
Le Mois de la fierté prend vie à l’Université d’Ottawa
Crédit visuel : Élodie Ah-Wong – Directrice artistique
Entrevue réalisée par Ingrid Kouakou — Journaliste
Au cœur de cette effervescence se trouve le Centre de fierté qui existe depuis plus de 30 ans. Le Centre a pour objectif de créer un espace sécuritaire où les étudiants de la diversité sexuelle et de genre peuvent se retrouver sans crainte. Nous avons rencontré son coordinateur, Rajan Sharma, afin d’en apprendre plus sur l’histoire et la programmation de ce lieu en ce mois de juin 2026.
La Rotonde (LR) : Que prévoit le Centre de fierté pour célébrer ce Mois de la fierté?
Rajan Sharma (RS) : Pour ce mois, nous avons prévu plusieurs activités. Le 09 juin, nous avons eu notre détente d’été, les 10 et 11 notre soirée jeux. Le 16 juin, nous aurons notre soirée film, le 18 notre déjeuner pour le mois de la fierté, et finalement les 25 et 26, nous tiendrons notre soirée artisanale. Si les dates sont d’ores et déjà bien ancrées dans l’agenda, les lieux exacts de ces rassemblements restent encore à confirmer. Nous invitons la communauté à rester à l’affût: l’annonce se fera directement sur notre compte Instagram dès que les choix seront finalisés.
LR : On parle beaucoup du côté festif en ce mois de juin, mais lorsque les projecteurs s’éteignent, quelles sont les réalités des étudiant.e.s de la communauté 2ELGBTQ+?
RS : Honnêtement j’ai essayé de comprendre cela moi-même au quotidien. Chaque étudiant a sa propre réalité. C’est important de réaliser que chaque personne queer, en fonction des autres facettes de son identité, peut avoir une expérience totalement différente des autres selon les espaces qu’elle fréquente.
LR : En parlant d’expérience unique, comment le Centre de fierté s’applique à intégrer tout le monde?
RS : C’est une des difficultés que j’ai rencontré quand j’ai commencé ce travail. Nous nous efforçons de toujours garder l’esprit de l’intersectionnalité. Pour nos événements, nous collaborons étroitement avec d’autres services comme Étudiant.e.s Racisé.e.s et Autochtones (ÉERA) ou encore le Club Fierté. Par exemple, pour l’atelier de danse Drag X Danse avec Xtra et Newman, nous avons collaboré avec ÉERA pour mettre en valeur et représenter les personnes queers et noires. Bref, pour assurer une inclusion sur le campus, nous multiplions les partenariats avec les autres clubs et centres.
LR : Que pensez-vous du fait qu’on consacre un mois entier à la fierté?
RS : C’est une très belle chose qu’il existe un mois dédié à la fierté. Mais la fierté devrait exister tout le long de l’année. C’est pour cela que le Centre tente de la faire vivre au quotidien, sans attendre un mois fixe pour le célébrer car les queers existent 365 jours par an.
LR : En dehors du mois de la fierté, quels autres projets majeurs propose le Centre de fierté?
RS : Notre événement phare reste La Prom Queer organisé en collaboration avec le Club de fierté. Célébrée au musée de la nature, elle accueille tout le monde. Elle n’est pas uniquement destinée aux personnes de notre communauté mais à quiconque désire revivre son bal dans un espace bienveillant, exempt de transphobie, de queerphobie ou d’homophobie.
LR : Quels sont les principaux défis auxquels le Centre fait face ?
RS : Notre défi au quotidien, c’est de faire comprendre aux gens que la fierté n’est pas un mouvement nouveau ou passager, mais une lutte qui date. Nous voulons rappeler que la fierté a toujours existé et qu’elle continuera de le faire. L’autre défi est purement logistique: réussir à organiser la vie communautaire du centre autour de l’intersectionnalité.
LR : Quel message aimeriez-vous passer à la communauté étudiante à l’occasion de ce mois de la fierté?
RS : J’encourage la communauté étudiante à réaliser l’importance de la communauté queer. Quant aux personnes queers, si vous voulez que ces espaces sécuritaires continuent d’exister sur le campus, il faut continuer de les soutenir, de participer à nos événements et d’encourager nos artistes. C’est ainsi que nous ferons vivre notre communauté.
