
Deux initiatives étudiantes en prévention de la santé récompensées à l’Université d’Ottawa
Crédit visuel : Élodie Ah-Wong— Directrice artistique
Article rédigé par Michelet Joseph — Chef du pupitre Actualités
Knight pulse, projet porté par l’équipe Silent Sentinel se concentre sur la surveillance cardiovasculaire nocturne et PocketLab Testing vise à faciliter les tests de dépistage des carences en micronutriments à domicile. Ces deux projets se sont distingués lors de la dernière édition de la session automne 2025, du Concours de pitch entrepreneurial organisé par le Centre de génie entrepreneurial et de conception (CGEC) de l’Université d’Ottawa.
Prévenir les maladies cardiovasculaires pendant le sommeil
Derrière l’équipe de Silent Sentinel se trouve Pavithra Raj Mohan, étudiante en génie biomédical à l’Université d’Ottawa (U d’O). Son projet est né du constat que certaines maladies cardiovasculaires peuvent évoluer sans symptômes apparents jusqu’à atteindre un stade critique. « Silent Sentinel est une équipe indépendante des étudiant.e.s en génie biomédical que j’ai fondée afin de développer des technologies favorisant la détection précoce de maladies dites silencieuses », explique Raj Mohan.
Le cœur de ce projet, nommé Knight Pulse, se focalise sur la pression artérielle nocturne, un indicateur souvent ignoré dans la prise en charge médicale traditionnelle selon la créatrice du projet. « La pression artérielle nocturne est l’un des plus puissants prédicteurs d’AVC et de maladies cardiovasculaires. De nombreuses anomalies passent inaperçues lorsque seules les mesures diurnes sont prises en compte », insiste-t-elle.
Pour y répondre, Knight Pulse propose une surveillance discrète durant le sommeil, reposant sur des électrodes d’électrocardiogramme (ECG) intégrées à un pyjama, un bracelet porté au poignet ainsi qu’un capteur installé sous le matelas. Les données recueillies seraient ensuite analysées par un algorithme d’intelligence artificielle. « Contrairement aux tensiomètres traditionnels à brassard, souvent inconfortables, notre approche mise sur une surveillance passive et sur le confort des utilisateur.rice.s à domicile », explique Raj Mohan.

Toujours à l’étape de la conception préliminaire, le projet mise avant tout sur la prévention. « L’objectif est d’identifier les risques en amont, plutôt que d’intervenir une fois la maladie à un stade avancé », résume-t-elle. Elle souligne toutefois que la commercialisation passera par plusieurs phases, notamment le prototypage, les essais et la validation clinique.
PocketLab Testing : vers une démocratisation du suivi des carences nutritionnelles
De son côté, PocketLab Testing s’attaque à un autre enjeu de santé publique : les carences en micronutriments. Porté par une équipe étudiante de l’U d’O, le projet est mené par les cofondateur.rice.s Rawan Sakalla et Saif-Dine Sahbani. Leur ambition est de favoriser la détection précoce et le suivi de ces carences, notamment au sein des communautés mal desservies. « Les carences en micronutriments sont fréquentes au Canada, mais demeurent insuffisamment surveillées », rappellent-ils.
L’équipe souligne que des nutriments comme le fer ou la vitamine D jouent un rôle clé dans les fonctions cognitives, immunitaires et physiques. Pourtant, leur prévention et leur suivi restent limités par l’accès restreint aux soins primaires. Selon des données nationales récentes citées par les cofondateur.rice.s, près de 17 % des Canadien.ne.s n’ont pas de prestataire de soins régulier.ère, ce qui freine considérablement les démarches préventives.
Pour tenter d’y remédier, PocketLab Testing développe une solution de dépistage intelligente et réutilisable, accompagnée d’une application numérique appuyée par l’intelligence artificielle. Les résultats pourraient être interprétés et suivis dans le temps, facilitant un usage à domicile. « Notre objectif est de proposer un outil abordable et accessible d’aide au dépistage et au suivi, permettant de repérer plus tôt certaines tendances préoccupantes. Toutefois, cette solution ne remplace ni les analyses en laboratoire ni l’expertise médicale », précise l’équipe.
Le projet se distingue par son approche axée sur le suivi continu plutôt que sur des résultats ponctuels. « Nous voulons outiller les utilisateur.rice.s afin qu’ils et elles arrivent aux consultations cliniques mieux informé.e.s et plus proactif.ve.s », indiquent les fondateur.rice.s. Cette démarche vise particulièrement les jeunes adultes et les personnes présentant un risque accru de carence en fer.
Actuellement en phase préclinique, PocketLab Testing bénéficie du soutien de plusieurs universités et de professionnel.le.s de la santé. « Nous souhaitons réduire les inégalités en santé et combler certaines lacunes du système public », concluent les fondateur.rice.s, convaincu.e.s que la prévention peut alléger à la fois le fardeau des patient.e.s et celui du système de soins.
À propos du concours
Chaque année, le Concours de pitch entrepreneurial en génie, organisé par le CGEC de l’U d’O dans le cadre de la Journée du design, offre aux étudiant.e.s l’occasion de présenter leurs idées ou concepts d’entreprises technologiques devant un jury. Deux catégories sont proposées : « Idée », destinée aux projets en cours de développement, et « Concept », réservée aux initiatives plus avancées.

Les équipes gagnantes peuvent recevoir des prix allant jusqu’à 1 500 $, en plus d’un accompagnement visant à faire évoluer leur projet. L’événement favorise le réseautage, permet de bénéficier de retours d’expert.e.s et met en valeur les réalisations étudiantes en ingénierie par l’entremise d’une exposition publique de prototypes et d’applications numériques.
