Crédit visuel : Élodie Ah-Wong — Directrice artistique
Article rédigé par Lê Vu Hai Huong — Journaliste
À la fin de la session hivernale 2026, des étudiant.e.s fatigué.e.s remplissent les couloirs, les cafés débordent et les bibliothèques deviennent des lieux très fréquentés. Entre les examens finaux, les travaux de recherche et les échéances multiples, la pression de la performance s’intensifie. La communauté uottavienne partage ses expériences et des conseils pratiques pour y faire face.
Stress, équilibre et gestion du temps
« Je dirais que le stress et la gestion du temps, ce sont les deux facteurs les plus communs dans mes rencontres avec des étudiant.e.s [pour gérer les échéances et les tests] », constate Rahma Wardak, mentor senior à la Faculté des sciences de la santé depuis trois ans. Selon Nicolas Matta, mentor à la Faculté des sciences sociales depuis deux ans, les défis diffèrent selon le parcours académique.
L’un des défis apparaît dès la publication de l’horaire des examens sur le portail étudiant, observe Wardak. D’après elle, les étudiant.e.s s’inquiètent de ne pas avoir assez de temps pour réviser si les épreuves sont trop rapprochées dans la semaine.
Le mentor Matta précise que les étudiant.e.s de première année doivent souvent s’adapter à un nouveau rythme et à des attentes académiques plus élevées, ce qui complique leur équilibre. À l’inverse, les étudiant.e.s en fin de parcours font face à une fatigue accumulée et doivent trouver la motivation nécessaire pour persévérer jusqu’à la fin, témoigne-t-il. « Même moi, comme c’est difficile parfois, on devient plus fatigué et on se tourne davantage vers le futur : comment est-ce que la vie sera après l’université ? », se questionne Matta.
De son côté, Ella Poitrimoult, étudiante en troisième année en médecine moléculaire et translationnelle, souligne que la motivation peut diminuer lorsqu’on doit réviser des contenus particulièrement denses et récapitulatifs. « Il y a des fois, c’était difficile, pour certains cours, de rester motivée, surtout quand tu as énormément de choses à apprendre et particulièrement quand c’est récapitulatif », affirme-t-elle.
Organisation, priorités et techniques
Matta recommande de mettre en place un horaire structuré tout en restant flexible. Plus précisément, il suggère de mettre chaque activité dans un agenda, y compris les pauses et les moments sociaux, afin d’avoir une vision claire de sa journée. Une autre méthode, ajoute-t-il, repose sur la définition de dix objectifs quotidiens, dont trois prioritaires. « Les trois choses doivent être finies et les sept autres objectifs sont des choses que tu aimerais finir le jour même », explique le mentor de la Faculté des sciences sociales.
Il encourage également les étudiant.e.s à commencer leurs révisions environ trois semaines avant les examens afin de mieux gérer les imprévus. Aborder les objectifs progressivement, « un pas à la fois », plutôt que de se concentrer uniquement sur la fin du parcours, recommande-t-il.
Wardak invite les étudiant.e.s à identifier les cours nécessitant davantage d’efforts en fonction de leurs forces et de leurs difficultés. Parmi les techniques existantes, elle propose la méthode Pomodoro, qui alterne 25 minutes de travail et cinq minutes de pause, ainsi que l’étude espacée pour améliorer la mémorisation.
Pour Poitrimoult, l’environnement social joue également un rôle déterminant, puisque voir ses pairs travailler contribue à maintenir sa concentration. De même, Wardak suggère la formation de groupes d’études pour certains cours, favorisant un sentiment d’appartenance chez les étudiant.e.s. « Cela crée une communauté, le fait de sentir qu’on n’est pas seul.e dans ce parcours-là », soutient-elle.
Matta insiste sur l’utilité de la technologie pour aider avec la fin de la session. Il mentionne l’outil Goblin Tools, qui permet de diviser des tâches complexes en étapes plus simples avec une estimation du temps requis. Il propose aussi d’utiliser l’intelligence artificielle pour transformer des notes en questionnaires ou pour revisiter des concepts difficiles. D’après lui, des outils comme Readen ou les balados générés à partir des notes de cours permettent également d’optimiser le temps d’étude.
Santé mentale, sommeil et résilience
Matta rappelle que les étudiant.e.s demeurent avant tout des êtres humains et que nous ne devons pas percevoir les échecs ponctuels comme définitifs, mais comme des occasions d’apprentissage. Il encourage à reconnaître les progrès, même modestes, comme passer d’une note de 52 % à un C+. « Si tu améliores, tu réussis. Garde ça en tête », encourage-t-il.
Wardak met en garde contre les stratégies extrêmes, telles que les nuits blanches, qui nuisent à la consolidation des connaissances et augmentent les risques d’erreurs d’inattention. Elle préconise plutôt un équilibre incluant le sommeil, l’alimentation et l’activité physique.
« C’est important d’avoir un bon repas les jours où l’on étudie, d’avoir du repos, d’avoir sept à huit heures de sommeil », souligne-t-elle. Elle encourage également les moments à l’extérieur pour réduire le stress. À cela, Matta ajoute que communiquer avec les professeur.e.s en cas de difficulté s’avère important, notamment durant leurs heures de bureau.
Les deux mentors rappellent que la fin de session marque aussi l’approche d’une pause d’été et qu’il peut être utile de planifier des activités estivales pour rester motivé.e jusqu’à la dernière étape.

