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Défense du patrimoine : Deux maisons de la Basse-Ville préservées

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29 octobre 2012

– Par Caroline Ramirez –

La maison au 273 de la Promenade Sussex, un logement unifamilial à la façade de briques jaunes, a été construite en 1946. Celle au 275-279, une maison en rangée à la façade plaquée de briques, au toit plat, avec porches et corniche proéminente, a été construite entre 1903 et 1905.

Mardi 22 octobre, le comité de l’urbanisme de la Ville d’Ottawa, après une lutte acharnée des défenseurs du patrimoine et un ensemble de présentations sur les enjeux entourant la conservation des édifices menacés, s’est prononcé unanimement contre leur démolition.

Mercredi 23 octobre, c’est cette fois le conseil municipal qui a entériné la décision, faisant définitivement passer l’histoire d’Ottawa avant l’élargissement d’une artère routière.

Avant ce dénouement, une trentaine de personnes s’étaient rassemblées lundi 21 octobre devant deux maisons patrimoniales de la promenade Sussex pour s’opposer à leur démolition, demandée par la Commission de la Capitale nationale (CCN) à la Ville d’Ottawa. Les manifestants brandissaient des pancartes colorées, sur lesquelles on pouvait lire « Klaxonnez pour votre patrimoine », « CCN, ne détruisez pas l’histoire de la Basse-Ville » ou encore « Nous méritons mieux ».

Linda Hoad, membre de Patrimoine Ottawa – un organisme à but non-lucratif composé de bénévoles œuvrant à la défense du patrimoine auprès de la Ville et à l’information des citoyens sur l’histoire des quartiers de la capitale – affirme que son organisation « est absolument contre la démolition des maisons ». Pour elle, « c’est incroyable que l’on puisse détruire des éléments patrimoniaux pour construire une route. »

Le conseil d’administration de la CCN réclamait depuis la fin juin 2012 la démolition des édifices. La commission voulait mener à bien un projet d’élargissement de la rue, qui aurait permis d’adoucir le virage dans lequel sont situées les maisons, d’étendre l’espace dédié aux piétons et de créer une piste cyclable. Pour Mme Hoad, « la raison principale justifiant que l’on défende ce patrimoine est que ces maisons font partie d’un district de préservation patrimoniale ». C’est deux bâtiments sont en effet situés au sein du district de conservation du patrimoine de la Basse-Ville Ouest, désigné en 1993 sous la Loi pour le patrimoine de l’Ontario.

Mme Hoad a par ailleurs insisté sur la charge symbolique des bâtiments menacés : « Les édifices ne présentent pas une qualité architecturale particulière, mais on doit les préserver car ce sont d’anciennes maisons d’ouvriers, caractéristiques d’une époque et situées sur la limite du quartier protégé. Ces maisons sont aussi représentatives de parcours de vie : l’abbé Jacques Faucher, très connu dans la Basse-Ville, est né dans l’une d’entre elles et Adrienne Clarkson a passé une partie de son enfance ici, lorsqu’elle a immigré depuis Hong Kong avant de devenir gouverneure générale en 1999 et d’occuper, un peu plus loin sur la promenade Sussex, la demeure du gouverneur général. »

Jean-Yves Pelletier, historien et chercheur en patrimoine, faisait partie des manifestants. Il assure par ailleurs les fonctions de vice-président du Conseil des organismes du patrimoine d’Ottawa et de vice-président des Amis des archives de la Ville d’Ottawa, mais n’était pas présent sous ces titres au rassemblement.

Selon lui, les attaques répétées de la CCN à l’égard du patrimoine sont en partie dues au fait que cette commission est un organisme fédéral, avec ses propres budgets et son propre conseil d’administration : « C’est un organisme national qui gère de très grands espaces, et ils se placent dans un objectif d’embellissement. On se retrouve donc à se battre pour une histoire locale contre une instance fédérale. » Pour lui, « ces maisons représentent l’histoire sociale, l’histoire des gens. Et il faut les préserver pour cela. »

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