La Rotonde
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Publié le lundi, 4 décembre 2017

Un chef-d’oeuvre en 20 minutes

Par: Céline Castel­lino

 

Les passion­nés d’arts tout comme l’in­di­vidu lambda se sont rendus à la Cour des Arts le 28 novembre dernier pour une compé­ti­tion inha­bi­tuelle. Ici, pas de hip-hop ni d’im­pro­vi­sa­tion au programme, mais des peintres de tous hori­zons prêts à se démarquer à coups de pinceau. La Rotonde s’y est rendue pour obser­ver de plus près ce phéno­mène haut en couleur. 

Un concept surpre­nant

En péné­trant dans la salle, on est tout de suite saisi par l’as­pect immé­diat et vivant de cet événe­ment. C’est une atmo­sphère élec­trique qui attend le public lors des compé­ti­tions Art Battle : 5 cane­vas vierges, un DJ et une foule de gens de tous les âges.

Le Art Battle est composé de trois rondes de 20 minutes chacunes. Chaque artiste doit créer un tableau dans le temps imparti. La foule est invi­tée à circu­ler dans la salle pour obser­ver les tableaux; autant dire qu’on est loin des clichés de gale­ries d’art statiques. À la fin du temps accordé, le public vote pour le meilleur tableau.

Deux artistes sont donc choi­sis lors de chacune des deux premières manches et les quatre s’af­frontent pour le dernier tour. « Tout ce qui se passe est très réel, en temps réel donc c’est vrai­ment une belle oppor­tu­nité de décou­vrir les artistes qui repré­sentent notre commu­nauté » témoigne Gene­viève Langlois, une artiste québé­coise qui parti­ci­pait au 2ème tour le 28 novembre.

Une occa­sion pour des novices d’af­fi­ner leurs coups de pinceau

Art Battle encou­rage la mixité de niveaux; pour certains artistes, c’était leur première parti­ci­pa­tion au mouve­ment. C’en fut le cas pour Alanna Ster­ling, une artiste d’Ot­tawa : « Je n’avais rien à perdre et tout à gagner, même si je ne suis pas une artiste capable de peindre un tableau en seule­ment 20 minutes » confie-t-elle. Ainsi, malgré son côté dyna­mique, le Art Battle  limite l’éten­due des possi­bi­li­tés des parti­ci­pants au niveau de la démons­tra­tion artis­tique. « Il faut faire des sacri­fices et simpli­fier les choses », conclut Ster­ling.

Gabriel Bouf­fard parti­ci­pait aussi pour la première fois à cette compé­ti­tion; étudiant à l’École d’art d’Ot­tawa depuis un an, après des études de gestion, il annonce confiant : « Je pense que j’ai ma place ici, je viens ici un peu pour gagner […] je vais faire de mon mieux qu’im­porte ce qui arrive ». Pour lui, le Art Battle est un concept permet­tant de rendre l’art acces­sible et amusant. Voir les artistes en direct,  « ça peut chan­ger ta façon de voir l’art, ça le démo­cra­tise. Ça donne la chance à des under­dogs de faire leur place » ajoute-t-il peu avant les résul­tats du second tour.

Une finale serrée

La compé­ti­tion du 28 novembre s’est ache­vée de manière assez inat­ten­due puisque la finale oppo­sait les anciens vainqueurs natio­naux Allan André, Daniel Marte­lock et Barbara Saville au novice québé­cois Gabriel Bouf­fard. La voix du public a penché pour le portrait bigarré du nouveau venu, le propul­sant à la finale de la ville d’Ot­tawa.