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3 QUESTIONS POUR COMPRENDRE : L’UNIVERSITÉ FRANCO-ONTARIENNE

Par Nicolas Hubert-Chef du pupitre Actualités 

 

Avec François Charbonneau

Professeur Agrégé

École d’études politiques

Faculté des sciences sociales

Membre du bureau de direction du Centre de recherche en civilisation canadienne-française

 

Saviez-vous que l’Université d’Ottawa compte plus de 1200 professeurs? Ensemble, ils possèdent une expertise sur des sujets allant du droit constitutionnel à la biologie moléculaire. Chaque semaine, La Rotonde interroge un professeur sur un sujet d’actualité. L’occasion pour vous d’en apprendre davantage, et pourquoi pas, de briller dans les soupers de famille et autres lieux propices aux débats.

 

Quelles sont les origines de ce projet ?

 

Il existe depuis au moins les années 1960 une insatisfaction par rapport au post-secondaire en français en Ontario qui vient essentiellement de l’absence de programmes offerts en français par rapport aux programmes anglophones. C’est à ce moment que ce projet a émergé puis a été rejeté par l’élite franco-ontarienne, notamment catholique, alors qu’il y avait une réelle possibilité de scinder l’Université d’Ottawa pour en faire une université française.

Quels sont les enjeux de l’Université franco-ontarienne ?

Il est important de souligner que l’université est aussi un lieu de minorisation linguistique. On a depuis longtemps accepté le principe d’avoir des institutions linguistiquement homogènes pour les établissements primaires et secondaires, mais étrangement pas pour le post-secondaire. En théorie, l’Université franco-ontarienne devrait suivre ce principe, car dans la francophonie canadienne à l’extérieur du Québec, les seuls endroits où il y a une vie francophone, ce sont les institutions.

Quelles sont les limites du projet tel qu’il est actuellement défini ?

Ce projet ne règle pas les problèmes pour lesquels les Franco-ontariens voulaient une université franco-ontarienne. L’ambition du projet est assez restreinte, notamment en ce qui concerne le nombre d’étudiants attendus. Selon les projections réalisées, d’ici 15 ans cette université aura moins du tiers du nombre d’étudiants de l’Université d’Ottawa. Ils n’auront pas d’autre choix que de faire des programmes populaires pour attirer les étudiants et vont ainsi automatiquement créer des programmes qui existent déjà ailleurs. Ceci va fragiliser davantage les programmes francophones au sein des autres universités ontariennes. La solution aurait été de faire de l’éducation en français en situation minoritaire un champ de compétence fédérale et ainsi de donner la possibilité de créer une Université de la Francophonie canadienne.

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