
Un partenariat académique dénoncé par des étudiant.e.s de l’U d’O
Crédit visuel : Élodie Ah-Wong – Directrice artistique
Article rédigé par Rida Ighirane – Journaliste (Stagiaire)
Le maintien d’un partenariat académique entre l’Université d’Ottawa (U d’O) et l’Université de Haïfa, en Israël, suscite des préoccupations au sein d’une partie de la communauté étudiante de l’U d’O, dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient. En effet, le club étudiant INSAF dénonce la poursuite d’un programme d’échange impliquant, selon ses membres, un séjour en Israël.
Une université jugée « pas comme les autres »
Ce programme, qui existe depuis une douzaine d’années, s’inscrit dans un cours conjoint avec plusieurs établissements universitaires. Cependant, un membre de INSAF que la rédaction a rencontré, estime que l’Université de Haïfa soulève des enjeux particuliers.
« L’Université de Haïfa héberge des écoles militaires israéliennes. […] Elle est profondément ancrée dans ces institutions », affirme la source, estimant qu’il est difficile de dissocier l’établissement de certaines structures étatiques et militaires.
Car comme dans plusieurs universités israéliennes, des membres des Forces de défense israéliennes étudient sur le campus. Étant donné que le service militaire est obligatoire en Israël, une grande partie des étudiant.e.s sont donc d’ancien.ne.s soldat.e.s ou des réservistes, et certains programmes permettent même de concilier études et service.
À noter que ce lien entre milieu universitaire et armée s’inscrit toutefois dans un cadre structurel propre au système israélien, et ne concerne pas uniquement l’Université de Haïfa.
Une demande de rupture
Face à cette situation, le groupe formule une demande claire : « On demande la cessation immédiate de ce programme d’échange avec l’Université de Haïfa, mais aussi la rupture des liens institutionnels avec les universités israéliennes », explique la source.
Au-delà du partenariat lui-même, INSAF remet en question la posture adoptée par l’université. « Les universités ne sont pas des espaces neutres. Elles entretiennent des partenariats, financent des projets et offrent des opportunités. Ces choix ont des implications », soutient-elle.
Un programme moins visible et un contexte à risque
Le programme en question n’est plus affiché sur le site de l’U d’O, bien qu’il demeure accessible par d’autres canaux, une discrétion qui peut laisser croire que le sujet est devenu sensible pour l’établissement.
Alors même que le gouvernement du Canada recommande d’éviter tout voyage dans la région, le programme inclut néanmoins la possibilité d’un échange étudiant, dont la pertinence peut également être remise en question dans le contexte actuel.
Une position critiquée
La source estime que l’université est informée de ces enjeux, mais choisit de maintenir le programme. « Ils sont au courant qu’il y a un problème. […] Malgré ça, leur position est de maintenir ces liens et de ne rien changer », affirme-t-elle.
Interrogée à ce sujet, l’Université d’Ottawa, de son côté, met de l’avant la portée générale de ses partenariats internationaux. « L’Université a à cœur d’offrir à toute sa population étudiante l’opportunité de réaliser leurs aspirations dans un environnement d’apprentissage inclusif qui favorise les échanges, la création et la transmission des savoirs », indique-t-elle par l’entremise de son porte-parole.
L’institution souligne également avoir conclu des ententes avec des établissements d’enseignement supérieur dans « plus de 60 pays », invoquant des initiatives visant à favoriser la mobilité étudiante, la recherche et la formation. Ces partenariats s’inscrivent, selon elle, dans le respect des principes de liberté académique, qui protègent notamment les choix pédagogiques et les orientations scientifiques.
Toutefois, elle ne répond pas directement aux préoccupations soulevées par certain.e.s étudiant.e.s quant au maintien de ce partenariat en particulier, dans le contexte géopolitique actuel.
