
Quand la recherche inspire la fiction : Cassandra Fournier publie son premier roman
Crédit visuel : Courtoisie
Entrevue réalisée par Rida Ighirane – Journaliste
Candidate au doctorat en travail social à l’Université d’Ottawa (U d’O), Cassandra Fournier publiera son premier roman le 11 février 2026. Nourri par son parcours universitaire, « Née sous une fausse étoile » est un récit destiné aux adolescent.e.s et aux jeunes adultes. La Rotonde s’est entretenue avec elle pour explorer ses inspirations, son expérience éditoriale et ses futurs projets littéraires.
La Rotonde (LR) : À quel moment l’écriture a-t-elle pris une place importante dans votre parcours, parallèlement à vos études ?
Cassandra Fournier (CF) : J’écris depuis l’adolescence, depuis l’âge de 15 ans. « Née sous une fausse étoile » est mon premier roman publié, mais ce n’est pas le premier que j’ai écrit. J’en ai écrit plusieurs auparavant, dont certains que j’ai menés à terme et d’autres que je n’ai jamais achevés, car lorsque le lien avec les personnages se rompt et que les idées ne viennent plus, l’écriture s’interrompt naturellement.
LR : Comment est né le projet de votre roman ?
CF : À 17 ans, j’ai suivi un cours d’introduction aux sciences sociales et je devais choisir un sujet pour un travail final. J’ai travaillé sur l’identité, et plus précisément sur l’adoption. Ce sujet a soulevé beaucoup de questions liées à l’appartenance et aux zones grises de l’identité. Je me suis alors demandé : si j’avais été adoptée sans le savoir, comment l’aurais-je découvert ? Comment aurais-je réagi ? C’est à partir de cette réflexion qu’est né « Née sous une fausse étoile ».
LR : Comment avez-vous mené concrètement l’écriture du roman tout en poursuivant vos études ?
CF : J’ai travaillé par périodes, avec de longues pauses. J’ai commencé à écrire le roman à 17 ans, durant l’été entre la fin du secondaire et le début de l’université. J’ai écrit environ la moitié du livre à ce moment-là.
Ensuite, durant le baccalauréat, je n’y ai presque plus touché. J’ai repris l’écriture entre le baccalauréat et la maîtrise. Aujourd’hui, j’ai 27 ans, et le projet s’est développé sur près de dix ans, avec de très longues pauses liées aux études.
LR : Votre formation en travail social a-t-elle influencé votre manière d’écrire ou de construire vos personnages ?
CF : Oui, je pense qu’elle m’a donné une sensibilité particulière aux parcours de vie et à la vulnérabilité. Cela m’aide à écrire sans jugement, à créer des personnages plus nuancés et à mieux saisir la complexité des réalités humaines.
LR : Sans révéler l’intrigue, comment décririez-vous l’univers du roman et les thèmes qui le traversent ?
CF : Le thème central est l’identité humaine : c’est le fil conducteur du roman. On y retrouve aussi l’amour, la famille et la question des choix, puisque l’héroïne, Laura, est confrontée à plusieurs décisions importantes au fil du récit.
LR : Pourquoi était-il important pour vous de raconter cette histoire à un public adolescent et jeune adulte ?
CF : 18 ans représente un âge charnière : on devient officiellement adulte, tout en restant en construction. Il s’agit d’une période où l’on cherche à comprendre qui l’on est et qui l’on veut devenir. Je trouve ce public très inspirant, car il offre encore beaucoup de possibilités et aborde l’avenir avec une certaine naïveté. Par ailleurs, le thème de l’identité se veut universel, et même sans être adopté.e, on peut s’y reconnaître.
LR : Une fois le manuscrit terminé, qu’est-ce qui se passe après le mot « fin » ?
CF : « Née sous une fausse étoile » constitue mon tout premier roman publié, donc je ne connaissais absolument rien au processus éditorial au départ. J’ai énormément appris. Il faut mettre son égo de côté, car le texte est lu, relu et corrigé plusieurs fois. On travaille avec l’éditeur.rice sur la psychologie des personnages et sur l’intrigue. Lorsqu’il y a des incohérences, que ce soit dans la chronologie ou dans le déroulement de l’histoire, c’est à ce moment-là qu’on les corrige. Quand on écrit, on est parfois tellement plongé.e dans sa tête qu’on ne voit plus certaines contradictions.
LR : Maintenant que le livre est sur le point d’être publié, qu’attendez-vous de la rencontre avec les lecteur.rice.s ?
CF : Ce qui m’intéresse surtout, ce sont leurs impressions. J’aimerais savoir ce qu’ils.elles ont pensé du livre : quel.le.s personnages les ont le plus touché.e.s, qu’ils.elles ont moins aimé.e.s et pourquoi ? Cela m’intrigue beaucoup en tant qu’autrice.
LR : Cette première publication a-t-elle modifié votre rapport à l’écriture ?
CF : Oui, beaucoup. J’ai notamment appris à faire la différence entre un bon manuscrit, un manuscrit moyen et un mauvais manuscrit. J’ai aussi appris à prendre du recul par rapport à mon texte, car quand on écrit, tout est clair dans notre tête, mais ce n’est pas forcément le cas pour le lecteur ou la lectrice, qui découvre l’histoire pour la première fois. Et une fois publié, le livre ne nous appartient plus vraiment : il appartient aux lecteur.rice.s. Ce qui nous paraît évident ne l’est pas toujours pour quelqu’un qui découvre l’histoire.
LR : Souhaitez-vous, à terme, faire de l’écriture votre principale activité professionnelle ?
CF : Devenir autrice à temps plein est une chance que peu de personnes connaissent. Ce n’est pas dans mes plans pour l’instant, mais j’aimerais continuer à écrire et publier d’autres livres. J’ai d’ailleurs commencé à travailler sur un deuxième projet, qui comportera également une dimension sociale.
LR : Qu’aimeriez-vous dire à celles et ceux qui s’apprêtent à découvrir votre roman ?
CF : Je veux qu’ils.elles sachent que c’est un roman qui parle d’identité tout en mélangeant les genres. On y trouve de l’action, de l’humour et des thèmes universels comme l’amour, l’amitié et la famille. Je pense que chacun.e peut se reconnaître un peu dans Laura, l’héroïne. J’invite aussi les lecteur.rice.s à me contacter sur les réseaux sociaux pour me dire ce qu’ils.elles pensent. Et je leur donne rendez-vous le 22 février au Salon du livre de Gatineau, où j’aurai plaisir à discuter du roman avec eux.elles et à signer des exemplaires.
