La Rotonde
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Publié le lundi, 15 septembre 2014

Critique théâ­trale Love is in the birds : Une soirée fran­co­phone sans boule disco

– Par Carine Plamon­don-

                  Quoi de mieux que la quatrième salle du Centre natio­nal des Arts pour assis­ter à l’abo­li­tion du quatrième mur? Alliant musique et mono­logues, la créa­tion collec­tive Love is in the birds : une soirée fran­co­phone sans boule disco a su briser tempo­rai­re­ment l’illu­sion de distance qui existe géné­ra­le­ment, au théâtre, entre la scène et les spec­ta­teurs.

                  Treize auteurs ont contri­bué à l’écri­ture de ce spec­tacle ayant pour fil conduc­teur la chan­son « L’arbre est dans ses feuilles ». Du début à la fin, les réflexions sur la vie, la mort et l’ave­nir, en parti­cu­lier la ques­tion de ce qui est légué et trans­mis aux prochaines géné­ra­tions, nous parviennent de façon frag­men­taire. Ces pensées sont liées par des méta­phores inté­res­santes, brodées à partir d’élé­ments de la chan­son folk­lo­rique tels que la branche, le nœud et le nid. Le texte frôle au passage plusieurs problé­ma­tiques sociales, écono­miques et poli­tiques, quoique ces évoca­tions demeurent assez vagues. Si l’at­mo­sphère créée par les mono­logues est souvent grave et tendue, la cathar­sis est rapi­de­ment provoquée par la réplique comique d’un autre person­nage.

                  Diffi­cile toute­fois de quali­fier de person­nages les cinq voix qui s’élèvent tour à tour sur scène, ajou­tant une inten­sité progres­sive au texte. Sans mouve­ments ou presque, elles parviennent à déployer une éner­gie parti­cu­lière et ressen­tie dans toute la salle. Cinq micros, derrière lesquels se trouvent cinq comé­diens ainsi que le guita­riste qui les accom­pagne, consti­tuent à peu près les seuls décors de la scène. Un plai­sir pour l’ouïe, beau­coup plus que pour la vue, puisque ce sont ces voix, ces mono­logues, ces chœurs et cette musique qui font de cette produc­tion un spec­tacle désar­mant auquel il est très agréable d’as­sis­ter.