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Arts et culture

Un ciné-club francophone voit le jour à l’Université d’Ottawa

Crédit visuel : Bianca Raymond – Cheffe du pupitre Arts et culture

Article rédigé par Bianca Raymond – Cheffe du pupitre Arts et culture

Le département de français de l’Université d’Ottawa (U d’O) a récemment inauguré son tout nouveau ciné-club avec la projection du film « Le fantôme de la liberté » du réalisateur espagnol Luis Buñuel. David Boucher, professeur invité cette année au département, anime cette nouvelle initiative mensuelle, ouverte à toute la communauté étudiante. Objectif: explorer les liens entre cinéma, littérature et culture francophone.

Entre mots et images : la francophonie à l’écran

Depuis le 6 novembre 2025, le ciné-club situé à la salle 509 du pavillon Hamelin propose la projection d’un classique du cinéma, qu’il soit francophone ou traduit, suivi d’une session d’analyse guidée par David Boucher. L’objectif du club n’est pas seulement d’étudier les œuvres, mais de créer un espace d’échange et de réflexion collective.

En analysant la manière dont le cinéma s’inspire de la littérature et inversement, le club invite les étudiant.e.s à réfléchir aux éléments qui donnent vie au récit francophone. Pour sa part, Boucher explore la narration, la symbolique et le langage visuel. Le but, c’est de voir comment le cinéma peut prolonger ou transformer une œuvre littéraire, explique-t-il.

Pour sa séance inaugurale, malgré une salle presque vide, le ciné-club a choisi Le fantôme de la liberté (1974) du réalisateur espagnol Luis Buñuel, figure emblématique du surréalisme francophone. Véritable satire sociale, le film déconstruit les normes et les conventions sociales modernes à travers une série de scènes absurdes.

De la scène du dîner inversé, où les hôtes et les invité.e.s s’installent sur des toilettes pour discuter avant de s’isoler pour manger, aux disparitions inexpliquées et aux répétitions étranges, Buñuel joue avec les codes de la narration et les pulsions inconscientes de ses personnages.

Après la projection, l’analyse guidée par Boucher a permis de relier le film aux théories de Freud et au complexe d’Oedipe, dont l’enjeu principal est de comprendre le fonctionnement de l’esprit humain, mais aussi la structure de la personnalité. Il a également souligné la manière dont Buñuel questionne la liberté individuelle et les institutions de pouvoirs. En explorant des films venus autant d’Europe que du Canada, le ciné-club rappelle que la francophonie n’est pas homogène, mais qu’elle constitue un espace diversifié et créatif. Chaque projection devient ainsi une occasion de découvrir une nouvelle culture et une nouvelle histoire.

Le cinéma comme outil de dialogue socio-interculturel

Au-delà de sa dimension culturelle, le ciné-club se veut un lieu de rassemblement pour les étudiant.e.s francophones et francophiles. Il offre aussi l’occasion de vivre et de découvrir la francophonie dans un cadre différent de la salle de classe, tout en ouvrant un dialogue interculturel et en incitant les étudiant.e.s à explorer la diversité francophone sous un angle artistique.

Mawy Bouchard, directrice du département de français rappelle que cette initiative « peut rapprocher des étudiants d’une même cohorte ou qui partagent des intérêts en lien avec les humanités et la culture francophone ».

Le cinéma devient alors un pont entre les langues, un moyen de réfléchir sur les identités et la place de la francophonie dans la culture mondiale. Dans un contexte universitaire bilingue, cette initiative souligne l’importance de maintenir la langue française vivante dans tous les domaines, y compris le septième art.

Le jeudi 20 novembre, le professeur David Boucher a projeté le film La Matrice (The Matrix, 1999), réalisé par Lana et Lilly Wachowski. Pour l'organisateur de cette "soirée cinéma", au-delà de la fiction, le film La Matrice pose la question qui traverse nos études, nos carrières et nos vies : Sommes-nous capables de désapprendre pour mieux comprendre ?

Selon Bouchard, cette initiative vise également à motiver la communauté étudiante à faire des activités sociales, afin de trouver un équilibre entre les travaux universitaires, l’emploi à temps partiel et la vie personnelle. Il explique aussi que ces échanges peuvent être très profitables au sentiment d’appartenance à un groupe soudé par des valeurs communes.

Pour contribuer à promouvoir le ciné-club au sein de la communauté étudiante et sur tout le campus, le département de français prévoit de publier des annonces sur leurs différentes plateformes, notamment  Instagram , FacebookToujours dans le cadre de la promotion de  cette nouvelle initiative, Bouchard estime que la rétroaction des étudiant.e.s, leurs suggestions et commentaires aideront à trouver une façon d’inscrire cette activité dans la planification annuelle du département. 

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