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L’Arctique, un enjeu réel pour les étudiant.e.s de l’Université d’Ottawa

Crédit visuel : Davy Bambara –  Journaliste

Article rédigé par Davy Bambara – Journaliste

L’Université d’Ottawa a accueilli un symposium consacré aux enjeux arctiques, réunissant diplomates, experts et représentants des pays nordiques. L’événement tenu, le mercredi 28 janvier, en présence de la rectrice Marie-Ève Sylvestre, a mis en lumière les défis climatiques, géopolitiques et sécuritaires auxquels fait face l’Arctique, tout en soulignant le rôle croissant des universités dans le dialogue international.

En accueillant ce symposium, l’Université d’Ottawa (U d’O.) s’affirme comme un acteur du débat public international. Pour les étudiant.e.s qui participaient à ces assises, ce type d’échanges offre une occasion de relier les concepts étudiés en classe tels que la sécurité humaine, la coopération internationale, la gouvernance climatique, à des enjeux réels et actuels.

À l’heure où l’Arctique devient un espace stratégique majeur, les discussions tenues sur le campus rappellent que les décisions prises aujourd’hui façonneront le monde dans lequel évolueront les diplômés de demain. Pour la communauté étudiante, l’Arctique n’est donc plus un territoire lointain, mais un enjeu concret.

De la coopération politique à l’action concrète

Dans son discours d’introduction de la cérémonie,  Marie-Ève Sylvestre, rectrice de l’’U d’O. a souligné le fait que ce symposium est bien plus qu’une rencontre.

“ Il marque le début du renouvellement d'un partenariat dans le Nord, basé sur la recherche, l'engagement et une responsabilité partagée.”

- Marie Eve-Sylvestre -

Ainsi donc les intervenants ont insisté sur la nécessité de transformer les discussions en projets tangibles, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’énergie et de l’adaptation aux conditions climatiques extrêmes. Des exemples de coopération entre le Groenland, Yellowknife et d’autres régions nordiques ont été évoqués, montrant que le dialogue peut mener à des solutions pratiques. Lors de son discours, Rocky Simpson, premier ministre des territoires du Nord-Ouest a souligné qu’il est temps de passer de belles paroles à une coopération concrète.

Pour les organisateurs, cet événement illustre le rôle croissant des universités comme espaces de dialogue diplomatique et de réflexion stratégique. L’ambassadeur du Danemark au Canada, Nikolaj Harris,a souligné l’importance de cette collaboration internationale : « Nous croyons que ce symposium est un témoignage du comité Canado-nordique pour améliorer notre partenariat, notre dialogue et notre coopération dans l’Arctique. »

Sylvestre estime que ce symposium se distingue en autre par la manière dont il rassemble différents points de vue, ceux des communautés de recherche, des décideurs, des jeunes et des leaders autochtones afin d’aborder les défis de l’Arctique comme des enjeux interreliés plutôt que des problèmes isolés. La diversité des panélistes venus du Danemark, de la Norvège, de la Suède ainsi que de plusieurs régions du Canada témoigne de l’intérêt commun porté aux enjeux nordiques, tant sur le plan politique qu’universitaire, a-t-elle poursuivi. 

Pourquoi l’Arctique attire une attention croissante ?

Au fil des échanges, un constat s’impose : l’Arctique est aujourd’hui au centre de multiples transformations. Les intervenants ont rappelé que le réchauffement climatique, l’ouverture progressive de nouvelles routes maritimes et l’accès accru aux ressources naturelles renforcent l’intérêt international pour cette région. « Nous partageons les mêmes opportunités et les mêmes défis : les effets du changement climatique, la pression sur la biodiversité, la nécessité du développement économique et les tensions géopolitiques », a expliqué l’ambassadeur danois.

Ces réalités dépassent largement le cadre régional. Elles concernent directement le Canada, pays arctique, mais aussi les étudiant.e.s qui se forment dans des domaines liés à l’environnement, aux relations internationales, au droit ou aux politiques publiques. La question de la sécurité a également occupé une place importante lors du symposium et de la période des questions- réponses avec les médias  qui a suivi. Plusieurs représentants nordiques ont insisté sur le rôle de l’Organisation du traité de l’Atlantique du Nord dans le maintien de la stabilité dans le Nord.  

Harris a rappelé l’importance des partenariats transatlantiques :« Les États-Unis sont un partenaire fiable dans le Nord. Ils sont très importants pour la sécurité de l’Arctique et nous avons une très bonne coopération avec eux. » Pour lui, l’entrée récente de la Finlande et de la Suède dans l’OTAN est un tournant stratégique qui renforce la capacité collective des pays nordiques et du Canada à agir dans la région.

Le Canada, un acteur clé dans le Nord

La participation de  Anita Anand,  ministre des Affaires étrangères du Canada, a été saluée par plusieurs intervenant.e.s comme un signe fort de l’engagement canadien envers les enjeux arctiques. Le Canada est perçu par ses partenaires nordiques comme un acteur essentiel, tant sur le plan diplomatique que sécuritaire.

Au-delà des stratégies militaires, les discussions ont mis en avant l’importance d’approches concrètes et locales. L’ambassadeur  Danois a notamment exprimé l’intérêt de son pays pour le modèle canadien des Rangers.

“ Nous sommes très intéressés par le programme des Rangers Canadiens, notamment pour l’intégration des communautés locales et de leurs connaissances. Nous voulons apprendre du Canada dans ce domaine. ”

-Nikolaj Harris-

Source de l'image : le site de US Mission Canada.
Les Rangers canadiens sont une sous-composante de la Réserve de l’Armée canadienne. Ils vivent et travaillent dans des régions éloignées, isolées et côtières du Canada. Ils fournissent des forces mobiles autosuffisantes dotées d’équipement léger pour appuyer les opérations des Forces armées canadiennes en matière de sécurité nationale et de sécurité publique à l’intérieur du Canada.

 

Ces échanges soulignent une vision de la sécurité arctique qui ne se limite pas aux forces armées, mais inclut aussi les communautés nordiques et leur expertise.

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