
OuiSport : l’évolution de l’espace sportif féminin de l’Université d’Ottawa
Crédit visuel : Courtoisie
Article rédigé par Joelluc Liandja — Chef du pupitre Sports et Bien-être
En été 2025, une équipe d’étudiantes de l’Université d’Ottawa (U d’O) a lancé le club OuiSport (WeSport), dans l’objectif de créer un environnement sportif axé sur les besoins et les intérêts des femmes. Près d’un an plus tard, ce projet fait le point sur ses réalisations, ses aspirations et son influence dans la communauté universitaire. Grâce à des activités gratuites, un sentiment d’appartenance et une découverte des sports inconnus, cette initiative s’est progressivement intégrée dans le quotidien des étudiantes de l’U d’O.
Le besoin d’espace inclusif au cœur du projet
À la création du club, l’idée était simple : fournir aux étudiantes de l’U d’O un lieu spécifique pour elles, afin d’exercer des activités sportives. La naissance de cette initiative constitue une réponse positive de l’U d’O à la demande exprimée par plusieurs femmes sur les campus : pratiquer une activité sportive dans un milieu où la pression sociale et la crainte du jugement sont diminuées.
Selon Chaymaa Dinouri, présidente du club et étudiante en quatrième année en sciences politiques et communication, l’initiative est née d’un constat partagé entre plusieurs étudiantes : « Il existe beaucoup d’options sportives sur le campus. On a accès aux gyms, aux intramuraux et à certains clubs. Mais on a remarqué qu’il manquait un espace qui encourage le sport et qui soit réservé aux femmes. » Elle estime que l’absence de cette option constituait un obstacle à la pratique du sport pour certaines étudiantes, particulièrement celles qui débutent leurs études. « Les sports peuvent faire peur. Même quand on est déjà athlète, on peut parfois se sentir mal à l’aise. Et si on ne l’est pas, c’est encore plus difficile. Nous voulions créer un environnement sécuritaire et ouvert à tous les niveaux », poursuit Dinouri.
Premier bénéfice : la naissance d’une communauté
Près d’un an après sa création, Dinouri estime que l’organisation a réussi à poser ses bases sur le campus. « Je pourrais dire que c’est un pari tenu, honnêtement. On avait beaucoup d’idées et beaucoup d’ambition pour ce club, et je crois qu’on a réussi à faire de belles choses », affirme-t-elle.
Au fil des mois, diverses activités ont été organisées, couvrant un large éventail de sports et d’initiatives pour promouvoir le bien-être des femmes. On compte parmi ces disciplines la natation, la boxe et le Muay Thai. Dinouri précise que certaines activités qui n’étaient pas envisagées au départ, ont aussi été introduites durant l’année académique en cours. Il s’agit entre autres des tournois et des séances sur la nutrition.
Pour les membres du club, ces activités demeurent également des occasions de tisser des liens avec d’autres étudiantes. C’est le cas d’Alicia Neault, membre du club et étudiante en première année de baccalauréat spécialisé en travail social, qui souligne que son expérience au sein de ce club dépasse la simple pratique sportive. « Le club m’a permis de rencontrer d’autres filles qui avaient les mêmes intérêts que moi. On s’encourage entre nous, et l’ambiance est vraiment positive », affirme-t-elle. Pour elle, cette bonne ambiance facilite aussi la participation des filles qui n’ont pas nécessairement une grande expérience sportive.
Un lieu de création de souvenirs
Au cours de cette première année d’existence, le club a organisé plusieurs événements mémorables. Pour Dinouri, les réactions des membres représentent un indicateur clé de l’influence positive du projet. « Quand une séance se termine et que les participantes viennent nous dire merci, qu’elles ont eu du plaisir ou qu’elles veulent revenir, ce sont des moments qu’on retient », raconte-t-elle. Grâce aux activités offertes par le club, certaines étudiantes ont eu l’occasion de découvrir de nouveaux sports.
« Dans certains programmes comme le Muay Thai, presque toutes les participantes ne l’avaient jamais pratiqué auparavant. Elles ont appris, elles se sont améliorées et ont pris confiance. »
— Chaymaa Dinouri, présidente du club —
Ces activités aident les membres du club même dans leur routine académique parfois chargée. Neault souligne que les séances sportives constituent une pause importante dans son emploi du temps hebdomadaire. « Les études peuvent être stressantes. Venir aux entraînements me permet de me changer les idées et de bouger. Cela aide vraiment à se sentir mieux. », dit-elle. Elle soutient que le club permet de créer un équilibre harmonieux entre les obligations académiques et son bien-être individuel.
Surfer entre les défis et les ambitions du club
Comme de nombreux autres clubs étudiants, Ouisport rencontre des obstacles lors de sa première année d’existence. Selon Dinouri, le principal défi est lié au financement. « Au début, c’était surtout le financement qui posait problème. En tant que club de sport, on doit payer la réservation des salles et acheter des équipements. Il y a eu des retards dans le versement des fonds, ce qui a compliqué les choses. », explique-t-elle.
Elle précise que pour maintenir les activités, le club a essayé d’obtenir des financements externes et de présenter le projet ailleurs. Elle souligne aussi le défi lié au recrutement des participantes et des bénévoles : « Quand les gens ne vous connaissent pas encore, c’est plus difficile de recruter. On a donc participé aux foires des clubs et on a travaillé sur notre communication. » C’est une stratégie plutôt convaincante, étant donné que le club répond aux besoins réels des étudiantes.
« Je pense que ce genre d’espace est important. Ça donne aux étudiantes l’occasion de faire du sport ensemble et de se soutenir. »
— Alicia Neault, membre du club —
Près d’un an depuis sa création, OuiSport continue de se développer grâce à l’engagement de ses bénévoles et à l’augmentation constante du nombre de ses membres, au sein de l’U d’O.
