
Se protéger contre le VPH : un enjeu de santé pour les étudiant.e.s de l’Université d’Ottawa
Crédit visuel : Élodie Ah-Wong – Directrice artistique
Article rédigé par Davy Bambara – Journaliste
Le virus du papillome humain (VPH) représente l’une des infections transmissibles sexuellement les plus répandues au Canada, touchant une grande majorité des personnes sexuellement actives au cours de leur vie. Face à cet enjeu de santé publique, le centre de santé et mieux-être de l’Université d’Ottawa (U d’O) met de l’avant des services de vaccination et des initiatives de sensibilisation destinées à la communauté étudiante. Au-delà de l’accès au vaccin, ces actions visent à informer, sensibiliser et encourager des choix éclairés en matière de santé sexuelle.
Un virus courant mais souvent méconnu
Le virus du papillome humain (VPH) regroupe plus d’une centaine de virus transmissibles principalement lors de relations sexuelles ou par contact peau à peau dans la région génitale. Selon les données présentées par le centre de santé et mieux-être, environ 75 % des personnes sexuellement actives contractent le virus au cours de leur vie, souvent sans le savoir. « De nombreuses personnes qui contractent le VPH ne s’en rendent même pas compte, car la plupart des types ne causent aucun symptôme », explique Rachel MacLean, superviseure en promotion de la santé au centre de santé et mieux-être. Cette absence de symptômes favorise une transmission silencieuse du virus, renforçant ainsi son caractère répandu, notamment chez les jeunes âgé.e.s de 15 à 24 ans.
Des conséquences pouvant aller jusqu’au cancer
Si la majorité des infections disparaissent naturellement, certaines persistent et peuvent entraîner des complications graves. « Lorsque l’infection ne disparaît pas spontanément, le VPH peut entraîner des cancers ainsi que des verrues anales et génitales », souligne MacLean. Selon elle, le VPH est associé à plusieurs types de cancers, notamment ceux du col de l’utérus, de la gorge, de l’anus, du pénis, du vagin et de la vulve. Ces risques font du VPH un enjeu majeur de santé publique, souvent sous-estimé par la population étudiante.
La vaccination : un moyen de prévention efficace
Face à ces risques, la vaccination se présente comme le moyen le plus efficace de prévention. MacLean affirme que le vaccin protège contre les types de VPH responsables de la majorité des cancers liés à ce virus, ainsi que contre les verrues génitales. Elle ajoute : « La vaccination contre le VPH demeure le meilleur moyen de se protéger et de protéger ses partenaires sexuels. » Cependant, l’efficacité du vaccin n’empêche pas certaines idées erronées. L’une des plus répandues consiste à croire que la vaccination ne concerne que les femmes, en raison de son lien avec le cancer du col de l’utérus. Or, le VPH touche tous les genres et peut entraîner divers cancers. De plus, être déjà sexuellement actif ne réduit pas l’utilité du vaccin. MacLean rappelle que toute personne sexuellement active court le risque de contracter le VPH. Les perceptions erronées constituent à cet effet un frein à la vaccination et soulignent l’importance d’une meilleure sensibilisation.
Une réalité étudiante marquée par le manque de discussion
Du côté des étudiant.e.s, le VPH est généralement perçu comme un problème sérieux, mais encore difficile à aborder. Khalil Diasso, étudiant en pharmacie, affirme avoir découvert le virus dans un cadre académique, notamment en virologie. « Ce virus représente un enjeu important de santé publique, car il est à la base de certains cancers », explique-t-il. Cependant, il souligne que le sujet reste délicat dans les discussions entre pair.e.s : « ce n’est pas facile d’en parler avec d’autres étudiant.e.s. » Selon lui, cette difficulté alimente un manque de sensibilisation concrète sur le terrain.
Face à ces défis, la sensibilisation s’impose comme un levier essentiel. Diasso insiste sur la nécessité de multiplier les efforts de communication, notamment via les réseaux sociaux et les interactions directes avec les étudiant.e.s. « Il faudrait communiquer assez sur le virus et présenter la gravité de la chose en évoquant la possibilité d’avoir des cancers », souligne-t-il. Il rappelle également l’importance des comportements préventifs, comme l’utilisation de protections lors des relations sexuelles.
Une stratégie globale de santé sur le campus
Les actions mises en place s’inscrivent dans une démarche plus large de promotion de la santé sexuelle sur le campus. Le centre de santé et mieux-être propose divers ateliers et activités sur le mieux-être tout au long des semestres d’automne et d’hiver, portant sur les relations sexuelles protégées, la prévention de la violence sexuelle et la santé menstruelle. Ces programmes se déroulent notamment à travers un réseau de pairs éducateurs. L’objectif consiste à fournir aux étudiant.e.s les outils nécessaires pour prendre des décisions éclairées concernant leur santé.
