La Rotonde
Share on FacebookGoogle+Tweet about this on Twitter

Publié le lundi, 11 septembre 2017

Le Centre des droits étudiants épingle les facul­tés

 Actua­li­tés

Par : Yasmine El Kamel

Le Centre des droits étudiants (CDÉ) a annoncé la semaine dernière les résul­tats de l’éva­lua­tion qu’il a récem­ment réali­sée pour chacune des facul­tés de l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa (U d’O) en ce qui concerne le trai­te­ment des plaintes et des recours dépo­sés par les étudiant.e.s. Les résul­tats obte­nus sont établis selon plusieurs facteurs, tels que le respect des poli­tiques univer­si­taires, l’équité des déci­sions ainsi que les commu­ni­ca­tions entre­te­nues avec les étudiant.e.s et le CDÉ.

 

 Une évalua­tion précise

Tout en préci­sant que c’était avant tout un travail d’équipe, Mireille Gervais, direc­trice du CDÉ, explique que le Centre « a vrai­ment bien réflé­chi » à son évalua­tion. Les membres du CDÉ sont passés faculté par faculté et ont fait « une grande liste de toutes les choses auxquelles on a pensé », explique-t-elle.

Gervais explique que les données ont été prises par les « centaines de dossiers étudiants qui passent par nous chaque année » et ont servi à établir la base de l’éva­lua­tion. Une fois les infor­ma­tions rassem­blées, le CDÉ a vite remarqué qu’il y avait des facul­tés qui se démarquaient pour leur effi­ca­cité dans le trai­te­ment des recours dépo­sés par les étudiant.e.s et l’équité de leurs déci­sions.

Les réponses de l’uni­ver­sité et des facul­tés

Gervais affirme avoir eu de bonnes réponses jusqu’à main­te­nant. Par contre, les trois facul­tés ayant obtenu les plus mauvaises évalua­tions, soit la Faculté des Sciences sociales, la Faculté des Sciences de la santé et l’École de gestion Telfer, n’ont fourni aucun retour.

Le vice-recteur aux études, David Graham, affirme pour sa part prendre « toujours connais­sance des commen­taires qui nous parviennent avec grand inté­rêt ». Pour Graham, il est en effet primor­dial d’as­su­rer le respect des poli­tiques et procé­dures acadé­miques de l’U d’O, « y compris [des] règle­ments scolaires et [des] conven­tions collec­tives signées avec le person­nel ensei­gnant ».

Pour la direc­trice du CDÉ, les droits étudiants sont un enjeu majeur. Gervais espère que le bulle­tin de notes effec­tué aura un impact sur les facul­tés qui doivent s’amé­lio­rer. Elle appelle ainsi les Facul­tés des Sciences sociales, des Sciences de la santé et l’École de gestion Telfer à prendre ce bulle­tin de notes comme une « oppor­tu­nité pour s’amé­lio­rer ».

 

Telfer : un F et des accu­sa­tions graves de plagiat envers ses profes­seurs

Gervais nous explique qu’en 2014, lorsque deux étudiants de la Faculté de Gestion ont été accu­sés de plagiat, que le CDÉ a en retour décou­vert le plagiat de deux profes­seurs de l’École Telfer. Les étudiants accu­sés ont alors montré le maté­riel de cours de leurs profes­seurs au CDÉ qui a confirmé que ceux-ci conte­naient du « plagiat extrême ».

Le CDÉ avait alors fait part de la situa­tion au précé­dent doyen de l’École de gestion Telfer, qui avait assuré s’oc­cu­per de la situa­tion. Pour­tant, cette année, le CDÉ a constaté qu’une des profes­seurs concerné.e.s conti­nue de distri­buer le même contenu de cours. Gervais affirme que cette dernière a ajouté « une note à la fin de son plagiat extrême comme quoi certaines de ses ressources étaient inspi­rées de tel auteur, dont elle a d’ailleurs mal écrit le nom ». Ce dernier aurait écrit à l’ac­tuel doyen de l’École de Gestion, François Julien, entré en fonc­tion le 1er juillet 2016, qui n’au­rait pas donné suite. Le vice-recteur aux études de l’U d’O en fonc­tion au moment des faits avait pour sa part pris la défense des profes­seurs incri­miné.e.s.

« C’est outra­geux » ironise Gervais en stipu­lant que le CDÉ voit « des étudiants accu­sés année après année pour avoir acci­den­tel­le­ment oublié des guille­mets ». La direc­trice du CDÉ s’exas­père alors qu’il existe clai­re­ment deux poids et deux mesures sur le campus en ce qui concerne le plagiat des profes­seurs, et celui des étudiants. Pour que les facul­tés en dernière posi­tion de l’éva­lua­tion s’amé­liorent, Gervais rappelle qu’il est impor­tant qu’elles colla­borent et commu­niquent avec le CDÉ, et qu’elles respectent les règle­ments scolaires.