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Sports

La fin d’une ère pour Mélodie

Johan Savoy
5 avril 2020

Crédit visuel : Greg Mason

Par Fabrice Samedy – Contributeur

Le match du 22 février dernier contre l’Université McGill a été le dernier tour de piste de Mélodie Bouchard, qui a porté les couleurs des Gee-Gees lors des six dernières campagnes. La joueuse s’est entretenue avec La Rotonde afin de partager sa carrière et ses plans futurs.

Mélodie est une sportive dans l’âme. Depuis son enfance, elle a joué à la ringuette, au soccer et au hockey. Elle a commencé à pratiquer la ringuette, mais a changé son sport de prédilection pour le hockey, à l’âge de 10 ans. Le tout en s’inspirant de son grand frère, qui est l’un de ses modèles.

Parcours prolifique

Elle tire particulièrement une fierté d’avoir fait parti de l’équipe du gris et grenat, qui a récolté six victoires de suite, cette année, et d’avoir inscrit le but gagnant lors de la deuxième rencontre dans la série contre l’Université McGill, en 2017.

L’athlète de Sept-Îles se dit également honorée et fière de son exploit en franchissant le plateau des 100 points pour tout son parcours. « C’est un honneur de pouvoir faire partie des grand.e.s. Je vais pouvoir le dire à mes enfants ou ils pourront regarder et dire que c’est vrai », ajoute-t-elle. Elle considère toutefois que cet exploit aurait été impossible sans son équipe.

« J’ai connu une très belle carrière. Ce n’est pas comme si je n’étais pas satisfaite de ma carrière. Ma première année a été très bonne. […] Personne, vraiment, ne me connaissait. Je n’avais pas vraiment mon nom parmi le hockey universitaire ou peu importe, donc j’ai pu profiter de cette occasion pour faire ma marque », décrit Bouchard.

Deux horizons de vie

Celle-ci a hésité entre le soccer et le hockey. Elle se voyait aux Jeux olympiques dans les deux disciplines ; elle a cependant pris la direction du sport hivernal car elle entrevoyait un plus grand nombre d’opportunités. Des offres pour se joindre à des équipes du Québec et son temps avec les garçons semblent avoir fait basculer la balance pour Bouchard.

Après avoir quitté son coin de pays, à l’âge de 14 ans, pour se joindre aux rangs midget 2A, dans une ligue féminine, elle s’est jointe au Cégep Édouard-Montpetit, à Longueuil. C’est lors de son passage dans cet établissement qu’elle a rencontré l’ancien entraîneur-chef de son équipe actuelle, Yanick Evola.

Elle s’est alors jointe au rang des Gee-Gees, lors de la saison 2015-2016, après avoir reçu un appel de Yanick. L’option de pouvoir étudier en français a eu un poids dans la décision. « Je ne regrette pas ma décision et si c’était à refaire, je la referais. Je ferais la même chose, je prendrais Ottawa. J’ai vécu six belles années. Je ne le regrette pas et je remercie tellement Yanick de m’avoir donné cette opportunité parce que c’est grâce à lui que je suis ici », confie la joueuse.

Amitiés précieuses

L’une des raisons pour lesquelles Bouchard ne regrette pas d’avoir joint les rangs des Gee-Gees sont les amitiés construites lors de son parcours. Au début de sa carrière universitaire, Mélodie se concentrait à être une fille d’équipe et à pousser ses coéquipières au dépassement.

Plus sa carrière avançait, plus elle se fixait des objectifs personnels, dont être moins sévère envers elle-même et montrer l’exemple aux recrues.

Pour la jeune canadienne, Evola a été un repère tout au long de sa carrière de joueuse et elle le considérait comme un deuxième père. Les deux se poussaient mutuellement à exceller dans leurs positions. Il a donc été difficile pour Mélodie de perdre Yanick, lorsqu’il a quitté ses fonctions et l’équipe, au début de la dernière saison, mais elle a dû s’adapter au nouvel entraîneur pour le bien de l’équipe.

Une enfance formatrice

Encore aujourd’hui, elle se souvient du temps où elle jouait avec son grand frère et ses ami.e.s dans les rues de Sept-Îles. Le frère et la soeur ont développé un sens de la compétition féroce. Celle-ci affirme que son frère ne l’a jamais laissé gagner, une partie en raison de leur différence d’âge.

Celle qui a porté le numéro 20 du gris et grenat, de la dernière saison, affirme que son sens de la compétition l’a beaucoup aidée lors de sa carrière sportive. « Je pense que c’est l’une de mes forces en tant qu’athlète. Je suis vraiment compétitive, j’aime gagner. Je vais faire tout ce que je peux pour qu’on gagne. C’est sûr que cela m’a aidé tout au long de ma carrière, ça a forgé mon caractère », selon Bouchard.

La jeune femme a aussi la chance de développer son caractère avec les garçons dans les rangs pee-wee 2B, bantam 2B et midget espoirs. Elle a ensuite décidé de concentrer ses efforts avec les ligues féminines. Selon elle, elle faisait partie des « boys ».

Reconnue par sa ville natale

Ses exploits sportifs ont résonné jusqu’à Sept-Îles où elle a reçu une cérémonie en son honneur. « Je pense que ça va avoir une grosse influence dans ma ville natale, pour les petites filles qui jouent au hockey, pour les générations futures. On est deux filles de Sept-Îles, Anne-Sophie Bettez et moi. Je pense que ça montre qu’on est peut-être loin […], mais qu’on peut y arriver », partage la joueuse.

L’originaire de Sept-Îles dit avoir tiré une certaine fierté d’être reconnue comme un modèle pour les plus jeunes comme Anne-Sophie Bettez l’a été pour elle, mais elle assure n’avoir jamais ressenti une pression particulière.

Sa carrière universitaire maintenant terminée, Mélodie se concentre sur son emploi à la Ville de Gatineau. Elle est encore pas certaine de savoir si elle va continuer son parcours sportif au niveau professionnel, mais elle croit que l’heure d’accrocher ses patins a peut-être sonné.

Mélodie souligne avoir quitté cette partie de sa vie la tête haute, malgré qu’elle aurait aimé en faire un peu plus. Le sport a  définitivement eu des changements positifs sur la personne et l’athlète qu’elle est.  

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