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Arts et culture

Festival de danse en milieu scolaire (FDMS) : le mouvement comme langage universel

Crédit visuel : Jurgen Hoth – photojournaliste

Article rédigé par Bianca Raymond – Cheffe du pupitre Arts et culture

Plus de 100 élèves provenant d’écoles secondaires francophones de l’Ontario se sont réuni.e.s à l’école secondaire De la Salle, du 5 au 7 mars, à l’occasion du Festival de danse en milieu scolaire (FDMS), organisé par MASC. Le spectacle d’ouverture en lui-même a offert un aperçu remarquable de ce dont ces jeunes allaient bénéficier pendant le festival, tant sur le plan technique qu’artistique.

Lors de la cérémonie d’ouverture, trois œuvres ont été présentées, explorant chacune à leur manière des thèmes ainsi que des mouvements de danse différents. Durant ces trois journées, les élèves ont participé à des ateliers portant sur différents styles de danse, dont l’afro-beats, le hip-hop et le breakdance. 

Pour continuer cette aventure, iels ont pris part, le samedi, à un duel de danse (dance battle), animé par MOOV Ottawa. Ensuite, le dimanche matin, une performance de danse aux cerceaux leur a été présentée par Makhena Rankin Guérin. Pour clôturer enfin le festival, iels ont présenté des chorégraphies créées avec l’aide de leurs entraîneur.e.s.

Un dialogue entre violon et mouvement

La première pièce, Refuge de sens, créée par Elizabeth Emond-Stevenson et Kathryn Patricia Cobbler, a offert au public un moment empreint de sensibilité. Cette création a pris forme en collaboration avec le musée Diefenbunker. Emond-Stevenson y a consulté les archives afin de s’inspirer de l’histoire du lieu, autrefois utilisé comme bunker pendant la Guerre froide. Elle a également échangé avec les personnes qui n’ont pas été consultées lors de la construction du bunker  « On voulait explorer l’idée des personnes qui sont restées invisibles pendant la planification et le déroulement du musée », souligne-t-elle.

Sur scène, deux artistes ont occupé l’espace : Emond-Stevenson à la danse et Cobbler au violon. La danseuse a d’abord suivi la violoniste sur une musique douce et mélancolique. Peu à peu, leurs gestes se sont répondus, créant un dialogue entre mouvement et musique. Vers la fin, les deux artistes ont répété le mot « die », dans une ambiance qui a progressivement augmenté l’intensité du spectacle, accompagnée d’une mélodie qui s’accélère pendant que la danseuse parcourt la scène en courant. Enfin, la pièce s’est terminée dans l’immobilité, les deux artistes étendues au sol.

Selon Emond-Stevenson, la performance a suivi un principe d’appel et de réponse : la violoniste lance un appel musical, auquel la danseuse répond par le mouvement.

Des corps attirés et repoussés

La deuxième pièce, Les Champs Magnétiques, a exploré l’attraction et la séparation entre des forces opposées. Interprétée par six danseuses sur un rythme marqué par la batterie, la chorégraphie a privilégié des mouvements brusques et dynamiques.

Dans cette pièce, les interprètes se déplacent souvent en groupe, tout en conservant chacune un moment pour briller en solo. Par moments, elles se divisent en duos ou en trios, créant des dynamiques variées sur la scène.

Vers la fin, lorsque les danseuses sautent en suivant un rythme précis, le bruit de leurs pas semble provenir du sol, mais il s’agit en réalité du son de la batterie. La pièce se conclut par une danse circulaire où chacune développe ses propres mouvements avant qu’une seule interprète ne reste sur scène.

Quand la danse rejoint le public

La dernière pièce, J’ai ding, interprétée par cinq artistes de la Compagnie ODD, propose une approche ludique de l’énergie collective. Contrairement aux autres performances, les interprètes entrent par les portes de l’auditorium, vêtu.e.s de costumes rouges, de perruques blondes et de chapeaux noirs. Sur un rythme funky, iels se déplacent dans les allées et interagissent avec le public, qui répond par des « ooh » enthousiastes.

Les artistes ont également fait usage des sièges vides, tout en jouant avec leurs expressions faciales, pour créer des moments comiques. À la fin, les interprètes montent sur scène, s’inspirent des gestes du quotidien, pour créer une chorégraphie au sol, ponctuée de roulades. L’une des artistes explique que la pièce a été apprise en environ deux jours, inspirée d’un atelier sur le mouvement tenu à la School of Dance.

Entre apprentissage et expression personnelle

Au-delà du spectacle, le festival se veut également un espace d’apprentissage pour les jeunes qui y participent. Pour plusieurs élèves, l’expérience leur a permis de découvrir différentes manières d’interpréter une même musique.

Pamella, élève à l’école Père-Phillipe-Lamarche à Toronto, explique que l’un des éléments qui l’a personnellement marquée réside dans la diversité des styles et des approches. « Chacun.e a son propre niveau, […] tout le monde réagit différemment à la même musique », souligne-t-elle.

Sa camarade Marceline remarque également cette variété dans les interprétations. « Certaines personnes sont plus “hypées”, d’autres plus lentes, plus détaillées dans leurs mouvements, tout en réagissant à la même chanson », explique-t-elle.

Pour Sara, élève à l’école Gisèle-Lalonde, les ateliers ont surtout montré que chaque danseur.se peut apporter sa propre touche aux mouvements : « Même s’il ne s’agit pas d’un type de danse que nous pratiquons, il existe toujours quelque chose de personnel que nous pouvons y ajouter. »

Du côté de MASC, Cindy Vachon, membre du conseil d’administration de l’organisation, relate que l’événement a permis à ces jeunes élèves de découvrir de nouvelles passions, de faire des rencontres et de s’exprimer à travers la danse.

Les artistes invité.e.s se sont également exprimé sur l’événement. Iels soutiennent que la danse représente un moyen d’expression fondamental pour les jeunes. Dans ce même ordre d’idée, la chorégraphe Julianne Lavertue, maîtresse de cérémonie lors du spectacle d’ouverture et animatrice d’atelier lors du festival, souligne que le mouvement peut parfois mieux exprimer ce que les mots ne peuvent pas.

En définitive, Sophie, entraîneuse au festival et ancienne élève du programme de danse de l’école secondaire De La Salle, rappelle que le FDMS représente avant tout un espace pour partager le plaisir de bouger. Pour elle, la danse n’a pas toujours besoin d’être sérieuse pour être significative. « Je veux surtout avoir du fun avec ces jeunes, apprendre à les connaître et créer quelque chose d’amusant », conclut-elle.

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