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Élections générale du SÉUO : La démocratie à l’épreuve du bilinguisme

Crédit visuel : Élodie Ah-Wong— Directrice artistique

Article rédigé par Lê Vu Hai Huong — Journaliste

Le campus de l’Université d’Ottawa traverse une période électorale au Syndicat étudiant (SÉUO), marquée par une vacance au poste de commissaire aux affaires francophones. Les élections générales se trouvent cette année teintées par des critiques sur le processus d’évaluation linguistique de l’Institut des langues officielles et du bilinguisme (ILOB).

Polémique autour du test du bilinguisme

Benjamin Dennie était candidat au poste de commissaire aux affaires francophones avant qu’une disqualification liée au test du bilinguisme le frappe. « Évidemment, j’étais quand même surpris par la décision. J’étais quand même déçu », soupire-t-il.

De son côté, Ben Cameron, le directeur général des élections (DGE) du SÉUO, confirme que le Bureau a publié officiellement les avis de disqualification le 26 février 2026. Cameron précise que le Bureau a initialement écarté quatre candidat.e.s pour n’avoir pas fourni de preuves suffisantes de bilinguisme, dont Benjamin Dennie, Norah Bello, Carly Huber et Evan Macaulay.

« C’est tout simplement déplorable », s’indigne Macaulay, candidat au poste de commissaire à la vie étudiante.

« Je suis assez fâché de ne pas avoir pu donner le meilleur de moi-même lors de ce test de français en raison de problèmes techniques », explique McCauley. Il raconte que le test s’est déroulé dans un laboratoire informatique avec du matériel qu’il juge totalement « désuet ». 

Macaulay note des retards dans la réponse du système informatique, ce qui oblige les étudiants à attendre avant de voir apparaître les mots qu’ils viennent de saisir. Il ajoute que la qualité audio des enregistrements était mauvaise, rendant la compréhension difficile. 

Dennie partage ce sentiment de frustration, mentionnant qu’il s’est vu obligé de passer un test d’anglais malgré son parcours de Franco-Ontarien ayant grandi dans une communauté anglophone.

L’équité est au cœur des échanges 

Dennie déplore le manque de transparence, affirmant que le bureau électoral refuse de divulguer les grilles de correction détaillées. Cameron répond que les grilles sont considérées comme privées, mais qu’il est prêt à les partager individuellement avec les candidats concernés.

Dennie critique l’application irrégulière des règles, ce qui remet en question la validité du processus. Il dénonce une incohérence : il se retrouve exclu d’une course pour un poste destiné à défendre les francophones parce qu’on l’a jugé insuffisamment bilingue en anglais.

Le processus d’appel a d’ailleurs créé une division parmi les candidat.e.s disqualifié.e.s. Cameron note que la Commission d’appel a autorisé le 1er mars Carly Huber, Norah Bello et Evan Macaulay à figurer provisoirement sur le bulletin de vote après avoir entendu leurs arguments relatifs aux problèmes techniques. 

Après cette annonce, Cameron a exprimé son mécontentement suite sur la décision du comité d’appel de réintégrer ces candidats.

" la décision était de mon avis assez absurde et pas basé sur nos politiques. "

- Ben Cameron-

Dennie souligne qu’il est le seul candidat dont l’appel n’a pas obtenu une réponse favorable. En réponse, Cameron explique que Dennie n’avait pas initialement contesté la validité technique du test de la même manière que ses pairs. 

Pour Dennie, les accommodements accordés à certains et pas à d’autres, transforment un processus administratif en un outil d’exclusion. Il promet de  porter désormais son cas devant l’Ombudsman pour dénoncer une prétendue discrimination linguistique.

Bilinguisme ou exclusion ?

Dennie qui s’inquiète du fait que le poste demeure vacant, exhorte les étudiant.e.s à s’impliquer, car, selon lui, la représentation francophone ne devrait jamais se restreindre aux normes censées protéger le bilinguisme. Il estime que le bilinguisme devrait servir à l’inclusion et non s’ériger en obstacle à la participation démocratique.

Macaulay espère que les difficultés rencontrées cette année mèneront à des réformes structurelles majeures du Code électoral dès l’été prochain. Il encourage ses pairs à rester attentifs aux discussions qui auront lieu lors de l’Assemblée générale annuelle du 12 mars. 

Dennie réaffirme son engagement  pour la francophonie, peu importe l’issue de son appel, car la défense des droits linguistiques est une question de gouvernance fondamentale, insiste-t-il. « C’est vraiment un peu difficile de continuer mon parcours avec la conclusion que le processus électoral ne me considère pas assez bilingue, surtout pour un poste d’affaires francophones », dénonce -t-il dans sa déclaration.

Il invite tous les membres du SÉUO à voter pour s’assurer que leurs perspectives soient représentées à la table de décision. Ben Cameron rappelle que la période de vote s’étend du lundi 02 au vendredi 06 mars  à 18 h. 

Pendant ce temps, le débat électoral entre les candidat.e.s de la présidence, de la vie étudiante et des opérations, a eu lieu ce lundi à 19h au pavillon Simard. Une tradition, organisée par le SÉUO, The Fulcrum et La Rotonde, depuis 2023.

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