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Sports et bien-être

Le parasport : au-delà de l’accessibilité, une reconnaissance encore limitée

Crédit visuel : Élodie Ah-Wong — Directrice artistique

Article rédigé par Sandra Uhlrich — Journaliste

Les Jeux paralympiques touchent à leur fin à Milano-Cortina, tandis qu’Ottawa se prépare à accueillir les Championnats du monde de basket en fauteuil roulant en septembre 2026. Ces événements de grande envergure offrent une importante visibilité aux sports adaptés. Cependant, à l’échelle provinciale et universitaire, leur implantation demeure encore fragile.  

Le parasport en Ontario : un écosystème fragmenté 

Le terme « parasport » désigne l’ensemble des « disciplines sportives pratiquées par des personnes en situation de handicap (physique, sensoriel, mental ou psychique) ». En ce sens, ParaSport Ontario met de l’avant plus de 40 disciplines, incluant le basketball en fauteuil roulant, l’escrime en fauteuil roulant, le cyclisme, et le volleyball assis. Face à cette diversité, aucune organisation unique ne coordonne l’ensemble des parasports en Ontario.  D’ailleurs, certains sports ne se pratiquent qu’au niveau local et amateur, tandis que d’autres, comme le volleyball assis, sont chapeautés par les associations nationales (Volleyball Canada, Basketball en fauteuil roulant Canada, etc.). 

La  majorité des programmes de sport adapté repose sur des clubs privés et nécessite des équipements coûteux. En effet, le coût de départ des équipements nécessaires à la pratique du sport est plus important que pour les sports valides. Par exemple, l’achat d’un fauteuil de basket-ball adapté, de prothèses ou de vélos adaptés, exige un investissement plus élevé. Les établissements communautaires ou municipaux proposent donc rarement, voire jamais, ces activités sportives adaptées dans leur éventail d’offres. 

Face à cette difficulté d’accès, l’organisme à but non lucratif ParaSport Ontario se positionne comme premier point de contact pour les personnes en situation de handicap souhaitant pratiquer un parasport. James Murphy, le directeur exécutif précise : « Nous sommes une organisation grassroots (de terrain) qui informe, éduque et accompagne les participant.e.s en les aidant à comprendre ce qui leur est offert, tout en les orientant vers les clubs et programmes existants, et en éliminant autant que possible les obstacles à la participation. »

uOttawa : entre volonté et capacité 

Les parasports peinent également à s’implanter dans le monde universitaire, et peu d’établissements à travers la province offrent des sports adaptés à leur communauté. L’Université Carleton propose du boccia, du basketball en fauteuil roulant pour les enfants, et également de la natation adaptée. L’Université de Lakehead, quant à elle, propose du volleyball assis. 

À l’Université d’Ottawa (U d’O), les installations, comme la piscine (avec un siège de mise à l’eau) ou les centres d’entraînement avec des machines adaptables (possibilité de retirer les bancs et de descendre les poids), restent largement accessibles. Le centre d’entraînement de Minto demeure plus adapté par ses espaces plus larges entre les machines, permettant le passage des fauteuils roulants. Lenny Sabourin, gestionnaire des programmes et des installations des Gee-Gees, souligne la flexibilité du personnel des installations pour adapter les espaces et les équipements, dans la mesure du possible, afin de répondre aux besoins des personnes concernées. 

Cependant, il n’existe pas de programmation de parasport à l’U d’O, tant au niveau récréatif que compétitif. Sabourin assure être ouvert à explorer différentes options avec les étudiant.e.s intéressé.e.s : « Nous voulons offrir quelque chose, mais il faudrait vraiment promouvoir l’initiative et s’assurer que l’achalandage soit suffisant pour justifier l’activité. » La programmation sportive dépend fortement de la capacité des installations, explique-t-il, en soulignant la nécessité de « travailler avec les groupes intéressés pour trouver des solutions créatives et voir ce qui peut se faire de plus ». 

Une des solutions avancées par Murphy consiste à ouvrir les sports adaptés aux étudiant.e.s n’étant pas forcément en situation de handicap, afin d’élargir le bassin de participation. Cette approche offrirait le parasport comme option d’activité à tou.te.s, en incluant les « personnes en situation de handicap, ce qui reste essentiel, mais également des personnes sans handicap ».

Le parasport : ouvert au grand public 

ParaSport Ontario organise régulièrement des séances d’exploration pour faire découvrir les différents parasports au grand public. Ces activités s’organisent dans le but d’informer tant les personnes en situation de handicap que les autres des activités disponibles. 

Si les parasports ont gagné en visibilité dans les dernières années, notamment par le biais des Jeux paralympiques, ils restent encore largement sous-représentés dans la sphère publique et dans les médias. Cependant, le gouvernement de l’Ontario a récemment investi près de 1,5 million de dollars dans le soutien à l’organisation des Championnats du monde de basketball en fauteuil roulant. Cet événement aura lieu en septembre 2026 à Ottawa, à la Place TD  et à l’Université Carleton.

Murphy voit particulièrement cet investissement d’un bon œil et se réjouit des efforts d’engagement communautaire qui l’accompagnent : « Cela permet de faire découvrir le basketball en fauteuil roulant, en offrant aux participant.e.s l’occasion d’essayer les chaises dans des écoles et de prendre connaissance des différents programmes dans la région d’Ottawa. » En ce sens, le ministère du Sport vise à créer un fort engouement autour de l’événement. 

Le directeur de ParaSport Ontario souhaite hisser les parasports au même rang que les sports dits « classiques », car ils demeurent tout aussi stratégiques et exigeants sur le plan physique. Il espère que le public se présentera au rendez-vous pour ces Championnats du monde de basket-ball en fauteuil roulant et pour les prochaines compétitions de parasport, ce qui pourrait enfin garantir une reconnaissance institutionnelle durable au parasport.

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