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14 000 personnes pour les droits franco-ontariens

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3 Décembre 2018

Photo Andrey Gosse

Par Miléna Frachebois, journaliste

Les manifestations contre les nouvelles mesures prises par le gouvernement de Doug Ford ont eu lieu le 1er décembre à 13 heures. Alors que 40 autres manifestations avaient lieu un peu partout dans la province de l’Ontario, on estime à plusieurs milliers le nombre de manifestants au Monument canadien pour les droits de la personne sur la rue Elgin à Ottawa.

La manifestation commence officiellement à 13 heures avec des discours, sur une scène mise en place pour l’occasion. De nombreuses personnes montent sur l’estrade, des figures politiques, des groupes de musiques et des membres d’associations franco-ontariennes. Lorsque Trevor Stewart, fondateur du FPIFO et co-organisateur de la manifestation, fait son discours, il rappelle aux Franco-ontariens la raison de leur présence : nous faisons ça « pour notre langue, pour notre culture, pour notre province ».

Afin de mettre l’ambiance à la manifestation tout en restant dans la touche franco-ontarienne, des groupes franco-ontariens de partout dans la province sont venus jouer. En scène, on pouvait retrouver les groupes Rats d’Swompe et Improtéine.

Des manifestants fiers

Au loin, on peut déjà entendre les applaudissements, les sifflets et les cris des Franco-ontariens. Le vert domine la toile, avec des drapeaux, mais aussi des pancartes, et des vêtements. S’y distinguent quelques couleurs : on peut y retrouver du bleu et du rouge avec des drapeaux acadiens, mais aussi québécois qui soutiennent la cause de la francophonie en Ontario.

Les pancartes, très diversifiées, avaient des slogans provocateurs. On pouvait voir au-dessus des sourires franco-ontariens des bras brandissant des « Construire pas démolir », « Franco un jour, franco toujours », « change d’idée ou tu vas nous entendre chialer », « Hontario de Doug Ford ». « Notre langue, nos droits », et bien d’autres slogans.

Tous visaient à dénoncer les mesures prises par le gouvernement, avec des jeux de mots pour dénoncer Doug Ford, ou bien pour montrer que la communauté franco-ontarienne a existé, s’est battue et existe toujours.

Tous les membres de la famille sont au rendez-vous : on retrouve des personnes âgées, des adultes, des étudiant.e.s, et même de jeunes enfants, tous décorés des couleurs de la francophonie en Ontario. Sans oublier les animaux de compagnie, prêts aussi à défendre les droits franco-ontariens, vêtus de vert.  

Natasha White faisait partie des manifestants. Étudiante de 2ème année en histoire à l’Université d’Ottawa, elle est « contre les coupures faites dans le nom de sauver l’économie, car c’est seulement 0,15 % de la dette ! » s’exclame-t-elle. « Nous n’allons pas partir ! ». Elle n’est pas la seule étudiante motivée dans cette manifestation. Nicolas Génier, étudiant de 2ème année à Telfer est venu « pour faire exprimer [ses] opinions sur les enjeux qui concernent la francophonie en Ontario mais aussi promouvoir la protection et l’avancement de la francophonie en Ontario ».

Tristan Suprenant-Nolan, âgé de seulement 10 ans et accompagné de sa famille, était ravi de répondre aux questions de La Rotonde. Il se dit très fier jeune Franco-ontarien. Il est présent à la manifestation car il veut « soutenir la cause des francophones » et rendre les « Franco-ontariens fiers de qui ils sont ». Il veut que les Franco-ontariens arrêtent de se cacher et de se sentir coupables de parler en français.

Simon Coveny, du haut de ses 9 ans, manifeste pour exprimer son inquiétude à propos de l’avenir de sa communauté. Il a peur que si l’on diminue les services en français, l’anglais prenne le dessus, et que l’anglais devienne l’unique langue utilisée en Ontario.

Un contexte de ras-le-bol

Cette manifestation est organisée après les annonces du gouvernement de Doug Ford et les coupures qu’il prévoit faire, c’est-à-dire l’annulation du  projet de l’Université de l’Ontario français (UOF), ainsi que le Commissariat aux services en français, et tout cela dans le but de rembourser le déficit provincial. Cependant, la communauté franco-ontarienne manifeste puisqu’elle estime que la négligence portée envers leur communauté n’est pas légitime pour économiser une somme à l’impact faible dans le déficit de la province, ne représentant qu’une proportion de 0,15 %. Claire Watier, une manifestante de 70 ans, raconte que ses grand-parents se sont battus, sa mère s’est battue, et elle se bat aussi pour un combat qui dure depuis trop longtemps. Elle ajoute, pour contrer les motivations du gouvernement de Doug Ford, que la francophonie en Ontario n’« est pas un coût, mais une richesse ».

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