Inscrire un terme

Retour
Actualités

SOS, la Garderie Bernadette tire une « dernière » sonnette d’alarme

 Crédit visuel : Gabriela McIntyre-Garcia 

Article rédigé par Davy Bambara – Journaliste

Malgré des mois de mobilisations, d’actions syndicales et d’interpellations publiques, aucune solution concrète n’a été mise en place pour assurer sa relocalisation. À l’approche du 31 mai 2026, date prévue de la fermeture définitive, la direction de la Garderie Bernadette Child Care Centre (GBCCC) lance un appel pressant pour éviter la disparition du centre.

Les responsables de la Garderie Bernadette Child Care Centre ont engagé une nouvelle démarche décisive pour tenter de sauver l’institution. Deux lettres ont été envoyées : l’une à l’administration de l’Université d’Ottawa (U d’O), l’autre au ministère de l’Éducation de l’Ontario. La direction sollicite ainsi un appui institutionnel et gouvernemental afin d’identifier un nouvel emplacement sur le campus. Depuis l’annonce de la démolition du bâtiment Brooks, situé au 100, avenue Thomas More, à l’automne 2021, l’avenir demeure incertain. Leur objectif est clair : empêcher  la fermeture définitive prévue pour le 31 mai 2026 et préserver un service de garde abordable, profondément ancré dans la vie universitaire. 

Promesse non tenue

Dès 2021, l’Université d’Ottawa (U d’O) informait la Garderie Bernadette Child Care Centre de la démolition à venir du complexe Brooks. L’administration affirme avoir respecté l’entente conclue, qui prévoyait notamment un préavis de six mois, et soutient avoir accompagné la garderie dans ses démarches de relocalisation. Elle précise toutefois qu’aucun espace adéquat n’est actuellement disponible sur le campus, ni à court ni à moyen terme.

La direction de la garderie présente une lecture différente de la situation. Natalie Bruvels, présidente du conseil d’administration de la GBCCC, affirme que l’Université d’Ottawa (U d’O) s’était engagée, par écrit, à soutenir une relocalisation sur le campus. Une lettre datée du 15 décembre 2021, signée par Eric Bercier, vice-recteur associé aux affaires étudiantes, évoquait plusieurs options, dont le site du 200, avenue Lees (bloc E), alors présenté comme l’option privilégiée.

À l’automne 2025, après plusieurs visites et des discussions jugées avancées, un accord verbal aurait été conclu en vue de la signature d’un nouveau bail. Le 2 décembre 2025, l’Université d’Ottawa (U d’O) aurait retiré cette option, invoquant des préoccupations environnementales. Selon Bruvels, la garderie n’a pas eu accès au rapport justifiant cette décision et le document obtenu par la suite ne révélait aucun obstacle majeur au projet. Une proposition visant à financer une évaluation indépendante pour clarifier la situation serait également demeurée sans réponse. 

Des conséquences humaines et financières

Si elle se confirme, la fermeture de la Garderie Bernadette entraînera la perte de 49 places subventionnées par le programme CWELCC (Système pancanadien d’apprentissage et de garde des jeunes enfants), en plus de mettre fin à un projet d’expansion prévoyant l’ajout de 49 places supplémentaires ainsi que le développement de services de garde occasionnelle destinés aux étudiant.e.s.

Pour les parents, les répercussions sont immédiates et concrètes. Diane Munezero, étudiante à la Faculté des sciences et mère d’un enfant de 19 mois, souligne que la garderie est indispensable à l’équilibre de sa famille. 

" La Garderie Bernadette me permet de poursuivre mes études pendant que mon conjoint travaille à temps plein, ce qui constitue notre seule source de revenus. Sans elle, je ne sais pas comment continuer."

-Diane Munezero- 

Elle souligne également l’absence d’alternatives abordables. Les services privés, dont les coûts varient entre 1 200 à 1 600 dollars par mois, dépassent largement ses moyens financiers, une situation qui l’amène à envisager l’abandon de ses études.

Shauna Malcolm, étudiante à la maîtrise en sciences sociales, partage cette inquiétude. Sans famille ni réseau de soutien à Ottawa, elle considère la garderie comme son unique filet de sécurité. « Sans services de garde universitaires, je n’aurais jamais pu terminer mon baccalauréat ni entreprendre ma maîtrise », affirme-t-elle. Pour elle, la fermeture de la Garderie Bernadette compromet directement la poursuite de son parcours académique et professionnel.

La position de l’Université d’Ottawa

Dans une déclaration transmise le 30 janvier 2026 par courriel à La Rotonde, Jesse Robichaud, directeur des affaires publiques au Bureau des communications et des affaires publiques de l’Université d’Ottawa, rappelle que l’U d’O reconnaît l’importance des services de garde, et qu’elle a soutenu la Garderie Bernadette Child Care Centre pendant plusieurs décennies en offrant des locaux gratuitement et en assumant certains coûts d’exploitation.

L’Université maintient avoir respecté ses engagements contractuels et indique qu’elle continue d’appuyer la garderie pour explorer des solutions externes. Elle affirme également vouloir accompagner les membres de la communauté universitaire touchés par cette situation, notamment par la désignation d’une personne ressource.

Un dernier appel à l’action

Selon Kesha Murray, directrice générale de la Garderie Bernadette, le personnel vit cette période avec une grande anxiété. « L’incertitude dure depuis des années. Les signaux positifs à l’automne 2025 avaient ravivé l’espoir, et le revirement soudain a été profondément démoralisant », explique-t-elle. 

Par l’envoi récent de lettres à l’U d’O et au ministère de l’Éducation de l’Ontario, la Garderie Bernadette espère rouvrir le dialogue et obtenir un engagement clair en faveur d’une relocalisation sur le campus. 

Pour les parents concerné.e.s, l’enjeu dépasse la simple question logistique. « Les services de garde sur campus ne sont pas un luxe, mais une condition essentielle à l’équité et à la réussite étudiante », insiste Munezero. « Derrière cette fermeture, il y a des familles réelles, des études compromises et des avenirs fragilisés. »

Quel avenir pour la Garderie Bernadette ?

À quelques mois de l’échéance de mai 2026, le temps presse. L’Université d’Ottawa et les autorités provinciales entendront-elles cet appel urgent ? Ou laisseront-elles la Garderie Bernadette Child Care Centre fermer définitivement ses portes ?

Inscrivez-vous à La Rotonde gratuitement !

S'inscrire