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Les professeur.e.s à temps partiel de l’Université d’Ottawa se sentent exclu.e.s du système

Crédit visuel : Élodie Ah-Wong — Directrice artistique

Article rédigé par Rida Ighirane — Journaliste (Stagiaire)

Des nouvelles négociations entre l’Association des professeur.e.s à temps partiel de l’Université d’Ottawa (APTPUO) et l’Université d’Ottawa (U d’O) pointent à l’horizon. À l’approche de ces pourparlers dont la date n’est pas encore fixée, le syndicat fait état de préoccupations persistantes quant aux conditions de travail de ses membres. La question du manque de reconnaissance revient de manière récurrente dans les discussions.

Cette reconnaissance ne se limite pas aux conditions contractuelles. Le syndicat dénonce également une exclusion des instances universitaires, comme les conseils de faculté et les conseils de programme, où les professeur.e.s à temps partiel peuvent assister aux réunions, mais sans droit de vote.

Un autre enjeu majeur soulevé par Luc Angers, vice-président externe de l’APTPUO concerne le travail non rémunéré. Selon lui, plusieurs tâches essentielles, notamment la correction, la préparation des cours, la rédaction de lettres de recommandation ou la gestion des examens liés aux accommodements, ne sont pas prises en compte dans les contrats. Certain.e.s professeur.e.s se retrouvent ainsi à gérer des groupes de plus de 140 étudiant.e.s, sans compensation pour la charge de travail supplémentaire. Une situation qui a des répercussions concrètes sur la population étudiante.

« Quand on se retrouve avec des classes de 100 étudiant.e.s ou plus, la qualité de l’éducation est diluée », affirme Angers, soutenant que le temps consacré à l’encadrement individuel diminue, ce qui peut affecter la qualité des apprentissages. Selon lui, le travail non rémunéré lié aux accommodements et au suivi académique réduit également la disponibilité des professeur.e.s auprès des étudiant.e.s.

Des acquis significatifs

La dernière convention collective, conclue entre l’APTPUO et l’Université d’Ottawa (U d’O) pour la période du 1er septembre 2021 au 31 août 2025, avait permis certains gains. Parmi ceux-ci figure l’instauration d’une grille salariale fondée sur l’ancienneté en enseignement.

« Avant, lorsqu’un.e professeur.e entrait en fonction, iel était payé.e au même salaire, peu importe son expérience. Cette grille n’existait pas », explique Luc Angers, vice-président externe de l’APTPUO. Désormais, les professeur.e.s à temps partiel accumulent des points en fonction des cours enseignés, ce qui leur permet d’obtenir des bonifications progressives.

Par ailleurs, un fonds de développement professionnel, désormais administré par l’association, a été mis en place. Celui-ci permet aux membres de financer des formations, des conférences ou des projets de recherche, au Canada comme à l’international.

Malgré ces avancées, l’APTPUO estime que la situation demeure insatisfaisante. Le syndicat souligne que les professeur.e.s à temps partiel assurent aujourd’hui plus de 60 % des cours dans plusieurs facultés, et parfois jusqu’à 70 % ou 80 % dans certaines d’entre elles. « Nous demandons une reconnaissance du fait que nous sommes des professeur.e.s au même titre que les autres », soutient Angers. 

Des négociations à un stade préliminaire

Pour l’instant, les négociations formelles n’ont pas encore débuté. Les discussions se situent toujours à une étape préliminaire, visant à établir le protocole de négociation. L’APTPUO ne connaît pas encore l’identité de la personne qui agira à titre de porte-parole de l’Université ni la composition de son comité de négociation.

Dans son message à la communauté universitaire, l’APTPUO réclame une reconnaissance pleine et entière du travail de ses membres. « Nous ne voulons plus être traités comme des professeur.e.s au rabais », revendique Angers. Il ajoute que plusieurs professeur.e.s à temps partiel ont le sentiment d’être considérés comme des professeur.e.s de deuxième classe, voire comme des solutions temporaires, malgré leur rôle central dans l’enseignement universitaire.

Au moment d’écrire ces lignes, l’Université d’Ottawa (U d’O) n’a toujours pas répondu à nos sollicitations concernant la situation. Dans ce contexte, les négociations à venir permettront de déterminer si les revendications exprimées par le syndicat seront prises en compte et entendues par l’institution.

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