La Rotonde
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Publié le lundi, 2 octobre 2017

Tous en vert et blanc pour la levée de drapeau

Actua­li­tés

Par : Yasmine El Kamel – Jour­na­liste 

 

Un 25 septembre devant le City Hall d’Ot­tawa

La levée du drapeau franco-onta­rien a eu lieu le lundi 25 septembre devant le City Hall d’Ot­tawa. Sous un soleil brûlant du midi, quelques Franco-onta­riens habillés en vert et blanc se sont rassem­blés devant la mairie pour expri­mer leur fierté et célé­brer cette jour­née qui leur est dédiée.

De nombreux offi­ciels étaient présents lors de l’évè­ne­ment orga­nisé par la Ville d’Ot­tawa, en colla­bo­ra­tion avec l’As­so­cia­tion des Commu­nau­tés Fran­co­phones d’Ot­tawa (ACFO). Parmi eux, on comp­tait le maire d’Ot­tawa, Jim Watson, des dépu­tés fédé­raux et provin­ciaux tels qu’An­drew Leslie et Julie Dabru­sin, le conseiller du quar­tier Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, ou encore la ministre fédé­rale du Revenu natio­nal, Diane Lebou­thil­lier.

La Coor­di­na­trice aux services en français de la Ville d’Ot­tawa, Natha­lie Lemire, prin­ci­pale anima­trice de l’évé­ne­ment a ouvert la céré­mo­nie en effec­tuant un premier discours avant la levée du drapeau, dans lequel elle a expliqué l’his­toire et la signi­fi­ca­tion du drapeau franco-onta­rien.

 « Lais­sez-moi un peu vous parler de notre beau drapeau »

Le drapeau a fêté son 42ème anni­ver­saire lundi dernier. Il fut déployé pour la première fois en 1975 à l’Uni­ver­sité de Sudbury et a été offi­ciel­le­ment adopté par l’ACFO en 1977.

« Ce drapeau aux couleurs de l’hi­ver et de l’été symbo­lise les luttes et les victoires des Franco-onta­riens », explique Lemire pendant que raison­nait l’hymne franco-onta­rien, « Notre place ».

Après la levée de drapeau, la céré­mo­nie s’est pour­sui­vie avec les discours de Watson puis de Soukaina Boutiyeb, admi­nis­tra­trice de l’ACFO. Ces derniers ont par la suite souf­flé les bougies du grand gâteau vert et blanc offert à tous.

La commu­nauté fran­co­phone enri­chit la diver­sité cultu­relle d’Ot­tawa

Tout en remer­ciant les parte­naires de l’évé­ne­ment, Watson a salué tout.e les député.e.s qui se sont déplacé.e.s pour assis­ter à l’évè­ne­ment, ainsi que tous les Franco-onta­rien.ne.s venu se joindre à la célé­bra­tion. C’est « extra­or­di­naire de voir autant de gens porter du vert et du blanc », s’est-il exclamé.

Watson affirme qu’il y a eu 25 000 tran­sac­tions effec­tuées en français cette année sur le site web de la Ville, ce qui repré­sente une hausse de 2% par rapport à 2015. Il a égale­ment souli­gné que « la commu­nauté fran­co­phone d’Ot­tawa vient de toutes les parties du monde, ce qui enri­chit la diver­sité cultu­relle de notre ville ».

Après avoir rappelé la mobi­li­sa­tion de la commu­nauté fran­co­phone en 1997 pour sauver l’hô­pi­tal Mont­fort, Watson a invité les parti­ci­pant.e.s de la céré­mo­nie « à fêter la commu­nauté fran­co­phone lors de la Fête Franco au Pavillon Aber­deen (du Parc Lans­downe)  dès 17h ».

Watson a clos son discours en lisant à haute voix la dernière phrase de la Procla­ma­tion : « Par consé­quent, je, Jim Watson, maire de la ville d’Ot­tawa, proclame par la présente, le 25 septembre 2017, jour des Franco-onta­riens et Franco-onta­riennes, et invite  la commu­nauté à célé­brer cette jour­née toute spéciale du patri­moine franco-onta­rien. Bravo ! »

Une « commu­nauté dyna­mique et vivante »

Boutiyeb a souli­gné dans son discours que l’ACFO a pour but de promou­voir la fran­co­pho­nie et qu’elle repré­sente une « commu­nauté dyna­mique et vivante qui regroupe plus de 300 000 fran­co­phones et fran­co­philes ». Elle a alors rappelé que le dernier rassem­ble­ment qui a eu lieu devant le City Hall, le 31 mai dernier, a réuni « plus d’un millier de citoyens » qui ont « exprimé leur appui » au projet de rendre Ottawa une ville complè­te­ment bilingue.

En évoquant le projet de loi déposé par la dépu­tée Natha­lie Des Rosiers à ce sujet, Boutiyeb affirme que ce dossier « a non seule­ment reçu l’ap­pui du mouve­ment Ottawa Bilingue, mais notre Maire Jim Watson a aussi démon­tré son acquis pour le projet ». Boutiyeb s’est réjouie de consta­ter les avan­cées effec­tuées à ce sujet et de la possi­bi­lité de travailler ensemble envers le bilin­guisme offi­ciel de la capi­tale natio­nale.

