
Violence sexuelle: un nouvel espace pour briser le silence
Crédit visuel : Jurgen Hoth – Photojournaliste
Article rédigé par Michelet Joseph — Chef du pupitre Actualités
L’Université d’Ottawa (U d’O) dispose d’un nouvel espace dédié, situé à la passerelle entre Fauteux et Thompson, à proximité du Déjà-Vu. Il s’agit du Centre de soutien et de ressources en matière de violence sexuelle. Conçu comme un lieu distinct, accessible et accueillant, ce centre vise à fournir un accompagnement spécialisé tout en clarifiant certaines perceptions courantes liées au Bureau des droits de la personne.
Inauguré le 29 janvier, cet espace accueille les étudiant.e.s, les enseignant.e.s et les membres du personnel. Il se veut également un lieu sûr pour celles et ceux qui souhaitent obtenir des renseignements sur le consentement ou la prévention. Ouvert notamment les mardis et jeudis, de 11h à 14h, ce lieu propose des activités, des formations, du matériel de gestion du stress, des livres et des collations, renforçant ainsi son caractère chaleureux et accueillant.
« Certaines personnes reçoivent des confidences et ne savent pas comment réagir. Elles peuvent venir ici, poser des questions et prendre le temps de comprendre », souligne Marie-Lou Villeneuve-Hobbs, conseillère principale en prévention de la violence sexuelle au Bureau des droits de la personne.
Ce centre constitue une étape importante dans la prise en charge des plaintes, selon Villeneuve-Hobbs. « Auparavant, nous n’avions pas de centre distinct et recevions les personnes dans les locaux du Bureau des droits de la personne. Désormais, nous disposons d’un espace dédié, à l’instar d’autres centres du campus comme le Salon du mieux-être ou le Centre de ressources féministes », se félicite-t-elle.
Contrairement à l’idée répandue selon laquelle le Bureau des droits de la personne ne servirait qu’au dépôt de plaintes, son mandat est beaucoup plus large. Villeneuve-Hobbs précise que son bureau offre également du soutien, oriente vers des services de counseling, et aide à mettre en place des accommodements académiques ou professionnels.
“ La différence réside dans l’atmosphère qui règne dans le nouveau centre: ici, c’est moins formel, plus rassurant et plus humain. ”
-Marie-Lou Villeneuve-Hobbs-
Important mais pas connu
Si l’initiative est saluée, elle révèle néanmoins un constat préoccupant : plusieurs étudiant.e.s n’étaient pas au courant de l’ouverture du Centre. C’est le cas de Xavier Levac, étudiant de première année en génie mécanique et sciences informatiques, qui reconnaît toutefois l’importance d’un tel espace. « Ce dispositif permet aux personnes concernées, ou à celles et ceux qui connaissent quelqu’un.e dans cette situation, d’accéder rapidement à des ressources centralisées. Cela rend l’aide plus facile à trouver », soutient-il.
Soulignant l’importance de la communication, il propose qu’en plus des courriels, le Bureau puisse recourir aussi à d’autres méthodes comme l’affichage physique dans les couloirs, afin d’attirer davantage l’attention.
« Je n’étais pas au courant de l’existence du Centre », avoue Chloé Henderson, étudiante en première année en droit civil. Cependant, sa présence sur le campus reste essentielle. «Certain.e.s étudiant.e.s sont confronté.e.s à ces réalités. Avoir un centre d’accompagnement peut vraiment faire une différence », estime Henderson.
Pour sa part, Ramona Begin, également étudiante en première année en droit, estime que l’enjeu est encore plus large, car dans un milieu universitaire beaucoup de jeunes vivent seul.e.s pour la première fois. Quand on est loin de sa famille, il est crucial pour la communauté étudiante de savoir qu’il existe un tel accompagnement insiste Begin. Elle plaide par ailleurs pour un renforcement des activités d’accueil.
" Une meilleure orientation dès l’arrivée est nécessaire. Les services devraient être mis de l’avant dans les résidences et les lieux fréquentés par les étudiant.e.s. "
-Ramona Begin-
Consciente de ces défis, l’équipe du Centre mise sur une approche proactive.
« Notre objectif est simple : que toute personne qui hésite, qui a peur ou qui ne sait pas vers qui se tourner, se sente suffisamment en confiance pour pousser la porte », conclut Marie-Lou Villeneuve-Hobbs.
