
L’Université d’Ottawa lance les ateliers gratuits « Nager pour survivre »
Crédit visuel : Élodie Ah-Wong— Directrice artistique
Article rédigé par Lê Vu Hai Huong — Journaliste
L’Université d’Ottawa (U d’O) a récemment mis en place une initiative qui dépasse le cadre académique : la série d’ateliers « Nager pour survivre » qui aura lieu tous les mercredis, du 18 mars au 8 avril, au pavillon Montpetit. Cette initiative s’adresse à tou.te.s ceux et celles qui souhaitent acquérir des compétences essentielles en natation et en sécurité aquatique.
Selon le Gouvernement du Canada, en 2023, les noyades demeurent un enjeu : entre 2011 et 2023, plus de 1 100 cas ont été rapportés. La majorité touche des hommes, et près de huit cas sur dix concernent des enfants de neuf ans ou moins. En 2020 seulement, 323 décès ont été recensés, avec une moyenne annuelle de 294 décès entre 2015 et 2020.
« Il est essentiel que chaque personne, peu importe son expérience, puisse développer des compétences de base pour se protéger en milieu aquatique »
- Alex Dee, coordinateur aquatique du Secteur récréatif de l’U d’O -
C’est dans cet esprit que le site de l’U d’O indique que ces ateliers sont ouverts aux étudiant.e.s, au personnel, aux diplômé.e.s ainsi qu’au grand public, et qu’aucune expérience préalable n’est requise. Seul le désir d’apprendre est la condition sine qua non.
L’objectif poursuivi par ces ateliers consiste à outiller les personnes participantes avec les bases nécessaires pour apprivoiser la peur de l’eau et se sentir en sécurité, même lors de situations imprévues. « Savoir comment réagir dans l’eau peut littéralement sauver des vies », précise Dee, tout en insistant sur le fait que l’initiative repose sur une approche humaine et inclusive.
Il considère l’eau comme faisant partie intégrante du quotidien, surtout dans un pays comme le Canada, ce qui fait de la sécurité aquatique une nécessité plutôt qu’un luxe. Il souligne également que posséder des compétences de base en natation et en sauvetage demeure un moyen efficace de réduire les risques et prévenir les accidents.
Dee rappelle que les universités jouent un rôle particulier, car elles peuvent toucher une population diverse, incluant des adultes qui n’ont jamais bénéficié de cours de natation. « Beaucoup de personnes arrivent à l’âge adulte sans se sentir à l’aise dans l’eau », remarque-t-il d’abord, en insistant sur l’importance de créer un climat d’apprentissage inclusif et sans jugement.
De son côté, l’entraîneur en chef de l’équipe de natation interuniversitaire de l’U d’O, Vince Sljuka, indique que les compétences enseignées aideront les étudiant.e.s uottavien.ne.s à développer leur confiance et à agir de manière plus responsable lors d’activités aquatiques, sur le campus comme ailleurs. « Nous [les instructeur.rice.s certifié.e.s et des athlètes-étudiant.e.s de l’équipe de natation] sommes directement dans l’eau pour soutenir les participant.e.s lors des exercices et offrir des conseils personnalisés », ajoute-t-il, dans une volonté de renforcer la confiance des participant.e.s. Une mise en confiance qui peut se révéler comme symbole de ce collectif, d’autant plus que Dee souligne que le simple fait de faire le premier pas pour apprendre constitue déjà une victoire, et que les participant.e.s « peuvent être fier.ère.s » de cette démarche.
Quatre ateliers pour vaincre l’eau
Lors de la première séance, les participant.e.s apprendront à rester à flot grâce à des mouvements simples qui permettent de conserver le contrôle dans l’eau profonde. Selon Dee, l’accent sera mis sur la gestion du stress et la préservation de l’énergie, afin que chaque participant.e puisse garder le contrôle de sa situation.
La deuxième rencontre explorera la flottabilité et les techniques permettant au corps humain de rester naturellement à la surface, sur le ventre ou sur le dos, tout en respirant aisément. Les participant.e.s seront encouragé.e.s à adopter une posture détendue et à expérimenter le rythme qui leur convient. Un aspect que l’entraîneur-chef qualifie de « fondamental pour construire la confiance en soi ».
Lors de la troisième séance, l’accent sera mis sur l’entrée sécuritaire dans l’eau et la capacité à s’orienter après l’immersion. Dee explique que cet exercice revêt une importance particulière, car il permet de pratiquer les stratégies pour garder son sang-froid en cas de chute accidentelle et de retrouver rapidement ses repères.
La dernière séance proposera une initiation à des styles de nage simples pour se déplacer avec aisance et sécurité. Sljuka espère que cette expérience inspirera les participant.e.s à devenir des utilisateur.rice.s régulier.ère.s de la piscine et à appliquer leurs nouvelles compétences dans des contextes variés.
La prévention fait des vagues
Pour Sljuka, l’implication des membres de l’équipe interuniversitaire permet un suivi personnalisé et immédiat : « Chaque exercice est supervisé et ajusté selon les besoins des participant.e.s. » Il insiste sur le fait que ces ateliers donnent aussi aux athlètes-étudiant.e.s l’opportunité de s’engager dans leur communauté et de la marquer positivement, au-delà des compétitions sportives.
Dee compare cette initiative au programme Gee-Gees en action, qui renforce les liens avec la communauté universitaire, tout en prévenant les incidents liés à l’eau : « Notre objectif consiste à former des participant.e.s confiant.e.s et autonomes, capables de profiter de l’eau en toute sécurité. »
Les personnes souhaitant s’inscrire à ce programme peuvent désormais rejoindre la liste d’attente. Une fois inscrites, elles auront accès aux quatre ateliers.
