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Sports et bien-être

Mesures de sécurité méconnues sur le campus : à la rencontre de l’ÉBIC

Crédit visuel : Courtoisie – Liam Tubby 

Entrevue réalisée par Davy Bambara –  Journaliste 

Sur le campus de l’Université d’Ottawa (U d’O), de nombreuses mesures de sécurité sont accessibles à tou.te.s, mais restent parfois ignorées par la communauté universitaire. Défibrillateurs, trousses de naloxone, boutons d’alerte bleus ou extincteurs peuvent pourtant sauver des vies. Pour mieux comprendre ces dispositifs et le rôle central de l’Équipe bénévole d’intervention de crise (ÉBIC), La Rotonde a rencontré Léa Mortimer, étudiante en sciences de la santé et directrice exécutive de l’équipe.

La Rotonde (LR) : Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est l’ÉBIC et quel est son rôle principal sur le campus ?

Léa Mortimer (LM) : L’ÉBIC est une équipe de premier.ère.s répondant.e.s composée exclusivement d’étudiantes et d’étudiants de l’U d’O. Nous sommes disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pour répondre à des urgences médicales, qu’il s’agisse de santé physique ou de santé mentale, sur l’ensemble du campus. Nous intervenons auprès de toute personne : étudiants, membres du personnel, professeur.e.s ou visiteur.euse.s. Nous travaillons en collaboration directe avec les services de protection de l’Université, qui reçoivent les appels et nous déploient sur le terrain.

LR : Pourquoi était-il important pour l’université de mettre en place une équipe bénévole comme l’ÉBIC ?

LM : Le fait que nous soyons tou.te.s des étudiant.e.s constitue un avantage majeur. La majorité des personnes que nous aidons sont aussi des étudiant.e.s, et nous partageons souvent des réalités similaires : le stress des examens, les difficultés financières ou la pression académique. Cela permet de créer un lien de confiance plus rapidement. De plus, le campus est une communauté en soi. Avoir une équipe de soins directement sur place permet de répondre plus vite qu’un service externe et de renforcer le sentiment de sécurité. Dans un contexte où les services paramédicaux sont très sollicités, notre présence permet aussi de réduire le nombre d’ambulances appelées pour des situations qui peuvent être prises en charge sur place.

LR : Quelle formation reçoivent les bénévoles avant d’intervenir ?

LM : Tous nos membres doivent suivre une formation officielle de premier.ère répondant.e, correspondant à deux niveaux en dessous de celui de paramédic en Ontario. C’est une formation intensive qui couvre la réanimation, l’administration d’oxygène, le traitement des blessures et l’évaluation des signes vitaux. À cela s’ajoutent des formations internes régulières. Deux fois par an, nous organisons des formations intensives avec des scénarios réalistes, et chaque mois, l’équipe participe à des entraînements pour maintenir ses compétences à jour.

LR : Quelles sont les situations auxquelles l’ÉBIC est le plus souvent confrontée ?

LM : Les appels sont très variés. Nous intervenons fréquemment pour des blessures musculaires ou osseuses, notamment lors d’activités sportives. Les pertes de connaissance et les malaises sont également assez courants. La santé mentale occupe une place importante dans nos interventions : crises d’anxiété, attaques de panique ou détresse émotionnelle. Il est essentiel que les étudiant.e.s sachent qu’iels peuvent faire appel à nous pour ce type de situation.

LR : Quelles mesures de sécurité sont présentes sur le campus mais souvent méconnues des étudiant.e.s ?

LM : Il y en a plusieurs. Les boutons d’alerte bleus, par exemple, sont répartis partout sur le campus et permettent de contacter immédiatement les services de protection. Il existe également l’application SecurUO (disponible sur AppStore et Playstore), qui offre un accès rapide aux ressources de sécurité et de santé. Les défibrillateurs externes automatisés sont installés dans de nombreux bâtiments, et les trousses de naloxone se trouvent directement à l’intérieur de leurs boîtiers. En cas de surdose d’opioïdes, la naloxone peut renverser les effets de la substance et sauver une vie.

LR : Justement, que devraient faire les étudiant.es s’iels sont témoins d’une urgence médicale ?

LM : La première étape est toujours d’assurer sa propre sécurité. Ensuite, il est important de déléguer : demander à quelqu’un d’appeler les services d’urgence ou les services de protection, pendant qu’une autre personne reste avec la personne en détresse. Il ne faut jamais laisser quelqu’un seul.e dans une situation médicale. Si la personne est inconsciente et n’a pas de pouls, il faut aller chercher un défibrillateur. Les instructions sont claires et intégrées à l’appareil. Pour une possible surdose, la naloxone est facilement accessible et accompagnée d’instructions.

LR : Et les extincteurs, comment les utiliser ?

LM : Les extincteurs sont présents dans tous les bâtiments, mais peu de gens savent comment les utiliser correctement. L’important est d’utiliser tout le contenu de l’extincteur pour éteindre complètement le feu, puis d’éloigner la bouteille une fois vide, puisqu’elle contient du gaz comprimé. Ces gestes simples peuvent prévenir des blessures graves ou des dégâts importants.

LR : Comment l’ÉBIC contribue-t-elle à la prévention et à la sensibilisation sur le campus ?

LM : Nous participons à de nombreux événements et collaborons avec d’autres services, comme le Centre de santé et mieux-être. Notre objectif est de faire connaître les ressources disponibles et d’encourager une culture de prévention. Plus les étudiant.e.s sont informé.e.s, plus iels sont capables de réagir adéquatement en situation d’urgence.

LR : Quel message souhaitez-vous transmettre à la communauté universitaire ?

LM : Le message principal tient au fait que ce service existe, qu’il demeure gratuit et accessible à tout moment. Il ne faut pas hésiter à demander de l’aide. Nous sommes là pour cela, et nous sommes heureux.ses d’intervenir et d’accompagner les personnes dans des moments parfois très difficiles.

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