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Arts et culture

La Guerre des tuques : un héritage culturel qui prend vie sur le campus

Crédit visuel : Jurgen Hoth – photojournaliste

Article rédigé par Bianca Raymond Cheffe du pupitre Arts et culture

Inspiré du film culte québécois La Guerre des tuques, un événement portant ce nom est organisé sur le campus de l’Université d’Ottawa (U d’O) dans une formule à la fois ludique et profondément symbolique. Bien plus qu’un simple concours de forts de neige, il illustre la manière dont une référence culturelle peut traverser les générations et se réinventer en expérience collective.

Du film culte à la mémoire collective

Sorti en 1984, La Guerre des tuques occupe une place importante dans l’imaginaire collectif francophone canadien. Le film raconte l’histoire de deux groupes d’enfants qui s’affrontent durant les vacances d’hiver dans une bataille de boules de neige d’une ampleur inattendue. Tandis que l’un défend son fort, l’autre tente de le conquérir. Ce jeu, d’abord innocent, prend progressivement une dimension qui met en lumière des dynamiques d’amitié, de rivalité et de solidarité.

En transposant ce concept sur le campus, six groupes se sont affrontés lors de cette édition. Chaque équipe devait concevoir, bâtir et défendre son fort pendant une durée de 24 heures. La version universitaire de La Guerre des tuques ne se contente pas de reproduire une activité ludique : elle réactualise une œuvre marquante et l’inscrit dans la réalité étudiante actuelle, lui conférant ainsi une nouvelle portée générationnelle renouvelée.

Selon Ève Tremblay, commissaire aux affaires francophones du Syndicat étudiant de l’Université d’Ottawa (SÉUO), cette référence agit comme un repère culturel partagé. Elle souligne que ce type d’événement permet de mobiliser une mémoire collective et de faire vivre des symboles francophones dans des contextes contemporains. Dans un environnement universitaire bilingue, ces initiatives contribuent à maintenir visibles les références culturelles du patrimoine québécois.

De l’écran au terrain

Pour Olivier Baril, commissaire adjoint à la vie étudiante du SÉUO et organisateur de l’événement, cette journée représentait « une excellente occasion de faire découvrir une partie du patrimoine francophone canadien à un public plus large ». Il précise avoir souhaité reconduire l’activité à la suite du succès de l’édition précédente, preuve d’un engouement réel au sein de la communauté étudiante.

De son côté, Samar Mohamed Ahmed, commissaire à la vie étudiante du SÉUO, explique que l’objectif est également de proposer des activités ancrées dans l’imaginaire hivernal et susceptibles de susciter l’enthousiasme des étudiant.e.s à y participer. Selon elle, il s’agit de « proposer des activités que les gens associent à l’hiver, pour rendre cette saison plus amusante ». En transformant la neige en véritable terrain de jeu, l’événement contribue à redéfinir l’hiver comme un moment de créativité et de rassemblement.

Au-delà de la compétition

Au-delà de la dimension symbolique, l’événement repose sur une collaboration étroite, tant entre les équipes participantes qu’au sein de chaque groupe. Pour Milton Aburto, capitaine de l’équipe Les Snow Barbies, la victoire de son équipe pour une deuxième année consécutive tient à cette cohésion. « Ce qui fait la force de notre équipe, ce n’est pas la stratégie, mais le lien d’amitié forgé par les rires partagés et le soutien sans faille », souligne-t-il. 

Selon lui, le simple fait de participer et de vivre l’expérience comptait bien davantage que l’idée de gagner. « Cet événement m’a montré que l’on peut accomplir des choses merveilleuses en collaborant avec ses pairs, non pas pour se surpasser individuellement, mais pour s’entraider et se mettre en valeur », ajoute-t-il.

Il met également en lumière la dynamique d’échange culturel et de valorisation de la diversité dans laquelle s’inscrit l’événement.

« En tant que Nicaraguayen, je suis heureux de participer à des événements qui mettent en valeur d'autres cultures et qui reconnaissent la richesse que nous pouvons apporter à notre communauté en nous enrichissant mutuellement de nos valeurs morales, linguistiques et culturelles. »

 Milton Aburto 

Une francophonie festive sur un campus bilingue

Dans un environnement universitaire bilingue, La Guerre des tuques prend également une dimension symbolique particulière. « Dans les événements bilingues, malheureusement, l’anglais tend souvent à prendre le dessus. Nous faisons toutefois des efforts pour encourager l’usage du français et pour que chacun.e se sente à l’aise de s’exprimer dans la langue de son choix », souligne Tremblay. 

Dans cette perspective, l’événement agit comme un espace où la culture francophone peut s’exprimer de manière festive et accessible. Il ne s’agit pas d’un cadre formel ou académique, mais d’un moment où la langue et les références culturelles circulent naturellement.

Vers une tradition durable

Organisée pour la première fois en 2003, La Guerre des tuques uottavienne a connu une longue pause avant de revenir officiellement en 2025. Cette année marque ainsi sa deuxième édition consécutive depuis son retour. Selon Baril, cette continuité est essentielle pour transformer l’événement en tradition durable sur le campus.

Il conclut d’ailleurs en lançant un message à la communauté étudiante : « Nous commençons déjà à semer les graines pour 2027, alors restez à l’affût ! »

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