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À quoi s’attendre en Ontario français

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14 janvier 2019

Photo Andrey Gosse

Par: Miléna Frachebois, journaliste

Les coupures du gouvernement Ford ont entraîné la mobilisation des Franco-ontariens en 2018, notamment lors d’une trentaine de rassemblements mobilisant plus de 14 000 personnes le 1er décembre. Qu’en est-il de la suite des choses ? La Rotonde vous propose un aperçu.

Manifestation pour une avancée visible

C’est le souvenir d’une véritable mobilisation des troupes franco-ontariennes qui flotte encore dans l’air plus d’un mois après l’événement. Rappelons que les 14 000 manifestants dépassent le nombre de manifestants contre la fermeture de l’Hôpital Montfort en 1997, ce qui confère à la manifestation du 1er décembre le titre du plus grand rassemblement de l’histoire de l’Ontario français. Ajà Besler, directrice générale de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO), affirme que la manifestation de décembre a permis de « démontrer à quel point la communauté franco-ontarienne est en mesure de se rassembler. Cela augmente notre visibilité ».  Les propos de Trevor Stewart, fondateur du Front de préservation de l’identité franco-ontarienne (FPIFO), font écho à ceux de Besler : « Ça permet de montrer à l’administration Ford que les Franco-ontariens sont capables de se mobiliser, que cela tient à cœur », avant de poursuivre en qualifiant le mouvement de « démonstration de la force franco-ontarienne ».

Quant aux résultats concrets de l’événement, Geneviève Tellier, professeure de sciences politiques et analyste, explique qu’une mobilisation populaire comme celle de décembre est un « très bon moyen de communiquer avec le gouvernement ». Pour l’analyste, la manifestation a eu un impact par son ampleur au niveau provincial, national mais aussi international. Cependant, même si la population franco-ontarienne se fait entendre, l’impact direct se fait toujours attendre, faute de renversement de décision.

Ajà Besler décrit les résultats de la mobilisation comme des « petits pas en avant ». En plus du retour d’un ministère des Affaires francophones, le gouvernement a remis en place le poste de conseillère politique aux affaires francophones pour le Premier ministre, qui avait été aboli en début de l’année 2018. Le retour de ce poste, occupé par Marilissa Gosselin, signifie donc que « quelqu’un dans le bureau du Premier ministre parle français », explique Ajà.

Insatisfaction générale

Malgré les concessions, le gouvernement progressiste-conservateur ne cède pas aux demandes de la communauté et la déception générale se fait ressentir. « Ce n’est pas ce qu’a demandé la communauté », souligne Besler, tout en ajoutant que « la bataille n’est pas finie ». Stewart se dit lui aussi prêt à affronter ce qui s’en vient, en indiquant que même si la manifestation a montré de quoi les Franco-ontariens sont capables, il se désole du besoin de davantage de mobilisation de la part de la communauté, car « le mouvement s’éteint et  les choses ralentissent », ajoute-t-il.

Les attentes d’un nouveau départ sont bien présentes en début d’année. Pour Stewart, dans un monde idéal, Ford revient sur sa décision et remet en place le projet de l’Université de l’Ontario français et les services en français au Commissariat aux affaires francophones. De façon plus réaliste, il s’attend à un « long combat ardu » où il aimerait voir le gouvernement être poursuivi en justice. Tellier confirme pouvoir s’attendre à plusieurs contestations judiciaires de la part des Franco-ontariens.

La manifestation étant à elle seule insuffisante pour s’attendre à un retournement de situation, le gouvernement Ford ne reviendra pas sur sa décision, selon Tellier. Pour Besler, c’est sur une note d’espoir que débute l’année 2019. Le succès de la vente de drapeaux franco-ontariens à l’ACFO depuis les coupures laisse présager un avenir positif.

Et maintenant ?

La grande question des Franco-ontariens depuis le 1er décembre reste « Et maintenant, on fait quoi ? ». Besler confirme qu’une réunion a lieu en ce début d’année pour définir les actions qui seront menées. Dans les projets pour 2019, les associations identifient les prochaines étapes pour avancer. Cela comprend trouver une solution pour l’Université de l’Ontario français, dont le financement de la part du gouvernement ontarien prendra fin le 15 janvier prochain.

L’éducation des anglophones par rapport aux enjeux de la francophonie en Ontario et au Canada figure également sur la liste de priorités afin de « rallier nos alliés anglophones », partage Besler. De nombreuses actions restent indéfinies. « Nous avons beaucoup de choses en tête, on est en train d’établir des projets : manifestations, et d’autres actions qui vont montrer qu’on est encore là », ajoute-t-elle.  Ce qui importe pour la directrice générale de l’ACFO maintenant, c’est de promouvoir la visibilité franco-ontarienne, la présence sur les médias sociaux, de continuer d’en parler. Geneviève Tellier ne prévoit toutefois pas de manifestation d’envergure comparable à celle du 1er décembre.

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