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Entre défis et responsabilité, François Hastir aux commandes de Réseau.Presse

Crédit visuel : Courtoisie

Entrevue rédigée par Michelet Joseph — Chef du pupitre Actualités

François Hastir a pris officiellement les rênes de Réseau.Presse le 23 février dernier, à un moment charnière pour les médias francophones en situation minoritaire. Entre crise des revenus, virage numérique et bouleversements liés à l’intelligence artificielle, la célébration du 50e anniversaire du réseau cette année ainsi que la fin du plan stratégique en vigueur constituent des défis majeurs. À La Rotonde, il expose sa vision pour renforcer la vitalité des médias écrits francophones au Canada, renforcer leur rôle démocratique et mobiliser la relève, notamment à travers les médias étudiants.

La Rotonde (LR) : Qu’est-ce qui vous a motivé à postuler à ce poste ?

François Hastir (FH) : Mon parcours m’a amené à travailler pour les communautés francophones en situation minoritaire, pour lesquelles j’ai développé un profond intérêt. Ce poste m’a interpellé, car je pense que les médias, et particulièrement la presse écrite, jouent un rôle clé dans la vitalité et la pérennité de ces communautés. Ils influencent la culture, l’éducation, la démocratie et le développement territorial. Permettre aux gens de rester dans leur localité tout en ayant accès à une information pertinente me paraît fondamental. Travailler pour Réseau.Presse s’inscrit donc dans cette continuité.

LR : Quels sont vos objectifs en tant que nouveau directeur général de Réseau.Presse ?

FH : Réseau.Presse propose plusieurs services à ses membres, tels que la formation, la représentation politique et des services groupés liés au contenu journalistique. Les membres peuvent également reprendre le contenu de Franco-Presse. Nous devons continuer à renforcer et à développer ces leviers. 

La représentation politique demeurera prioritaire, car le monde des médias évolue rapidement et traverse une baisse importante des revenus. Les revenus publicitaires des médias écrits ont diminué de 26 % entre 2022 et 2024, et la situation fragilise encore davantage les médias locaux et francophones. Le nombre réduit d’annonceurs et d’autres acheteurs de publicité restreint considérablement le bassin de financement. 

Réseau.Presse doit ainsi s’affirmer comme vecteur de développement et de vitalité auprès du gouvernement. Nous devons intervenir sur les plans culturel, éducatif et démocratique, contribuer à la lutte contre la désinformation et défendre l’occupation du territoire. L’objectif demeure clair : obtenir des mesures concrètes pour garantir aux médias les ressources nécessaires à la poursuite de leur mission. Je veux que ce soit une priorité pour l’organisation.

LR : Quels sont les plus grands défis liés à votre nouveau rôle ?

FH : La perte de revenus chez nos membres représente un enjeu pressant pour nous qui les représentons. Les nouvelles technologies numériques, notamment l’intelligence artificielle, bouleversent le monde des médias. Elles soulèvent des défis, mais ouvrent aussi des perspectives intéressantes en matière de ciblage du lectorat et de découvrabilité des contenus. Si nous pouvons les saisir stratégiquement, ces transformations peuvent devenir des opportunités. 

Un autre défi consistera à célébrer le 50e anniversaire de Réseau.Presse. Les célébrations, amorcées cette année, culmineront au congrès de 2027. C’est une occasion de montrer l’évolution et l’importance des médias francophones locaux écrits au Canada et de mettre en lumière la façon dont les membres ont su s’adapter aux changements des 50 dernières années. 

LR : Quelles actions comptez-vous poser dès le départ ?

FH : Bien sûr, un changement entraîne des ajustements dans les actions et les méthodes. Nous devrons renforcer nos liens avec la communauté, notamment avec le consortium des médias en situation minoritaire et la Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada, tout en multipliant les échanges avec nos membres. Offrir des services adaptés à leurs besoins et intensifier le travail de sensibilisation auprès du gouvernement figurent parmi nos priorités immédiates. La diversification des revenus fera également partie des axes stratégiques centraux. Ces enjeux sont étroitement liés.

LR : Quel rôle les médias étudiants francophones, tels que La Rotonde, peuvent-ils jouer dans le réseau et l’écosystème des médias francophones canadiens ?

FH : Les médias étudiants francophones jouent trois rôles essentiels : la vitalité linguistique sur le campus, l’accès à l’information en français, particulièrement dans  les campus bilingues, et la formation de la relève journalistique. Je pense qu’une synergie accrue avec les autres médias permettrait d’attirer, d’intégrer et de retenir cette relève. Les journaux étudiants permettent de couvrir l’actualité liée à l’accès à l’éducation et peuvent alimenter d’autres médias sur son importance ainsi que les enjeux vécus par les étudiant.e.s. Une collaboration structurée avec ces acteurs renforcerait l’ensemble du réseau. 

LR : Comment envisagez-vous le rôle de la jeunesse dans l’avenir du journalisme francophone au Canada ? 

FH : Je pense que c’est un avenir pertinent. Les statistiques montrent que 88 % des Canadien.ne.s continuent de consulter les médias, y compris la presse écrite francophone. Le rôle de la presse dans le futur sera de servir de rempart contre la désinformation et de garantir l’accès à l’information locale. 

La jeunesse, pour sa part, peut s’impliquer activement en participant aux médias étudiants et communautaires, en contribuant au contenu et en soutenant ces plateformes. Son engagement façonnera la pérennité du journalisme francophone.

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