Boutiyeb est égale­ment reve­nue sur l’his­toire du drapeau franco-onta­rien, qui « est devenu l’em­blème offi­ciel de la fran­co­pho­nie onta­rienne, en 2001 ». L’ACFO a égale­ment été parte­naire de deux autres acti­vi­tés célé­brant le 25 septembre; une qui s’est dérou­lée le soir même à Orléans, ainsi que le 2509, la fête Franco qui a eu lieu à Land­sdowne.

« Le drapeau franco, c’est mon drapeau »

Origi­naire d’Ot­tawa, Nancy Gendron est conseillère en enga­ge­ment commu­nau­taire et parte­na­riats auprès du Conseil des écoles catho­liques du centre-est. Elle assiste chaque année à la levée du drapeau. « Moi je suis franco-onta­rienne (…) Et puis le drapeau franco, c’est mon drapeau » s’est-elle excla­mée.

En évoquant le nombre de parti­ci­pant.e.s à l’évé­ne­ment, elle a expliqué que « d’une année a une année ça change. L’an­née dernière, il y avait quelque chose de beau­coup plus gros ici à l’hô­tel de ville ». Gendron précise que ce soir aura lieu le 25.09, soit la Fête Franco au Pavillon Aber­deen. D’après elle, c’est là-bas que le gros rassem­ble­ment aura lieu. « Mais je suis certaine qu’il va y avoir beau­coup de gens aujourd’­hui. J’en suis convain­cue. Les Franco-onta­riens sont fiers et vibrants dans la ville d’Ot­tawa. »

Ensei­gnante au Conseil des écoles catho­liques du Centre-Est (CECCE), Julie Melançon a affirmé être « très fière aujourd’­hui de célé­brer la plura­lité linguis­tique de nos commu­nau­tés franco-onta­riennes ». Melançon confirme avoir « grand espoir que bien­tôt notre ville devien­dra offi­ciel­le­ment bilingue. »

Membre du conseil de repré­sen­ta­tion de la Fédé­ra­tion de la Jeunesse Franco-Onta­rienne (FESFO), Lydia Philippe a souli­gné que le FESFO est l’or­ga­nisme porte-parole de 25 000 jeunes fran­co­phones fréquen­tant des écoles franco-onta­riennes, et a pour but d’in­té­grer la jeunesse franco-onta­rienne dans le déve­lop­pe­ment de sa commu­nauté. Elle s’est dite très « hono­rée de pouvoir repré­sen­ter la culture d’Ot­tawa » lors de cette jour­née et d’être présente à la levée du drapeau. 

« Une commu­nauté toujours plus rési­liente »

Alors que Watson confie que cette céré­mo­nie est avant tout « une occa­sion pour la ville d’Ot­tawa ici de célé­brer la commu­nauté fran­co­phone » et d’ho­no­rer ses admi­nis­tré.e.s fran­co­phones et fran­co­philes animant sa ville, le Vice-président du Regrou­pe­ment étudiant franco-onta­rien (RÉFO), Joce­lyn Leblanc, rappelle que ces célé­bra­tions « témoignent de la soli­da­rité de nos commu­nau­tés et de notre effer­ves­cence cultu­relle ». De Wind­sor à Hearst, « tous les rassem­ble­ments, les concerts, les acti­vi­tés fami­liales tissent une commu­nauté toujours plus rési­liente », ajoute-t-il.

Boutiyeb a pour sa part rappelé que « le 25 septembre c’est notre jour­née » en préci­sant que cette célé­bra­tion « démontre notre enga­ge­ment, qui montre que notre commu­nauté est une commu­nauté vibrante, dyna­mique ». Elle a égale­ment souli­gné qu’il est « impor­tant de montrer haut et fort qu’on est Franco-onta­riens et Franco-onta­riennes » afin de « montrer l’im­por­tance du français dans notre commu­nauté et il ne faut jamais avoir honte de ça, bien au contraire il faut la mettre de l’avant ».

Le maire d’Ot­tawa entame le 25 septembre en anglais

En évoquant la parti­ci­pa­tion de Watson aux célé­bra­tions du 25 septembre, Leblanc a reconnu que « le maire a parti­cipé à beau­coup des événe­ments de ce lundi » et qu’il « était non seule­ment à la levée du drapeau, mais il a aussi fait un tour au 25.09 en soirée, avec la Ministre Lalonde ».

Néan­moins, Leblanc ne manque pas de rappe­ler que Watson a « même commencé sa jour­née avec un tweet, EN ANGLAIS ». « Si M. Watson est vrai­ment un allié des Franco-Onta­rien.ne.s d’Ot­tawa, il devra s’ex­pri­mer là où ça compte, dans le dossier du bilin­guisme offi­ciel d’Ot­tawa », a ajouté le co-président du RÉFO.

De son côté, Watson a tenu à rappe­ler l’im­por­tance du bilin­guisme dans sa ville et la place que l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa occupe à ce sujet. « Certai­ne­ment, nous sommes très fiers de l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa, qui est la seule univer­sité bilingue dans notre pays », a-t-il souli­gné, en décla­rant que « c’est une occa­sion pour nous de remer­cier sa contri­bu­tion et son dévoue­ment à notre ville ».