La Rotonde
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Publié le lundi, 13 février 2017

L’Uni­ver­sité d’Ot­tawa ouvre ses portes aux victimes de la poli­tique d’im­mi­gra­tion améri­caine

Actua­li­tés

Par Nico­las Hubert – Jour­na­liste

DÉCRET ANTI-IMMIGRATION DE DONALD TRUMP

À la suite de la signa­ture du contro­versé décret de Donald Trump inter­di­sant l’ac­cès aux États-Unis aux ressor­tis­sant.e.s de sept pays à majo­rité musul­mane, l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa (U d’O) s’est enga­gée à accueillir les étudiant.e.s et univer­si­taires ciblé.e.s par ce décret et à inter­cé­der en leur faveur auprès des auto­ri­tés cana­diennes pour l’ob­ten­tion du statut d’im­mi­gra­tion leur permet­tant de pour­suivre leurs acti­vi­tés scolaires au Canada. Retour sur ces nombreuses mesures et sur leur réelle portée.

Hellène Pelle­rin, profes­seure à l’École d’études poli­tiques s’in­té­res­sant aux phéno­mènes migra­toires, s’in­ter­roge néan­moins sur les retom­bés concrètes de telles mesures.

De son côté, l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa a fait savoir, par l’en­tre­mise d’Isa­belle M.-Pulkin­gorn, gestion­naire des rela­tions avec les médias, qu’« en date d’aujourd’­hui, 80 étudiant.e.s et plusieurs profes­seurs ont commu­niqué avec l’Uni­ver­sité », dont « 16 étudiant.e.s inscrits dans une univer­sité améri­caine; 10 étudiant.e.s dans l’un des sept pays touchés par le décret ayant reçu une offre d’ad­mis­sion d’une univer­sité améri­caine; 54 demandes d’étu­diants des sept pays touchés deman­dant l’ad­mis­sion à l’U d’O ».

Les mesures touchent une « caté­go­rie bien précise d’in­di­vi­dus »

Alors que l’U d’O suit atten­ti­ve­ment l’évo­lu­tion de la situa­tion aux États-Unis, Pulkin­ghorn souligne qu’il « est impos­sible de spécu­ler quant au nombre de personnes que nous pour­rons aider ou quant à la durée de ces mesures d’en­traide » et que les « mesures annon­cées touchent une caté­go­rie bien précise, et limi­tée, d’in­di­vi­dus ».

Pelle­rin souligne égale­ment le manque de clarté quant à l’iden­ti­fi­ca­tion des personnes ciblées par les mesures. « Si c’est pour viser des étudiants poten­tiels […] c’est une campagne de publi­cité », estime Pelle­rin tout en demeu­rant perplexe quant aux moyens mis en œuvre pour commu­niquer auprès des personnes ciblées par ces mesures.

Des mesures inscrites dans une stra­té­gie d’in­ter­na­tio­na­li­sa­tion?

« Le Canada est en compé­ti­tion avec les univer­si­tés des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Al­le­magne et de l’Aus­tra­lie pour accueillir les étudiant.e.s étran­gers et je me demande si ce n’est pas inscrit dans une stra­té­gie d’in­ter­na­tio­na­li­sa­tion de l’Uni­ver­sité », pour­suit Pelle­rin en expliquant que c’est pour cette raison qu’elle demeure scep­tique quant aux retom­bées concrètes d’une telle annonce.

S’il est impos­sible de certi­fier que l’U d’O a mis en place ces mesures pour des raisons stric­te­ment altruistes, il reste que Pulkin­ghorn a déclaré : « L’U d’O […] milite pour le prin­cipe de la diver­sité et de l’in­clu­sion […] Cette richesse de la diver­sité corres­pond plei­ne­ment à nos valeurs et à notre mission. »