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Peut-on devenir dépendant à la création?

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12 novembre 2012

– Par Caroline Ramirez –

L’une des fresques que Lukasz Bober a réalisées sur la rue St-Rédempteur à Hull – photo Caroline Ramirez

Camille Claudel, sculpteuse française de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème siècle, s’est adonnée à la sculpture jusqu’à la folie et la mort, après avoir connu une histoire d’amour déchirante avec Auguste Rodin, sculpteur tout aussi renommé. La sculpture a ainsi constitué pour elle une échappatoire mortelle car excessive, une addiction malsaine en même temps que magnifique. La création peut-elle alors produire les mêmes effets sur l’être humain qu’une drogue?

C’est la question à laquelle tenteront de répondre les conférenciers participant, les 28 et 29 mars 2013, à une rencontre organisée par l’Association méditerranéenne de prévention et de traitement des addictions (AMPTA) et intitulée « Addiction et création ». Durant ces journées de présentations, qui se tiendront à la bibliothèque de l’Alcazar à Marseille, les intervenants se pencheront ainsi sur les questions suivantes, figurant au programme: « La création peut-elle être addictive? L’acte de créer peut-il devenir «objet de dépendance» et conduire ainsi à une perte de liberté ? Les processus psychiques et sociaux à l’œuvre dans la création artistique peuvent-ils s’apparenter à ceux que l’on retrouve dans les différentes formes d’addictions ? »

Sigmund Freud lui-même, dans son ouvrage Malaise dans la civilisation, plaçait sur un pied d’égalité les satisfactions substitutives que nous procure l’art et celles que nous offrent les stupéfiants dans leur capacité à aider l’être humain à supporter une « vie trop lourde, qui inflige trop de peines, de déceptions et de tâches insolubles ».

Pour Lukasz Bober, un artiste peintre de 24 ans de la région de la capitale nationale, interrogé par La Rotonde, son besoin de créer ne s’apparente toutefois pas à une addiction néfaste. Au contraire, pour lui, être accro à l’art est un mode de vie assurant son bonheur: « Ce n’est pas juste une addiction à l’art, c’est une addiction à l’amélioration. Plus tu en fais, plus vite tu t’améliores, plus tu en veux. » Ayant conscience du caractère exceptionnel de la fréquence de sa pratique, il reconnaît également que sa passion passe avant beaucoup de choses, même s’il ne s’agit aucunement pour lui d’un sacrifice: « Je me fais souvent dire «Oh, tu devrais faire autre chose dans la vie, tu vas regretter», mais je m’en fous. Ce que je regretterais, c’est d’avoir suivi leurs conseils au lieu d’avoir fait mes propres choix. » Ces propos rejoignent ceux de Cecil B. DeMille, acteur et réalisateur de renom du début du 20ème siècle, qui avait affirmé: « La création est une drogue dont je ne peux pas me passer ».

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