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Sports et bien-être

Bien plus qu’un « oui » : le consentement au cœur de nos relations les plus proches

Crédit visuel : Élodie Ah-Wong — Directrice artistique

Article rédigé par Davy Bambara – Journaliste

Le Bureau des droits de la personne de l’Université d’Ottawa (U d’O) a consacré la semaine du 26 au 30 janvier 2025 au consentement dans les relations. Souvent associé aux relations sexuelles, le consentement dépasse toutefois ce seul champ de l’intimité. Il s’étend aussi aux relations du quotidien : amoureuses, amicales, familiales, etc. À travers des témoignages recueillis lors de la semaine du consentement, il apparaît comme une base essentielle des relations saines, bien au-delà du simple contact physique.

Le consentement, au-delà de la sphère sexuelle

Il est fréquent que le consentement soit réduit aux relations sexuelles. Selon Marie-Lou Villeneuve-Hobbs, conseillère principale à l’Équipe de prévention et d’intervention en violence sexuelle, « la violence sexuelle s’inscrit dans un continuum de violences  qui prend souvent racine dans le non-respect des limites et de l’autonomie d’autrui. Lorsqu’une personne initie un contact, qu’il soit sexuel ou non, sans l’accord de l’autre, il y a rupture de ce respect fondamental ».

Dans les relations amoureuses, amicales, familiales, etc., le consentement ne se limite donc pas à dire « oui » ou « non » à un geste physique. Il englobe également le respect des limites émotionnelles, ainsi que le respect de la confidentialité des informations personnelles, de l’intimité et des attentes affectives. « Parler du consentement au quotidien permet de reconnaître que chaque personne a le droit de définir ses limites, de changer d’avis et d’être entendue, peu importe la nature du lien », souligne Villeneuve-Hobbs.

« Être en accord » 

Ange Daniel Mbiatcha, étudiant en génie mécanique et informatique, présente le consentement comme  la capacité à dire « oui » à quelque chose, c’est-à-dire à y adhérer pleinement et à être réellement en accord. « Je consens à quelque chose, je suis pour la chose, j’ai un sentiment favorable », explique-t-il.

Dans une relation amoureuse, ce consentement peut concerner différentes formes d’intimité : un câlin, un baiser ou une relation sexuelle. Il doit toutefois toujours être partagé par les personnes concernées. Loin de se présenter comme un expert, Mbiatcha insiste tout de même sur un point essentiel :

« Personne ne devrait se sentir obligé d’accepter quelque chose pour faire plaisir à l’autre. »

– Ange Daniel Mbiatcha –

La question du consentement est parfois encore plus délicate dans les relations amicales ou familiales, car la proximité peut créer l’illusion que « tout est permis ». Selon Mbiatcha, la clé reste la communication honnête et bienveillante : « Être dans l’amour, ça veut dire que je pense à la personne en face. Je dis la vérité avec gentillesse. » Dans les relations proches, on se connaît, on apprend à reconnaître ce que l’autre aime ou n’aime pas. Dire « là, je ne consens pas » ne devrait pas être perçu comme une attaque, mais comme une manière saine de préserver l’équilibre de la relation.

Les limites du quotidien : quand l’inconfort est banalisé

Dans la pratique, certaines limites sont négligées ou mal comprises. Villeneuve-Hobbs pointe du doigt ces gestes « socialement normalisés », tels que les contacts physiques fréquents, l’intrusion dans la bulle personnelle ou encore les questions très intimes, qui peuvent générer de l’inconfort sans pour autant être reconnus comme tels. Elle insiste également sur le fait que l’acceptation d’un refus demeure un enjeu central. Ressentir de la déception est humain, mais une limite exprimée ne devrait jamais mener à de la pression, du chantage émotionnel ou de l’insistance.

« Un “non” demeure un “non”, peu importe le contexte ou la relation. »

– Marie-Lou Villeneuve-Hobbs –

Selon elle, les limites ne sont pas toujours exprimées verbalement. Les hésitations, les silences, les retraits ou les changements de comportement constituent autant de signaux révélateurs d’un malaise. La seule façon de s’assurer du consentement consiste donc à le demander clairement et verbalement, puisque l’interprétation de signaux peut mener à des situations ambiguës et potentiellement dommageables. Elle ajoute également que la consommation de drogue ou d’alcool exclut automatiquement toute présomption de consentement : en l’absence d’un discernement clair, toute activité intime doit être reportée.

Par ailleurs, exprimer ses limites, surtout avec des personnes proches, n’est pas toujours évident. Pour Mbiatcha, l’une des principales raisons tient à la peur de déplaire : « on a peur de s’affirmer, de dire ce qu’on pense. On veut faire plaisir, on ne veut pas offenser. » Même son de cloche du côté de Villeneuve-Hobbs, qui précise que lorsqu’une personne craint pour sa sécurité émotionnelle ou physique, aucun consentement ne peut exister, puisque celui-ci doit être réellement libre.  « Le silence ou l’acceptation apparente ne signifient pas un véritable accord », conclut-elle.

Des ressources disponibles sur le campus 

Plusieurs services sont à la disposition des étudiant.e.s et du personnel. L’Équipe de prévention et d’intervention en violence sexuelle du Bureau des droits de la personne constitue la principale ressource pour obtenir de l’information, du soutien et explorer les options possibles. En cas d’urgence ou en dehors des heures d’ouverture, le Service de la protection peut également offrir du soutien et orienter vers les services appropriés.

D’autres ressources partenaires sont disponibles, notamment le Centre de ressources féministes, le Centre de santé et de mieux-être étudiant et les équipes de Vie en résidence. Ces services sont gratuits, confidentiels et bilingues. Il n’est pas nécessaire de déposer une plainte pour recevoir du soutien, sauf dans certaines situations urgentes ou nécessitant un suivi légal. L’ouverture officielle du nouveau Centre de soutien et de ressources en violence sexuelle, dans la salle 228 de l’édifice Thompson, vient renforcer ce réseau d’accompagnement, avec des heures sans rendez-vous, accessibles à toute la communauté universitaire.

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