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Sports et bien-être

Pédaler vers l’été : le Mois « Let’s Bike » arrive à l’Université d’Ottawa

Crédit visuel : EnviroCentre

Article rédigée par Malak Abdelfatah-journaliste

La 17e édition du Mois « Let’s Bike Ottawa » a commencé au début de juin. Historiquement centrée sur le concept « vélo-boulot », lancée en 2010, ce projet qui visait exclusivement à promouvoir le cyclisme pour les trajets professionnels, s’est généralisé au fil des années. La crise sanitaire de 2020 et la fermeture des bureaux ont poussé les organisateurs à repenser leur concept. EnviroCentre invite toute la population, dont la communauté étudiante de l’Université d’Ottawa (U d’O) à pédaler, quel que soit le motif du déplacement. Felicity Borgal, responsable de projet de transport durable, échange avec La Rotonde sur les enjeux de cette initiative.

La Rotonde (LR) : Comment garantissez-vous l’accessibilité de vos activités à la communauté étudiante ?

Felicity Borgal(FB) : L’accessibilité financière est au cœur de nos préoccupations : toutes nos activités sont entièrement gratuites pour les étudiant·e·s ainsi que pour l’ensemble de la population. Le fonctionnement est simple : il suffit de se rendre sur notre site Web pour créer un compte, puis planifier et enregistrer ses trajets individuels. Nous proposons également un calendrier d’activités hebdomadaires gratuites, comprenant notamment des soirées de jeux-questionnaires (trivia et quiz), des visites de quartiers et des sorties communautaires à vélo. L’accès est libre, mais une inscription préalable est requise.

LR : Cette édition met particulièrement l’accent sur l’e-mobilité. En quoi cette forme de micro-mobilité électrique constitue-t-elle une mesure d’adaptation inclusive pour les profils cyclistes plus vulnérables ?

FB : La mobilité électrique consiste à ajouter un moteur à différents modes de transport. Chez Let’s Bike, nous nous intéressons particulièrement aux vélos et aux trottinettes électriques, puisqu’ils utilisent les mêmes infrastructures cyclables. Pour les membres de la communauté étudiante, cette forme de micro-mobilité représente une solution adaptée. Elle offre de nouvelles options de déplacement aux personnes qui souhaitent gagner du temps, qui habitent loin du campus ou qui ne peuvent pas utiliser un vélo traditionnel en raison de leur condition physique, notamment en raison de problèmes aux genoux ou de blessures sportives. De plus, nous favorisons une approche inclusive en accueillant également les personnes qui utilisent un tricycle ou un fauteuil roulant électrique.

LR : L’organisation fournit-elle des vélos aux participant·e·s ?

FB : Lors de nos activités, chaque participant·e doit apporter son propre équipement, notamment son vélo et son casque. Bien que nous n’offrions pas directement de vélos en location lors de nos événements, notre rôle consiste à orienter les personnes intéressées vers les options d’achat ou de location disponibles dans la ville afin que personne ne soit laissé de côté.

Il est important de préciser que nos activités ne sont pas des cours d’initiation au cyclisme; les participant·e·s doivent déjà posséder des bases en matière de conduite à vélo. Pour les personnes qui souhaitent apprendre à rouler, la Ville d’Ottawa offre d’ailleurs des cours de cyclisme pour adultes. De notre côté, nous intégrons régulièrement des conseils destinés aux débutant·e·s dans nos infolettres, mais nous ne produisons pas de capsules vidéo éducatives en ligne.

LR : Comment parvenez-vous à assurer une programmation francophone de qualité malgré les barrières linguistiques au sein de vos équipes d’animation ?

FB : Garantir une offre bilingue à la communauté francophone demeure un défi, puisque les spécialistes qui animent nos ateliers ne sont pas systématiquement bilingues. Pour y remédier, nous veillons à ce qu’une personne francophone soit toujours disponible sur place pour répondre aux questions des participant·e·s. Nous développons également des partenariats ciblés, notamment avec l’Alliance française, pour certaines de nos soirées de jeux-questionnaires.

Il est aussi important de souligner que nos ateliers privés peuvent être offerts entièrement en français. Nous proposons d’ailleurs deux types d’ateliers : des ateliers publics et des ateliers privés destinés aux employeurs. Ces activités, offertes gratuitement, sont animées directement sur le terrain en collaboration avec diverses organisations et des spécialistes du milieu. Nous y abordons notamment des sujets techniques comme l’entretien mécanique des vélos.

Enfin, nous avons constaté que les ateliers en ligne attirent moins de participant·e·s qu’auparavant. C’est pourquoi nous privilégions désormais les activités en présentiel, tout en conservant l’option virtuelle sur demande.

LR : Le réseau cyclable d’Ottawa est souvent critiqué pour ses ruptures de continuité. Quels sont les principaux points faibles infrastructurels que la Ville devrait corriger pour sécuriser les trajets universitaires ?

FB : La sécurité et le confort dépendent encore largement du lieu de résidence. Le réseau actuel qui relie la ville n’est pas toujours optimal ni confortable partout; c’est pourquoi nous ne publions pas de carte officielle des « points noirs ». Si certains secteurs, comme Woodroffe entre Barrhaven et le centre sportif, offrent un sentier polyvalent très agréable, ce type d’infrastructure de haute qualité n’est pas encore suffisamment répandu. Pour contourner ces défis et rejoindre de manière sécuritaire les stations de l’O-Train ou les Parc-O-Bus, une solution efficace consiste à emprunter les rues résidentielles, qui s’avèrent souvent plus confortables pour les cyclistes. L’infrastructure d’Ottawa n’est pas parfaite, mais elle demeure de bonne qualité comparativement à d’autres villes nord-américaines, et le mouvement collectif continue de réfléchir à l’évolution souhaitée du réseau.

LR : Cette initiative s’étale-t-elle sur toute l’année académique ?

FB : Let’s Bike se concentre principalement sur le mois de juin, mais notre communauté a déjà cumulé un impressionnant total de 165,8 km parcourus ! Le reste de l’année, EnviroCentre prend le relais comme organisation pour coordonner d’autres événements spéciaux. De plus, l’expérience montre que les habitudes de transport durable développées durant ce mois intensif s’ancrent durablement : les cyclistes continuent de rouler à l’automne et reviennent d’année en année. Pour les personnes intéressées, ne manquez pas notre soirée quiz le mercredi 17 juin ou notre fête de fin de mois. Les places étant limitées, nous vous invitons à vous inscrire dès maintenant en ligne.

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