
De l’université au marché du travail : les défis des étudiant.e.s finissant.e.s de l’U d’O
Chaque année, des milliers d’étudiant.e.s quittent l’Université d’Ottawa (U d’O) avec un diplôme en main, mais avec une question centrale en tête : comment s’insérer dans un marché du travail en constante mutation ? En 2025, ce sont plus de 11 300 diplômé.e.s qui ont franchi cette étape décisive. Malgré les efforts déployés par l’université pour les accompagner, cette transition reste marquée par des enjeux importants liés à l’accès au marché de l’emploi.
Article rédigé par Michelet Joseph — Chef du pupitre Actualités
Crédit visuel : Élodie Ah-Wong – Directrice artistique
Un encadrement méthodique dès le début des études
À l’Université d’Ottawa (U d’O), l’accompagnement vers l’emploi ne se limite pas à la fin des études, mais commence bien avant. Le Coin Carrière offre une approche globale qui combine le développement de compétences, des expériences pratiques et une préparation stratégique à l’emploi. Selon Christian Tremblay, directeur associé et responsable des services de carrière et de l’engagement communautaire à l’U d’O, « Il y a plusieurs façons d’accompagner les étudiant.e.s […] avec des occasions d’apprentissage expérientiel […] et un accompagnement à la carrière. »
Le Programme Coop, le Régime travail-études et diverses formes d’apprentissage expérientiel font partie des services essentiels. Cette approche permet aux étudiant.e.s de développer des compétences concrètes qui leur seront utiles dès leur entrée sur le marché du travail.
Le Coin carrière offre également des modules de formation accessibles en ligne via le programme Horizon, couvrant des thématiques variées comme la rédaction de CV, l’exploration de carrière ou encore l’utilisation de LinkedIn. Les étudiant.e.s peuvent compléter ces modules à leur rythme, tout en bénéficiant d’un accompagnement personnalisé à travers des rencontres individuelles ou des consultations rapides. Tremblay précise également que ces espaces visent à « offrir des services de carrière aux étudiant.e.s, des occasions d’engagement communautaire et aussi des services d’employabilité ».
De plus, des ateliers sont organisés tout au long de l’année, souvent en collaboration avec des facultés, des associations étudiantes ou des partenaires. La Semaine de la carrière constitue un événement clé, offrant plus de 30 activités, y compris une foire d’emploi accueillant environ 80 employeurs et 1500 étudiant.e.s. Des activités pratiques, telles que des simulations de réseautage, des ateliers sur LinkedIn et des conférences sur les tendances du marché, viennent compléter cette offre.
Un accompagnement ciblé : le cas de l’École de gestion Telfer
L’École de gestion Telfer offre un service d’accompagnement plus axé sur les besoins spécifiques du milieu des affaires. Selon Doug Spencer, gestionnaire de développement des affaires et des opérations au Centre des carrières, ce service, qui existe depuis plus de 20 ans, vise à établir des connexions entre les étudiant.e.s et les employeurs. Cette approche permet de proposer des activités adaptées aux attentes du marché du travail actuel.
Il souligne qu’« on peut offrir plus de services personnalisés […] avec un lien plus concret entre les entreprises et […] le développement de carrière ». Ainsi, les étudiant.e.s bénéficient d’un encadrement sur mesure pour leur domaine, comprenant des ateliers spécialisés, des simulations d’entrevues et des événements de réseautage.
La gamme de services comprend des consultations individuelles, des évaluations de curriculum vitae, des exercices de simulation d’entrevue et un accès à la plateforme Destination Carrière, qui regroupe les offres d’emploi et les ressources. Spencer ajoute : « On offre, par exemple, […] des critiques de CV, des simulations d’entrevues […] des ateliers animés par les entreprises. » Des outils pratiques comme des gabarits et des guides sont également mis à disposition pour améliorer la qualité des candidatures.
Enfin, Telfer se distingue par ses nombreuses interactions avec le milieu des affaires, notamment grâce à des salons de l’emploi, à des ateliers animés par des employeurs et à des événements de réseautage ciblés. Comme il le rappelle : « Pour nous, c’est vraiment important […] qu’ils aient la chance d’interagir avec l’industrie. » Bien que ces services soient réservés aux étudiant.e.s de la faculté, certaines initiatives restent ouvertes à l’ensemble de l’université grâce à une collaboration avec le Coin carrière.
Des défis persistants, malgré un encadrement solide
Malgré la richesse des services offerts, les étudiant.e.s finissant.e.s font face à plusieurs obstacles. Le premier est l’accès à une première expérience professionnelle. Dans un marché où le taux de chômage des jeunes demeure élevé, les employeurs ont tendance à privilégier les profils expérimentés, selon Tremblay. Cette situation rend plus difficile l’entrée sur le marché du travail.
Un autre défi crucial est la capacité des étudiant.e.s à identifier et à mettre en valeur leurs compétences. Selon Tremblay, de nombreux.ses diplômé.e.s ont des difficultés à transformer leurs connaissances en compétences tangibles, mettant l’accent sur la nécessité de passer « d’un état d’esprit de connaissances vers des compétences ». Cette idée trouve écho chez Spencer, qui souligne l’importance des compétences transférables telles que la communication, la gestion du temps et la réflexion critique.
L’utilisation croissante de l’intelligence artificielle dans le processus de recrutement complique davantage ce dernier. Les étudiant.e.s doivent désormais apprendre à naviguer dans des processus automatisés, souvent perçus comme déshumanisants.
En réponse à ces obstacles, Tremblay et Spencer mettent l’accent sur l’importance d’une attitude proactive. Selon Tremblay, « Le mot d’ordre, c’est d’être actif. » Il est crucial de s’engager dans des activités, d’élargir son expérience et de renforcer son réseau. Le mentorat, par l’intermédiaire d’initiatives telles que Ten Thousand Coffees, offre également des occasions concrètes de rencontres avec des expert.e.s.
Par conséquent, pour que les étudiant.e.s de l’U d’O réussissent leur transition vers la vie active, il s’avère essentiel qu’iels s’approprient les ressources offertes par l’université. Entre l’accompagnement institutionnel et l’engagement personnel, l’insertion professionnelle devient un processus actif, où chaque initiative peut faire la différence.
