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Enseigner la diversité sexuelle et de genre en français

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Par : Stéphanie Bacher – Journaliste

En janvier prochain, Alexandre Baril commencera à enseigner à l’École de service social à l’Université d’Ottawa (U d’O) et deviendra ainsi la première personne transgenre francophone dans l’histoire canadienne spécialiste des études transgenres à être embauchée comme professeur pour enseigner la diversité sexuelle et de genre en français. La Rotonde s’est entretenue avec lui pour en savoir davantage sur l’inclusion des personnes transgenres dans le milieu académique.  

La Rotonde : Pourquoi avoir choisi l’École de service social de l’U d’O?

Alexandre Baril : À vrai dire, depuis mon arrivée à l’U d’O en 2010, j’ai toujours trouvé que c’était l’université, de toutes les universités où j’aurais pu travailler dans le monde, dans laquelle je voulais travailler. J’aime beaucoup son caractère bilingue. Je suis francophone, c’est ma langue première, mais en même temps je qualifie souvent mon travail de passeur entre les communautés anglophones et francophones. Et puis, le poste était en quelque sorte parfait pour moi. Ils définissaient la diversité avec quatre champs possibles de spécialisation, et je répondais à trois (y en a 4 là) des champs qui étaient la question de la race, de la diversité sexuelle, de genre et du handicap. En plus, ils demandaient d’avoir un intérêt particulier pour les communautés francophones en situation minoritaire.

LR : Est-ce que vous avez l’impression l’U d’O prend en compte la diversité dans sa politique d’embauche ?

AB : Certainement, l’École de service social a été très novatrice et très proactive pour embaucher quelqu’un de la diversité dans mon cas et dans d’autres cas. Je m’identifie à la fois comme personne handicapée et comme personne trans et donc mon parcours à ce niveau-là fait de moi une personne dans les groupes minoritaires. Et c’est la première université et le premier département dans toute l’histoire canadienne qui a décidé d’afficher un poste en français sur la diversité sexuelle et de genre et d’embaucher une personne trans. Donc sans conteste, il y a un engagement réel. Cela étant dit, je dirais que de manière plus générale, l’Université a beaucoup de devoirs à faire. Dans la plupart, sinon presque tous les affichages de postes, ils [les administrateurs] disent qu’ils prennent en compte les lois sur l’équité en emploi au Canada et les formulaires d’auto-identification [pour identifier les groupes minoritaires] ne sont pas envoyés.

LR : Pensez-vous qu’il y a d’autres mesures à prendre pour favoriser l’inclusion des personnes transgenres dans le monde académique ?

AB : Je pense qu’il y a plein de travail à faire en amont, c’est-à-dire au niveau social et culturel, pour qu’on diminue ou qu’on cesse les formes de discrimination et de violence que vivent les personnes trans dans les milieux scolaires. Ensuite, les universités peuvent développer des comités pour voir comment mieux inclure la diversité, faire des formations au niveau des ressources humaines et des professeurs. Tout ça, c’est le type de pratiques qu’on pourrait changer s’il y avait une culture institutionnelle d’acceptation et d’accueil par rapport à la diversité de genre. Et ça, on n’en a pas à l’Université d’Ottawa.

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