
De Gee-Gee aux Jeux paralympiques de Milan-Cortina 2026 : Emma Archibald se démarque dès sa première participation
Crédit visuel : Courtoisie
Entrevue rédigée par Lê Vu Hai Huong — Journaliste
De Gee-Gee à paralympienne, Emma Archibald a décroché la sixième place au 10 kilomètres en ski de fond, lors de ses premiers Jeux paralympiques d’hiver, tenus à Milan-Cortina, du 6 au 15 mars. Cette performance figure parmi les meilleures de sa carrière, six ans après ses débuts en ski de fond. De retour au Canada, elle se confie à La Rotonde.

La Rotonde (LR) : En repensant à votre parcours jusqu’à présent, quel moment a été le plus marquant ou le plus mémorable pour vous en tant qu’athlète ?
Emma Archibald (EA) : Regarder mes coéquipier.ère.s participer à la première course de biathlon de ces Jeux paralympiques m’a rendue tellement fière et émotive ! Ensuite, lors de ma propre première course, j’ai décidé de canaliser ces mêmes émotions vers moi-même plutôt que de laisser le stress et la nervosité prendre le dessus. Le travail avait déjà été fait : ce moment marquait l’occasion de me concentrer pleinement et de profiter de l’instant en donnant le meilleur de moi-même.

LR : Comment le fait de faire partie de l’équipe de ski nordique des Gee-Gees a-t-il influencé votre développement en tant qu’athlète ?
EA : Faire partie de l’équipe de ski nordique des Gee-Gees a eu un énorme impact sur mon développement en tant qu’athlète. M’entraîner presque tous les jours avec des coéquipier.ère.s qui jonglent eux.elles aussi avec les études crée un environnement où l’équilibre entre études et sport devient à la fois normal et atteignable.
Ça me pousse à rester disciplinée, tout en m’offrant un incroyable réseau de soutien : des personnes qui comprennent vraiment ce que signifie poursuivre de grands objectifs tout en gérant les études.
La culture de l’équipe m’a permis de grandir autant physiquement que mentalement. Au cours des cinq dernières années, mon entraîneuse, Sheila, a joué un rôle majeur dans mon développement, en m’aidant à bâtir ma confiance, ma technique, ma constance et ma vision à long terme. Faire partie de ce programme m’a montré que je n’ai pas à choisir entre être étudiante et athlète d’élite — je peux être les deux, et même progresser grâce à cet équilibre.
LR : Comment vos ami.e.s, vos camarades de classe et vos coéquipier.ère.s à l’Université d’Ottawa (U d’O) vous ont-ils.elles soutenue dans votre parcours aux Jeux paralympiques ?
EA : Mes ami.e.s, camarades de classe et coéquipier.ère.s à l’U d’O ont joué un rôle énorme dans mon parcours paralympique ! Mes ami.e.s en sciences infirmières ont été d’excellent.e.s partenaires d’étude : on s’entraide pour suivre les échéances, les travaux et les pratiques en laboratoire. Ce sentiment de responsabilité partagée fait toute la différence.
Le fait de savoir que je ne suis pas seule m’aide énormément, surtout pendant les périodes plus chargées ou stressantes.
Mes coéquipier.ère.s des Gee-Gees ont aussi été incroyables, autant comme partenaires d’entraînement que comme ami.e.s ! Leur encouragement, leur énergie positive, leur passion pour le sport et leur confiance en moi m’ont aidée à rester motivée et ancrée tout au long de mon parcours paralympique. La présence d’une communauté aussi forte à l’U d’O rend l’équilibre entre sport et études à la fois possible et enrichissant.
LR : Vous êtes étudiante en cinquième année en sciences infirmières à l’Université d’Ottawa (U d’O) tout en vous entraînant avec l’équipe de ski nordique des Gee-Gees. Comment arrivez-vous à concilier les exigences des études et du sport de haut niveau ?
EA : Concilier les études en sciences infirmières avec un entraînement de haut niveau m’a demandé beaucoup de réflexion personnelle et d’honnêteté envers moi-même. J’ai dû apprendre à être réaliste quant à ce que je pouvais gérer, et une fois que j’ai compris que l’université et le ski étaient deux passions que je voulais faire coexister, j’ai su que je devais faire des ajustements.
Je suis passée à des études à temps partiel et j’ai fait en sorte de bâtir des relations solides avec mes professeur.e.s à l’U d’O. La communication ouverte a été essentielle : rester à jour dans mes travaux et mes stages, tout en signalant rapidement lorsque quelque chose ne fonctionnait pas.
M’entraîner avec les Gee-Gees de l’U d’O m’a appris à m’adapter, à planifier et à gérer mon temps efficacement. Travailler en étroite collaboration avec les professeur.e.s m’a vraiment aidée à réussir autant dans mes études que dans le sport. Même lorsque la situation devenait exigeante, une structure adaptée me permettait de faire évoluer mes deux passions en parallèle.
LR : En tant que paralympienne et étudiante, quel message aimeriez-vous partager aux étudiant.e.s de l’Université d’Ottawa (U d’O) qui veulent poursuivre de grands objectifs tout en étudiant ?
EA : Tu n’as pas besoin de suivre un parcours traditionnel pour atteindre tes objectifs. Il demeure tout à fait normal que ton chemin soit différent, tant qu’il correspond à ce qui est important pour toi.
Concilier les études et le sport de haut niveau m’a appris que le progrès ne consiste pas à tout faire parfaitement, mais à rester engagée et adaptable. Il y aura des moments difficiles ou des doutes, mais cela ne signifie pas que tu es sur la mauvaise voie.
Fais confiance à tes objectifs, sois prête à t’ajuster et n’aie pas peur de faire les choses à ta façon. Tu peux viser grand tout en étant étudiante — et ces deux identités peuvent même se renforcer mutuellement !
