
Génie et informatique : les étudiant·e·s présentent leurs projets au public
Crédit visuel : Jürgen Hoth – Photojournaliste
Article rédigé par Lê Vu Hai Huong — Journaliste
La Faculté de génie de l’Université d’Ottawa (U d’O) a organisé, le 12 mars dernier, la Compétition d’affiches des études supérieures en génie et en informatique. En marge de la Journée de célébration de la recherche en génie, cet événement a eu lieu dans les complexes ÉITI et STEM. Au total, 93 étudiant.e.s ont présenté leurs projets de recherche devant un public curieux et engagé.
De quoi il s’agit ?
« Cette journée vise à créer une véritable culture d’échange et de collaboration au sein de notre communauté de recherche », explique Eliane Cayen, porte-parole de la Faculté de génie, en entrevue avec La Rotonde. Selon elle, les étudiant.e.s de sa faculté travaillent sur des projets qui ont un impact concret sur la société, mais ont peu d’occasions de les présenter au public.
Près d’une centaine d’étudiant.e.s à la maîtrise ou au doctorat en génie et en informatique ont pris part à cette édition de 2026, précise-t-elle, en soulignant l’introduction d’une nouvelle fonctionnalité pour encourager l’engagement des visiteur.euse.s. « On a aussi un prix du public, une composante qu’on a ajoutée cette année afin de créer une dimension interactive qui encourage la communauté à interagir avec les participant.e.s », précise Cayen.
26 juges issus de l’industrie ont évalué les projets présentés. Pour la représentante de la Faculté de génie, leur participation a offert aux étudiant.e.s l’occasion de recevoir des commentaires concrets et applicables à leurs travaux.

Pour répondre aux défis de notre époque
Les propositions soumises ont été regroupées en cinq grands axes de recherche : la technologie de la santé, la transformation numérique, les infrastructures durables, les matériaux émergents et la photonique. Selon Cayen, ces thématiques répondent directement aux défis contemporains auxquels fait face la société.
Selon la porte-parole de la Faculté de génie, la compétition sert non seulement à mettre en valeur les réalisations académiques des participant.e.s, mais aussi à leur permettre de développer leurs compétences en communication scientifique de manière claire et compréhensible. « Cet exercice leur permet de travailler sur des compétences essentielles, comme […] leur capacité de synthèse », conclut-elle.
Yihan Liao, étudiante de première année à la maîtrise en génie civil, a reçu un prix de la Société canadienne de génie civil pour un projet réalisé en équipe. Elle a souligné l’importance de la préparation et de la réflexion approfondie sur la façon de communiquer des résultats dans une compétition. Elle devait « communiquer les idées clés de façon simple et compréhensible ». Surprise par sa victoire, elle reconnaît la qualité des autres projets présentés, qui, selon elle, sont « innovants », « intéressants » et « excellents ». « Être sélectionnée comme gagnante a été un véritable honneur », a-t-elle confié.
Par ailleurs, Cayen souligne un autre enjeu : « Les femmes sont souvent sous-représentées en génie. Nous essayons de leur donner une plus grande visibilité à travers notre compétition ». Elle évoque, en ce sens, la création d’une catégorie de prix dédiée à la reconnaissance des femmes dans ces domaines. Danielle Rainville, étudiante en génie civil de deuxième cycle, s’est vu décerner cette distinction.
La reconnaissance comme source de motivation
Rainville a également obtenu le premier prix dans la catégorie des infrastructures durables. « Je ne m’attendais pas à un prix. Recevoir la première place m’a réellement choquée », a-t-elle avoué, surprise par cette distinction. Elle a décrit l’émotion ressentie après la remise du prix, évoquant des mains tremblantes même une fois assise.
Selon la lauréate des deux distinctions, la valeur de ces reconnaissances dépasse largement la récompense financière. « Le fait d’être reconnue par mes pairs pour une recherche mentionnée comme la meilleure est le véritable prix pour moi », s’exclame-t-elle, avec enthousiasme. Elle souligne également le travail en amont durant un an, pour aboutir aux résultats de sa recherche ainsi que l’effort déployé le jour de la présentation, dans la matinée, pour terminer ses préparatifs dans les transports, en se concentrant sur les points essentiels et la clarté des explications destinées aux juges.
Une reconnaissance qui valide le parcours
Eslin Ustun Karatop, candidate au doctorat en neurosciences, a également reçu un prix dans la catégorie IEEE (l’Institut des ingénieurs électriciens et électroniciens) pour son projet de thèse. « La recherche peut parfois ressembler à un voyage long et incertain », a-t-elle confié.
Entendre son nom lors de la cérémonie a représenté une forme de validation importante pour son travail : « C’était comme une reconnaissance de tout l’effort investi dans le développement du projet ». En effet, sa présentation résulte de plusieurs années de recherche, illustrant la persévérance nécessaire dans ce domaine.
De son côté, Liao souligne également combien cette reconnaissance représente une source de motivation pour la suite de ses études. Elle a annoncé que, lors de la prochaine étape du projet, son équipe prévoit d’explorer des approches d’apprentissage automatique afin d’améliorer l’interprétation des données de son projet.
