­lu­tion­naire (PCR) qui cher­chait à faire passer les gens d’un boycott passif à un boycott actif des élec­tions », explique Julien Raymond, étudiant et membre du Mouve­ment étudiant révo­lu­tion­naire (MÉR).

En pratique, le non-vote est une occa­sion pour les maoïstes, commu­nistes et anar­chistes de s’al­lier lors d’une campagne de porte-à-porte dans les quar­tiers popu­laires du Vieux-Hull et de Vanier. « La récep­tion a été plutôt posi­tive », nous raconte C. Bélan­ger, une parti­ci­pante impliquée dans la campagne.  

« Si le choix est fait de boycot­ter plutôt que d’an­nu­ler son vote, c’est que le second suppose que l’on recon­nait le système comme légi­time, alors que la situa­tion actuelle nous est insa­tis­fai­sante », explique M. Raymond.

« L’idée derrière le boycott est d’en­voyer un message de rupture avec l’idéo­lo­gie libé­rale domi­nante en ques­tion­nant la légi­ti­mité de l’État par le refus de parti­ci­per à ses insti­tu­tions créées par et au service de la bour­geoi­sie », déclare Padraic O’Brien, parti­san du PCR.

La clé est sous le pavé

« Bon nombre d’in­di­vi­dus ne votent pas en raison du fait qu’ils ne se sentent pas concer­nés par le poli­tique », explique O’Brien. « Les jeunes issus de milieux margi­na­li­sés se voient encore plus exclus du système démo­cra­tique actuel.  Il y a une condes­cen­dance et un pater­na­lisme autour [des campagnes publi­ci­taires pour le vote qui cherchent] à culpa­bi­li­ser les gens qui s’abs­tiennent pour les faire sentir igno­rants et pares­seux », ajoute-t-il.

« Pourquoi parti­ci­per à un système qui ne t’écoute pas et qui est seule­ment là pour t’alié­ner et t’ex­ploi­ter davan­tage? », demande Mme Bélan­ger. « Avec l’ex­pé­rience de la grève de 2012 et du Prin­temps 2015, on comprend qu’il y a d’autres manières de parti­ci­per poli­tique­ment. Voter, ça pâlit en compa­rai­son. C’est moins direct, moins repré­sen­ta­tif. […] Les gouver­ne­ments nous font croire que c’est l’unique manière que nos voix soient enten­dues alors que prendre le pavé et de leur en balan­cer est encore mieux », complète-t-elle.

Après le boycot­tage

Les trois cama­rades ont proposé de s’in­ves­tir dans les luttes déjà en cours pour renver­ser « l’État colo­nial bour­geois », comme les mouve­ments de soli­da­rité avec les luttes autoch­tones, les luttes menées au Sud contre l’im­pé­ria­lisme occi­den­tal et, plus loca­le­ment, les assem­blées géné­rales.

« Il ne manque pas d’oc­ca­sion de parti­ci­per à des actions et des campagnes qui vont vrai­ment servir des inté­rêts popu­laires », explique O’Brien. Une jour­née d’ac­tion dans le cadre du boycot­tage est prévue le 18 octobre.