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Arts et culture

Art et identité franco-ontarienne : de nouvelles murales à la Bibliothèque Morisset

Ismail Bekkali
21 juin 2024

Crédit visuel : Université d’Ottawa

Article rédigé par Ismail Bekkali – Journaliste

À l’occasion du Festival franco-ontarien, la Bibliothèque Morisset de l’Université d’Ottawa (U d’O) a invité l’artiste et graffeuse Mique Michelle à réaliser deux murales à l’intérieur du bâtiment. Du 14 au 18 juin, Mique Michelle a travaillé au premier et second étage de la bibliothèque afin d’y représenter l’identité franco-ontarienne.

Un festival célébrant la diversité

Comme chaque année à la mi-juin, le festival franco-ontarien célèbre la culture franco-ontarienne à Ottawa en proposant plusieurs concerts et animations. En mettant à l’honneur différents genres d’artistes francophones, le festival se veut représentatif de la diversité de la culture franco-ontarienne.

Mique Michelle rappelle qu’il ne faut pas réduire ce festival à un simple événement musical, c’est aussi un événement culturel et les façons de le célébrer sont aussi diverses que les identités qu’il représente. C’est à partir de cette perspective que cette collaboration entre l’U d’O et le festival est née, le but affiché étant de prolonger cette célébration de la culture franco-ontarienne, mais aussi de l’exposer fièrement aux yeux de toutes et tous sur le campus universitaire.

Une collaboration originale et inclusive

L’initiative de ce partenariat se démarque par son originalité, associant des sphères qui habituellement ne se seraient jamais croisées. Etant généralement considéré comme un art de rue, retrouver un graffiti à l’intérieur d’un bâtiment académique peut en effet sembler incongru.

En entretien avec La Rotonde, Mique Michelle dévoile comment cette collaboration est née. C’est au cours d’une conférence de l’Association des bibliothèques de l’Ontario que la graffeuse a eu l’occasion d’échanger ses points de vue avec deux membres du personnel de la Bibliothèque Morisset. L’artiste explique que sa démarche est une recherche à la fois artistique, sociale et académique. C’est l’occasion selon elle de montrer qu’il existe « d’autres sources d’informations académiques que les livres ».

Marianne St-Jacques, conseillère communication et marketing au sein de la Bibliothèque Morisset, a pris l’initiative d’organiser en juin une consultation incluant de nombreux.ses participant.e.s francophones. Ainsi, plusieurs membres du corps professionnel de la bibliothèque, des professeur.e.s, et autres agent.e.s médiatiques du campus se sont réunis autour d’une table afin de contribuer à cette production artistique en faisant part de leurs propositions. 

Daphnée Veilleux Michaud est Commissaire aux affaires francophones au sein du Syndicat étudiant de l’Université d’Ottawa. Selon elle, de cette consultation transparait une volonté de représenter une vision moderne de la communauté franco-ontarienne, inclusive et diversifiée, mais aussi « consciente des enjeux auxquels elle fait face ».

L’identité franco-ontarienne en graffiti

Mique Michelle dénonce les préjugés associés à l’art du graffiti et affirme sa volonté de rétablir la vérité sur ce dernier. Selon elle, le graffiti est beaucoup trop souvent associé au vandalisme. Pour elle, au contraire, il s’agit avant tout d’un moyen de revendication, « un médium de communication pour les minorités cherchant à dénoncer les injustices ».

Ainsi, il est important selon l’artiste de réaliser que la communauté franco-ontarienne ne comprend pas qu’une seule culture ou ethnicité, mais bien une multiplicité. Cette communauté grandit, évolue et accueille souvent de nouveaux horizons. Un exemple pertinent mentionné par Mique Michelle est l’artiste Franco-Ontarien Kimya, originaire du Congo, qui performe souvent au festival franco-ontarien.

De la même façon, Veilleux Michaud insiste sur la pérennité de la culture franco-ontarienne en proposant durant la consultation d’ajouter sur l’une des murales le slogan « Nous sommes, nous serons ». Ce dernier fait selon elle référence à une communauté minoritaire ayant souvent été délaissée par le passé, mais qui n’est pas vouée à être oubliée.

Les sources s’accordent pour affirmer que la production de ces murales témoigne d’un réel travail de collaboration et d’inclusivité pour aboutir à des œuvres réellement représentatives de la culture franco-ontarienne.

Les deux murales sont maintenant achevées. Étudiant.e.s et employé.e.s de l’U d’O sont invité.e.s à contempler par elles et eux-mêmes l’œuvre de Mique Michelle. Une inauguration officielle des murales est prévue pour septembre prochain à l’occasion du Jour des Franco-Ontarien.ne.s.

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