
Mon parcours à La Rotonde: un véritable lieu d’apprentissage
Crédit visuel : Élodie Ah-Wong – Directrice artistique
Chronique rédigée par Davy Bambara – Journaliste
Avant même d’intégrer La Rotonde, on m’avait dit que c’était une école. Très vite, j’ai compris que travailler dans un journal, même étudiant, ne se résume pas à écrire. C’est entrer dans un processus rigoureux, collectif, parfois exigeant, mais profondément formateur.
Mon passage à La Rotonde s’est étalé sur deux sessions, à l’automne et à l’hiver. Deux périodes intenses, rythmées par l’actualité étudiante, les échéances et les exigences du journalisme.
Ce que j’en retiens : tout commence par une idée. Dans la salle de rédaction, des propositions émergent. On nous attribue des sujets et des angles. Nous discutons, nous affinons, nous clarifions.
C’est un moment essentiel, car c’est à ce moment que l’article prend forme : les chefs de pupitre justifient l’intérêt et l’utilité de chaque thématique. Une fois le sujet validé, le travail peut commencer vraiment : il faut chercher l’information, contacter des intervenant.e.s et poser les bonnes questions. L’entrevue devient un exercice central : écouter, relancer, comprendre. Apprendre à laisser de l’espace à l’autre, tout en maintenant un fil conducteur. Ce n’est pas toujours facile, mais c’est là que le journalisme trouve son sens.
Puis vient l’écriture, qui consiste à trouver les mots justes, à structurer son texte et à rendre l’information claire et accessible. J’ai réalisé qu’ écrire ne se résume pas seulement à transmettre des informations, mais à mettre en récit ces informations ou à raconter une histoire.
Donner du rythme et capter l’attention, sans jamais trahir la réalité. Cependant, le processus ne s’arrête pas là. Un article n’est jamais publié dans sa forme initiale. Il est relu, corrigé, et parfois même entièrement réécrit. Les échanges avec la rédaction et les chefs sont cruciaux. Ils permettent de prendre du recul, d’améliorer la qualité du texte, de corriger les imprécisions.
Parfois, il faut accepter de tout recommencer. Cela exige de l’humilité, mais c’est aussi ce qui permet de progresser. Au fil du temps, j’ai compris que La Rotonde n’est pas seulement une salle de rédaction : c’est un véritable lieu d’apprentissage. C’est une école où l’on apprend en faisant, en se trompant et en recommençant. C’est une école qui ne fait pas de bruit, mais qui laisse une marque indélébile.
Trouver sa place, sans faire de bruit
On pourrait dire que je suis discret. Et ce serait vrai. Cette discrétion n’a cependant jamais représenté une faiblesse pour moi, mais plutôt un choix. C’est un moyen pour moi d’avancer en m’inscrivant dans un milieu sans avoir à m’imposer. Dans une salle de rédaction, on rencontre une variété de personnalités. Certaines parlent plus que d’autres, animent plus les discussions. D’autres observent davantage, interviennent avec mesure et travaillent en silence. Pourtant, chacun.e contribue à sa façon.
J’ai appris à me positionner dans cet équilibre. Au début, il y a toujours une forme d’adaptation : comprendre le fonctionnement du journal, les attentes et le rythme ; s’habituer aux délais et aux exigences ; accepter aussi de ne pas tout maîtriser immédiatement.
Le rythme est soutenu : deux articles par semaine, cela peut sembler peu, mais, en réalité, cela représente un travail constant. Comprendre les sujets, organiser des entrevues, écrire, corriger, publier… tout s’enchaîne rapidement.
Et en plus de cela, il y a les études, les travaux universitaires, les obligations personnelles. J’ai dû apprendre à tout gérer en même temps. Il y a eu des moments où tout semblait s’accumuler : des journées interminables, des soirées passées à écrire, des échéances à respecter malgré la fatigue. Des moments où les idées se faisaient rares, où les phrases ne semblaient pas fonctionner. Mais j’ai persévéré.
J’ai progressé. Et peu à peu, quelque chose a changé. J’ai acquis plus de confiance en moi, plus d’assurance. J’ai appris à mieux structurer mes textes, à aller droit au but, à écrire de manière plus claire. J’ai compris que l’écriture est aussi une discipline, qui s’apprend et s’affine au fil du temps.
Sur le fond, j’ai trouvé ma voix. Pas une voix spectaculaire ou tonitruante, mais une voix qui me correspond. Une façon d’écrire qui reflète ma personnalité, mon point de vue sur le monde. Une voix qui ne cherche pas à imiter, mais qui reste authentique.
Aujourd’hui, je suis fier de chaque phrase écrite. Je suis fier de chaque article publié. Je suis fier du chemin parcouru.
Ce qu’il en reste
À La Rotonde, les sessions passent vite. Les visages changent. Les engagements se renouvellent. Puis, un jour, vient le moment de quitter cet endroit. Mon histoire touche peut-être à sa fin. Peut-être pas. Alors une question me vient à l’esprit : que reste-t-il ?
Bien sûr, il reste encore des articles. Ils sont les témoins de mon passage, de ma plume qui raconte certaines réalités relatives à la vie étudiante. Au-delà de ces traces tangibles, il reste quelque chose de plus profond. Il y a une manière de voir. En racontant les autres, j’ai appris à mieux comprendre le monde, mais aussi à mieux me comprendre moi-même.
Chaque sujet, chaque entrevue et chaque texte ont contribué à façonner une réflexion, une sensibilité. Mon expérience à La Rotonde ne se limite pas à un travail journalistique, mais s’inscrit plutôt dans mon cheminement en tant qu’étudiant en sciences politiques et en communication.
Elle m’a permis de cultiver des compétences, mais aussi un état d’esprit : celui d’un observateur, d’un analyste et d’un communicateur qui cherche à partager ses découvertes. Et, dans ce parcours, il y a une dimension que je ne peux pas passer sous silence : ma foi.
Je remercie Dieu pour ma foi, qui a été une source de force et de présence constante. Elle m’a aidé à persévérer pendant les moments de doute et à me donner l’énergie nécessaire pour continuer lorsque j’étais fatigué. Elle m’a encouragé à me dépasser, à repousser mes limites, à me faire confiance, à oser proposer, à accepter les critiques et à ne jamais abandonner.
Ce n’est pas quelque chose que l’on peut lire dans les articles. C’est une part essentielle de mon parcours, et je pars aujourd’hui avec de la gratitude. Pour les rencontres, pour les apprentissages, pour les défis relevés. Et comme disent les saintes écritures « J’ai combattu le bon combat, je suis allé jusqu’au bout de la course, j’ai gardé la foi. »
Si je pouvais recommencer, je n’hésiterais pas. Car certaines expériences ne font pas de bruit, mais elles nous transforment en profondeur. Peut-être qu’un jour, d’une manière ou d’une autre, je reviendrai. Peut-être pas à La Rotonde, mais dans un autre média.
