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Opinions

Se déconnecter des réseaux pour se connecter avec soi-même

Correction
2 Décembre 2020

Crédit visuel : Nisrine Nail – Directrice artistique

Chronique rédigée par Mia Dubus – Secrétaire de rédaction 

Cinq heures par jour sur Instagram, trois sur Snapchat, une sur Twitter ; et pourtant, pas une minute pour prendre soin de soi. Là est le triste constat qui m’a poussée, il y a quelques mois maintenant, à supprimer mes réseaux sociaux. Non sans défis, ce choix est pourtant loin de me déplaire.

Si l’image que vous avez de vous-même se limite à celle que vous renvoie votre téléphone, c’est qu’il y a un problème. C’est pourquoi, outre Messenger et Facebook pour le travail, je me suis éloignée des sites internet avec qui j’entretenais une relation toxique. 

Téléphone greffé à la main

Grande pipelette et amatrice de soirées, j’étais bien désorientée quand la pandémie a démarré. Pour garder un tant soit peu de contact avec la réalité, j’ai donc cultivé les discussions avec mes ami.e.s proches et lointain.e.s, retravaillé mes profils virtuels, et c’est dire, me suis même inscrite sur Tinder. 

Et l’addiction, ça vient vite. Est née en moi une dépendance des plus intenses à mon téléphone et à son contenu, bien loin d’être nécessaire. En l’espace de quelques jours, mon temps d’écran a explosé, et mes yeux aussi. 

Pendant des mois et des mois, à chaque hésitation, j’arrivais à me persuader de la nécessité de rester active sur mes plateformes en ligne. Qu’il s’agisse d’un moyen de faire de l’activisme, de rester connectée à mes proches, ou simplement de ne pas m’ennuyer ; toute excuse semblait bonne à prendre. Mais à l’approche du mois de septembre, et du nouveau semestre universitaire, j’ai pris la décision de tout supprimer. 

Faire une pause

Au fond, je savais que cette situation était mauvaise pour moi. En parallèle avec la difficile adaptation à la vie en ligne, elle m’a encouragée à procrastiner, à rester beaucoup plus souvent au lit.

Pire, elle a réussi à affecter mon estime de moi. Que je le veuille ou non, je ne peux m’empêcher de comparer mon corps à ceux des mannequins, ou mon quotidien à ceux des personnes qui passent leur vie à voyager et à réaliser des activités folles. Je sais pertinemment à quel point ce contenu est loin d’être témoin d’une réalité ; c’est un contenu choisi et sélectionné avec soin pour véhiculer une certaine image, un certain message. Je le sais, et pourtant… 

En plus, ce temps passé à juger mon rapport aux autres est du temps perdu pour travailler à mon propre bien-être, et avoir plus confiance en ce que je suis, au-delà de ce que je veux laisser paraître en ligne. En dépit de ma relation avec mes réseaux, je me suis choisie moi. 

Mieux repartir 

Aussi simpliste que cela puisse sembler, ne plus avoir ces vecteurs d’addiction sous la main m’a permis de dormir plus. Finies les nuits à faire défiler Instagram sans même m’en rendre compte ; j’ai dédié tout ce temps à recharger mes batteries, et non pas celles de mon téléphone. 

Ce regain d’énergie m’a aidée au niveau de l’organisation, en me permettant de plus facilement me tenir à un plan établi, évitant les distractions qui pourraient affecter ma concentration. Je me suis donc créé un petit équilibre de vie, peut-être pas parfait, mais qui me permet d’allier des moments de travail intenses à des moments de repos, pour me faire du bien. 

Alors oui, je rate quelques informations exclusives, et mon cercle de fréquentation en ligne a été réduit. Et non, ce n’est pas toujours facile, dire le contraire serait mentir. Parce que des fois, on s’ennuie et on veut penser à autre chose. Mais ça m’a aussi montré avec qui je ressentais vraiment le besoin de communiquer, et qui le veut le peut. Pour ce qui est de l’information, oui, il existe d’autres sources que les tendances Twitter. 

Je sais bien que les réseaux sociaux sont loin d’être simplement mauvais, car ils permettent aussi de belles choses, comme la solidarité virtuelle et le partage de bonnes intentions. Mais je suis pour le moment incapable d’en faire un usage raisonnable, et ça, c’est mauvais. Ma décision ne sera pas éternelle ni définitive, mais elle durera le temps qu’il faudra pour que je mette au point une façon plus saine d’utiliser ces outils.

Je ne compte pas ignorer les enjeux de confiance en moi que cette problématique soulève, je veux juste me créer un environnement plus sain dans lequel adresser mes problèmes et les résoudre efficacement. Et cela a commencé par couper mes réseaux sociaux.

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