La Rotonde
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Publié le lundi, 13 février 2017

Le RÉFO « fait du bruit » contre les agres­sions sexuelles

Actua­li­tés

Par Florence Linteau – Jour­na­liste

JOURNÉE DE FORMATION

Vendredi 10 février dernier avait lieu la forma­tion « Faites du bruit ! » visant à four­nir aux étudiants des outils néces­saires à la lutte contre la violence sexuelle. Présen­tée par le Regrou­pe­ment étudiant franco-onta­rien (RÉFO), la confé­rence fit la promo­tion du consen­te­ment tout en discu­tant de culture du viol, des mythes liés à cette dernière, ainsi que de pistes de solu­tion pour faire des campus univer­si­taires des espaces plus sécu­ri­taires. La Rotonde était sur place et vous livre un compte-rendu.

Une forma­tion panon­ta­rienne signée RÉFO

Le contenu de la forma­tion a été créé par le RÉFO en parte­na­riat avec le Centre onta­rien de préven­tion des agres­sions (COPA). Les orga­ni­sa­teurs de l’évè­ne­ment ont sillonné la province onta­rienne pendant près de trois semaines, de Timmins à Sudbury, en passant par Toronto, pour fina­le­ment s’ar­rê­ter à Ottawa.

Abor­dant les thèmes de la violence sexuelle et de la culture du viol, la forma­tion avait pour objec­tif prin­ci­pal de permettre aux étudiantes et aux étudiants de non seule­ment se ques­tion­ner sur leurs agis­se­ments en la matière, mais surtout, de leur donner les outils néces­saires pour deve­nir des témoins actives et actifs. Pour ce faire, plusieurs acti­vi­tés étaient au programme : vision­ne­ment de vidéos, partage d’ex­pé­riences, remue-méninge et témoi­gnages.

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S’éche­lon­nant sur une jour­née entière, sept heures pour être plus exact, l’ac­ti­vité offrait une ambiance dyna­mique et encou­ra­geant au partage. Préci­sons que si de nombreuses confé­rences sont orga­ni­sées à ce sujet sur le campus, elles se font souvent en anglais, d’où la perti­nence de l’évè­ne­ment orga­nisé par le RÉFO.

« Si nous ne faisions pas ces démarches, cela contri­bue­rait au statuquo et à l’igno­rance. Il faut briser les mythes. » – Benja­min Doudard

Cinq repré­sen­tants du RÉFO étaient d’ailleurs présents pour contri­buer à la discus­sion, ainsi que pour animer les divers ateliers. Benja­min Doudard, repré­sen­tant à l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa au RÉFO et étudiant en commu­ni­ca­tion et science poli­tique, se prononce sur l’im­por­tance de la confé­rence à l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa : « Si nous ne faisions pas ces démarches, cela contri­bue­rait au statuquo et à l’igno­rance. Il faut briser les mythes. »

Selon Doudard, malgré la forte média­ti­sa­tion de certains évène­ments surve­nus sur le campus lors des dernières années, les traces de chan­ge­ments demeurent trop peu évidentes et la néces­sité de la tenue de telles forma­tions conti­nue de se faire sentir.

Des parti­ci­pant.e.s impliqué.e.s

Selon les orga­ni­sa­teurs, une ving­taine de personnes sépa­rées en deux groupes ont parti­cipé à la jour­née de forma­tion. Certain.e.s étaient présent.e.s grâce à leur impli­ca­tion avec le RÉFO, d’autres, comme Marie Bernice, étudiante en étude des conflits à l’Uni­ver­sité de Saint-Paul, ont simple­ment senti le besoin d’ap­pro­fon­dir leurs connais­sances sur la culture du viol.

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C’est lors de la jour­née de forma­tion que Bernice dit avoir réalisé l’am­pleur des agres­sions sexuelles commises dans les fêtes étudiantes : « C’est révol­tant, je l’ai réalisé aujourd’­hui. Même moi, je ne le savais pas et je ne réagis­sais pas. Avant aujourd’­hui, je ne savais pas quel était mon rôle dans une telle situa­tion et je ne savais pas quoi faire. Je n’ai pas pris les mesures néces­saires. Ça va chan­ger du tout au tout. »

Ce serait donc mission réus­sie pour le RÉFO et sa forma­tion, qui semblent avoir fait suffi­sam­ment de bruit pour conscien­ti­ser Bernice, tout comme plusieurs autres parti­ci­pantes et parti­ci­pants.