Inscrire un terme

Retour
Actualités

Bilinguisme officiel à Ottawa-La campagne touche le campus

Bilingue

Par-Frédérique Mazerolle-

Illustration: Andrey Goose

Le Mouvement pour une capitale du Canada officiellement bilingue, actif depuis déjà deux mois, a fait de son devoir de rendre la ville officiellement bilingue d’ici l’année 2017, en vue du 150e anniversaire de la Confédération du pays, et ne semble pas reculer. L’initiative a provoqué des réactions dans la communauté universitaire.

Ville bilingue, université bilingue

Plusieurs professeurs et anciens diplômés de l’U d’O se sont prononcés sur la question du bilinguisme, étant en accord avec le fait qu’il serait important de l’officialiser.

Le professeur à la Faculté de droit, Pierre Foucher, a publié un texte le 2 septembre dernier dans le journal Le Droit portant sur ce sujet. Le texte, intitulé « Plus qu’un symbole », explique que le bilinguisme est nécessaire pour la ville d’Ottawa et que l’on doit le protéger à l’aide d’une loi municipale.

« Voir sa langue reconnue officiellement par un gouvernement, fut-il municipal, signifie que cette langue est acceptée, elle fait partie de la gouvernance, elle sera utilisée par le gouvernement en question, et s’il y en a deux, ce sera sur un pied d’égalité l’une avec l’autre », a écrit ce dernier dans la lettre en question.

Il rappelle également au maire Jim Watson qu’il n’est pas seulement le maire d’une ville, mais bien le maire de la capitale nationale. « Je crois qu’avec les actions des citoyens et des officiels d’Ottawa, le projet de bilinguisme pourra aller de l’avant », a expliqué le professeur.

Le conseiller municipal Mathieu Fleury, natif d’Ottawa et ancien étudiant de l’U d’O, a aussi soulevé l’idée que l’adoption du bilinguisme officiel ne pourrait être que bénéfique pour les étudiants de l’Université d’Ottawa.

« Ça va continuer d’augmenter la synergie des programmes de l’Université au niveau de l’offre des services bilingues. Ça demeure encore une fois un attrait encore plus attrayant pour les étudiants et surtout pour les étudiants francophones qui veulent étudier dans leur langue », affirme le francophone ottavien.

Pourquoi s’y attarder maintenant?

« On a bien trop attendu! », s’est exclamé Jacques de Courville Nicol, le leader du Mouvement. Il rappelle qu’en 1969, lors de l’adoption de la Loi sur les langues officielles au fédéral, il avait été entendu qu’Ottawa, étant la capitale nationale, devait s’assurer d’offrir des services dans les deux langues du pays.

« Je crois qu’après 150 ans, Ottawa se doit d’être déclarée bilingue. Les gens d’Ottawa, anglophones comme francophones, devraient avoir accès à des services dans la langue de leur choix », a argumenté ce dernier.  Les Ottaviens francophones, même en étant une minorité, représentent tout de même environ 20 % de la population de la capitale nationale.

Le Mouvement, qui a connu ses premiers succès cet été, s’est lié avec plusieurs regroupements et organismes de la région et d’ailleurs. Entre autres, la Fédération des aînées et aînés francophones du Canada, le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) et des députés des partis libéral et néo-démocrate du Canada ont tous affirmé leur soutien pour la cause. Ils font présentement circuler une pétition et diffusent de l’information pour sensibiliser la population d’Ottawa à l’importance d’un statut de bilinguisme officiel dans la capitale.

Le RÉFO a quant à lui rédigé et propagé une pétition pour rendre Ottawa officiellement bilingue, qui à date contient au-delà de 1500 signatures.

La position du maire critiquée

Une déclaration du maire Jim Watson, faite en août dernier, a suscité beaucoup de controverse dans la région. Anglophone et francophile, il a expliqué ne pas trouver nécessaire l’adoption d’une loi municipale sur le bilinguisme, considérant l’offre des services en anglais et en français suffisante. Selon lui, « notre politique est efficace et fonctionne bien pour notre communauté ».

M. de Courville Nicol affirme qu’il s’agit d’un obstacle malheureux. « Ce qui me déçoit le plus, c’est que Jim Watson est un homme bilingue et intelligent et qu’il s’oppose à ce projet. Je trouve inacceptable que le maire d’Ottawa détient une position si peu développée », confie le militant.

Inscrivez-vous à La Rotonde gratuitement !

S'inscrire