La Rotonde
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Publié le lundi, 20 mars 2017

Services de santé mentale : Le corps étudiant lance un cri du cœur

Actua­li­tés

Par Yasmine Mehdi – Cheffe de pupitre Actua­li­tés

Depuis mardi dernier, suite au tragique suicide d’un étudiant sur le campus, les témoi­gnages d’étu­diant.e.s boule­versé.e.s se succèdent. Une semaine plus tard, si l’émo­tion est toujours aussi vive, le temps semble être venu pour la commu­nauté de se mobi­li­ser afin de faire entendre ses reven­di­ca­tions à l’ad­mi­nis­tra­tion de l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa.  

Les témoi­gnages de Cassidy et d’Alexan­dra

« Le suicide de l’étu­diant m’a beau­coup frap­pée, j’ai vécu des moments assez diffi­ciles au début de l’an­née et je me suis dit que ça aurait pu être moi », a confié Cassidy Ville­neuve, étudiante en première année à l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa. En novembre dernier, un méde­cin de famille a recom­mandé la jeune femme à un spécia­liste du Service de santé mentale de l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa. On lui aurait cepen­dant indiqué qu’elle devrait attendre jusqu’au 8 mars afin d’avoir un rendez-vous.

« C’est surtout parce les médi­ca­ments m’of­fraient une solu­tion rapide que j’ai décidé de les prendre », explique Cassidy qui se porte aujourd’­hui beau­coup mieux. L’étu­diante affirme cepen­dant que si elle ressen­tait le besoin de consul­ter, elle se tour­ne­rait sans aucun doute vers le privé « parce que les services offerts par l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa ne sont pas à la hauteur ».

 Alexan­dra partage le même constat. Après avoir consulté son méde­cin de famille en janvier pour un trouble du défi­cit de l’at­ten­tion, un trouble obses­sion­nel compul­sif et des troubles anxieux, l’étu­diante en deuxième année a été choquée d’ap­prendre qu’elle devrait attendre le 20 avril pour obte­nir un premier rendez-vous avec un spécia­liste.

« Je n’ai pas le choix d’at­tendre. Mon assu­rance ne couvre pas ce genre de chose et ça coute beau­coup trop cher. Le mini­mum pour une session, c’est 100 $, et je ne peux pas payer ça avec mes frais de scola­rité et tout le reste », se désole Alexan­dra, d’au­tant plus que l’Uni­ver­sité n’offre qu’un nombre limité de sessions.

 L’ad­mi­nis­tra­tion « profon­dé­ment attris­tée »

Cassidy et Alexan­dra ont toutes deux expliqué qu’elles avaient choisi de témoi­gner dans l’es­poir de pous­ser l’ad­mi­nis­tra­tion à amélio­rer l’ac­cès aux services de santé mentale sur le campus.

De son côté, Isabelle Mailloux, gestion­naire des rela­tions avec les médias, a indiqué dans un cour­riel que l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa « était profon­dé­ment attris­tée par le tragique décès survenu sur le campus mardi soir ».

Après avoir rappelé que l’Uni­ver­sité offrait des services de coun­sel­ling et de coaching, et non de psycho­lo­gie, Mailloux a déclaré : « L’Uni­ver­sité accom­pagne ses étudiants le plus possible, mais il faut comprendre que nous nous appuyons sur des ressources à l’ex­té­rieur du campus, qui font partie du réseau de la santé provin­cial. Nous compre­nons les défis rencon­trés par nos étudiants et nous sympa­thi­sons avec eux, mais n’avons aucun contrôle sur l’ac­cès aux services d’un psycho­logue ou les temps d’at­tente pour voir des psycho­logues en Onta­rio. » 

Mobi­li­sa­tion du côté de la FÉUO

Vendredi après-midi, c’était au tour de la Fédé­ra­tion étudiante de l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa de se pronon­cer sur le sujet et d’en­cou­ra­ger ses membres à faire pres­sion sur l’ad­mi­nis­tra­tion.

« La lutte pour des services adéquats de santé mentale sur le campus n’est pas un enjeu datant d’hier et nous exhor­tons l’ad­mi­nis­tra­tion de notre univer­sité à faire mieux », peut-on lire dans le commu­niqué en ques­tion.

Rappe­lons qu’au prin­temps dernier, la ques­tion du temps d’at­tente pour consul­ter un spécia­liste de la santé mentale à l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa avait été soule­vée par quelques médias régio­naux. Allan Rock, alors recteur, avait reconnu qu’il restait beau­coup de travail à faire sur cet enjeu. Reste à savoir si son succes­seur, Jacques Frémont, inscrira la santé mentale parmi les dossiers prio­ri­taires de son mandat.

 

 Le Service d’ap­pui au succès scolaire (SASS) offre des services de coun­sel­ling et de coaching sans frais. Dans les cas d’ur­gence, le SASS tente de voir les étudiant.e.s le jour même de leur demande. Pour prendre un rendez-vous, il est possible de se rendre au 4e étage du 100 Marie-Curie ou d’ap­pe­ler le 613–562–5200. Pour plus d’in­for­ma­tions, consul­tez le https://sass.uottawa.ca/fr/person­nel. Pour un service continu, contac­tez la ligne de crise en santé mentale d’Ot­tawa au 613–722–6914.