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Arts et culture

Copeaux, l’amour en petits morceaux

Culture
13 mars 2020

Crédit visuel : Marianne Duval 

Par Noémie Calderon Tremblay – Journaliste

Présentée du 10 au 14 mars 2020 à la Nouvelle-Scène Gilles Desjardins (NSGD), Copeaux, une création du Théâtre du Dehors, est un regard poétique sur l’effritement d’une relation amoureuse.

Au début, il y avait Mishka Lavigne, Éric Péron, de l’art visuel et deux corps : ceux de Frédérique Thérien et de Marc-André Charette. Puis, des explorations qui s’en sont suivies a jailli un texte et un spectacle : Copeaux

Copeaux est une pièce sur l’amour qui se désagrège petit à petit et qui ne résiste pas au passage du temps, explique Mishka Lavigne, autrice du texte. « C’est une histoire sur la fin de l’amour », précise-t-elle. 

Elle ajoute que les personnages sur scène sont des archétypes. Elle souhaite mettre en scène un modèle de relation universelle : « c’est un homme et une femme, mais ça pourrait être deux femmes ou deux hommes et de n’importe quelle tranche d’âge ». 

Naissance d’un texte

Le projet a débuté en 2015 et le processus s’est échelonné sur cinq années. « C’est la première fois que je faisais un projet de longue haleine comme ça. Pis, c’est trippant pour un metteur en scène de voir son projet évoluer d’année en année », confie Perron.

Lavigne explique qu’ils ont eu environ un an de laboratoire de travail physique avec les comédien.ne.s, avant que celle-ci se mette à écrire. Copeaux s’est ainsi construit grâce à une écriture de plateau. Perron et Lavigne ont créé cet univers ensemble. « On a fait de nombreux laboratoires et on a dû apprendre à tou.te.s travailler et à créer ensemble », décrit Perron.

Avant le texte, Lavigne partage que l’équipe de création « était vraiment dans un univers de danse et dans un travail de mouvements et de corps ».

« Ça a été un énorme travail d’épuration au niveau du texte », confie Lavigne. Elle a travaillé à préciser la langue et les mots qui allaient être dits par les comédien.ne.s afin de travailler le non-dit. L’autrice, de cette façon, souhaitait trouver des mots efficaces pour laisser une grande place à la mise en scène. 

Pour la conception de l’univers et du visuel, le metteur en scène se serait d’abord inspiré des oeuvres de  l’artiste canadien Stefan Thompson. « Elles sont vraiment venues nous chercher par leur propos, mais aussi par leurs formes. Cet univers peuplé de créatures, nous a interpellé », informe Perron.

Ce qu’il reste après 

Les artistes avouent qu’il est difficile d’avoir un regard critique sur le spectacle. « C’est qu’on a le nez dedans », souligne Lavigne.

« On a fait des longues journées ces dernières semaines, enfermé.e.s dans le noir à répéter et à fignoler », ajoute Perron. Celui-ci explique que c’est plutôt dans le prochain mois, à tête reposée, qu’il pourra commencer à avoir du recul sur son travail. 

Lavigne confie qu’avec Copeaux, elle a voulu que son texte se termine sur une note d’espoir et de beau. Elle sait que « ce n’est pas nécessairement un sujet facile ». Lorsque l’amour a été aussi fort, comme entre les deux personnages de la pièce, « il reste quelque chose. Tout ne disparaît pas, il reste une partie de ce qu’ils ont construit ensemble », décrit l’autrice.

Copeaux aborde le flou des relations humaines tout en déployant le corps des interprètes dans une scénographie atypique. Pour assister cette création du Théâtre du Dehors, celle-ci a lieu tous les soirs, à 19 h 30, à la NSGD, jusqu’au samedi 14 mars.

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