Inscrire un terme

Retour
Actualités

L’Université d’Ottawa va lancer une grande consultation sur la francophonie

Crédit visuel : Élodie Ah-Wong– Directrice artistique

Article rédigé par Joelluc Liandja — Journaliste 

Reconnue comme la plus grande université bilingue (français-anglais) au monde, l’Université d’Ottawa (U d’O) s’apprête à lancer, dès février 2026, une grande consultation sur l’état de la francophonie sur son campus. Cette démarche institutionnelle vise à dresser un état des lieux complet de la présence du français dans l’offre académique, les services, la vie culturelle et les liens avec la communauté francophone externe. Les réflexions autour de cette question seront élaborées à partir d’un plan d’action destiné à renforcer les ambitions internationales de l’U d’O.

Une consultation d’écoute et de bilan 

« Cette consultation est une occasion pour l’U d’O de faire le bilan de ses actions en matière de francophonie, mais aussi de réaffirmer son rôle de leader dans ce domaine », explique Marie-Ève Sylvestre, rectrice et vice-chancelière de l’U d’O. Elle précise que l’objectif principal est de documenter les progrès réalisés, d’identifier les défis liés à la vie en français sur le campus et de consulter largement la communauté universitaire (étudiant.e.s, professeur.e.s et personnel administratif). 

Pour cette prochaine consultation, Sylvestre estime que l’U d’O tendra une oreille attentive également à ses partenaires externes, tant auprès de la francophonie ontarienne que de francophonies plurielles, qu’elles proviennent du Québec ou de l’international. Selon elle, « l’U d’O est une porte d’entrée vers l’Amérique du Nord par le français ».

La science en français, un défi international ? 

Sylvestre ajoute que cette consultation constituera une réponse supplémentaire au rapport de 2021 de la professeure Linda Cardinal sur la francophonie universitaire. Elle salue la mise en œuvre de plusieurs recommandations issues de ce rapport, tout en reconnaissant la persistance de certains défis, notamment la science en français. « Certains programmes, en sciences et en génie, par exemple, manquent encore des cours optionnels en français. Nous avons fourni beaucoup d’efforts pour bonifier cette offre, avec l’appui de Patrimoine canadien, mais il reste du travail », déclare-t-elle. 

Malgré plus de 300 programmes offerts en français à l’U d’O, certains exclusivement dans cette langue, Sylvestre estime qu’il est nécessaire de garantir une offre constante tout au long de l’année, y compris en été. Elle insiste sur la dimension structurante de la science en français, un enjeu qu’elle considère comme un défi international : « Nous voulons continuer à être un leader dans les conversations sur la science en français et soutenir nos chercheur.e.s qui choisissent de publier ou d’enregistrer dans cette langue, parfois au détriment de leur visibilité internationale ».

La participation de la communauté universitaire au coeur de la consultation 

Cette consultation sera coordonnée par Stéphanie Gaudet, professeure à l’U d’O et ancienne membre du bureau de l’Association internationale des sociologues de la langue française (AISLF). Gaudet affirme que la consultation s’étalera sur une période de 18 mois, répartie en plusieurs étapes. Elle assure travailler avec son équipe pour mettre en place les ressources nécessaires, afin de rendre le processus accessible et transparent pour toute la communauté universitaire.

« Un comité réunira des représentant.e.s de chaque faculté (étudiant.e.s, professeur.e.s, personnel administratif) afin d’assurer une représentation équitable. Chaque faculté a sa propre réalité francophone, et nous allons adapter nos dispositifs participatifs en conséquence. »

- Stéphanie Gaudet -

La professeure ajoute que l’U d’O collaborera avec l’Institut du Nouveau Monde, une organisation québécoise reconnue pour son expertise en consultation publique, dans le but de concevoir des outils participatifs innovants.

Réouverture d’un poste clé laissé vacant depuis un an et demi 

L’annonce de la consultation coïncide avec la réouverture du poste de vice-recteur.rice à l’international et à la francophonie, qui sera désormais intitulé « vice-recteur.rice à la francophonie et aux relations externes et communautaires ». À partir des nouvelles orientations stratégiques de ce poste, il visera à créer des liens avec la communauté francophone et des partenaires externes, tandis que le volet « relations internationales » sera désormais sous la responsabilité du cabinet du provost

« Le profil recherché devra allier connaissances des réalités de la francophonie en milieu minoritaire et aptitudes en relations gouvernementales et communautaires. Ce poste doit permettre de rehausser le côté stratégique de nos partenariats avec les organismes, le secteur privé et le gouvernement »

- Marie-Ève Sylvestre -

Les attentes étudiantes 

Commissaire aux affaires francophones du Syndicat étudiant de l’U d’O (SÉUO), Ève Tremblay souligne que le manque de cours en français, la faible participation aux activités francophones et la faible visibilité des initiatives sur le campus sont les principaux défis évoqués par les étudiant.e.s francophones. Compte tenu de cela, elle propose également des initiatives simples et inclusives : « Avec le projet “Espresso-toi en français”, les étudiant.e.s peuvent prendre un café gratuit s’iels commandent en français. Cela brise la glace et valorise la langue, sans pression académique ». 

Elle milite aussi pour que tous les accents francophones soient représentés et que chaque étudiant.e francophone se sente inclus.e. Pour elle, c’est ce qui crée la beauté de la diversité francophone. 

Sylvestre assure que l’Université sera à l’écoute des préoccupations des étudiant.e.s. Elle les invite à participer activement à la consultation et à exprimer ce que signifie pour eux.lles « la vie en français ». Elle rappelle que la francophonie est au cœur de la mission de l’U d’O et que cela ne sera jamais remis en question.

Inscrivez-vous à La Rotonde gratuitement !

S'inscrire