La Rotonde
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Jennifer Decker présidente de APUO

Publié le lundi, 5 octobre 2015

Qu’est-ce que l’APUO ? Rencontre avec Jenni­fer Deck­ker, prési­dente

Par Clémence Labasse

La Rotonde s’est entre­te­nue avec la prési­dente de l’As­so­cia­tion des profes­seurs de l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa (APUO) Jenni­fer Deck­ker pour en apprendre un peu plus sur un syndi­cat dont les actions sont parfois mécon­nues du reste de la commu­nauté univer­si­taire.

La Rotonde : Qu’est-ce que l’APUO?
Jenni­fer Deck­ker : L’APUO est le syndi­cat des profes­seurs à temps plein de l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa (U d’O). Nous comp­tons envi­ron 1300 membres, dont nous proté­geons les inté­rêts. Nous travaillons aussi de concert avec les autres syndi­cats sur le campus pour faire une commu­nauté plus juste pour tout le monde.

LR : Quels sont les enjeux sur lesquels vous travaillez, avec les autres syndi­cats?
JD : Des enjeux qui affectent beau­coup de monde sur le campus sont par exemple les services de garde pour enfants, ou encore les régimes de retraite. Nous travaillons aussi pour combattre la commer­cia­li­sa­tion du campus, c’est-à-dire tous ces busi­ness qu’on peut voir un peu partout sur le campus. Nous trou­vons trou­blant qu’il y ait autant d’en­tre­prises sur le campus.
La promo­tion de l’équité sur le campus est très impor­tante pour nous. Bien entendu, nous travaillons sur les affaires acadé­miques, notam­ment la stan­dar­di­sa­tion de l’édu­ca­tion. La sécu­rité et le bien-être de nos membres sont aussi très impor­tants.
Nous avons aussi un comité qui s’oc­cupe d’ana­ly­ser les finances de l’U d’O. C’est la seule voix qui peut remettre en ques­tion la version offi­cielle du service des finance, et décou­vrir les mensonges. C’est grâce à leur travail que nous savons que l’Uni­ver­sité a un surplus budgé­taire de 500 millions de dollars en banque qu’ils ne dépensent pas sur l’édu­ca­tion.

LR : Cet été, vous avez exprimé des soupçons quant à la hausse sala­riale de 43,06 % de la vice-rectrice à la recherche de l’Uni­ver­sité, Mona Nemer. Pouvez-vous m’en dire un peu plus sur cette affaire?
JD :
Nous avons d’abord écrit une lettre ouverte de la part de tous les syndi­cats au Comité exécu­tif du Bureau des Gouver­neurs pour dénon­cer cette hausse sala­riale injus­ti­fiée. L’Uni­ver­sité nous a répondu, mais c’était très insa­tis­fai­sant. Ils disent ne pas être au courant de cette augmen­ta­tion. […]
Du coup, lundi dernier, le 22 septembre, nous avons envoyé une lettre à notre minis­tère en Onta­rio pour qu’une enquête soit ouverte sur la hausse sala­riale du doyen Jacques Brad­wejn et de la vice-rectrice [ndlr : ceux-ci possèdent respec­ti­ve­ment le 1er et 3ème salaire les plus élevés de l’U d’O]. Depuis 2012, il existe une loi qui ne permet pas de hausses sala­riales ni de béné­fices pour les admi­nis­tra­teurs des univer­si­tés. Ces hausses sont illé­gales !

LR : Fina­le­ment, que pensez-vous de la campagne marke­ting « Défiez les Conven­tions », sur laquelle La Rotonde a fait un dossier la semaine dernière?
JD : [Rires] Je ne dirai qu’une chose, nous avons une blague à l’APUO, c’est « Défier les conven­tions collec­tives ». Non, géné­ra­le­ment nous ne sommes pas très impres­sion­nés par le montant d’argent que l’Uni­ver­sité dépense dans la publi­cité à la place de l’édu­ca­tion. C’est très déce­vant.

 

*Dans une version préli­mi­naire de l’ar­ticle, il était inscrit dans la ques­tion de la jour­na­liste que Mona Nemer est vice-rectrice aux études. Madame Nemer est en fait vice-rectrice à la recherche.